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1299 Words
 ELVIRA  Je vais dans la chambre d'Azzedine et lève les magasins puis ouvre la fenêtre pour laisser l'air entrer. Puis je m'approche de son lit et le réveille doucement. Il se frotte les yeux et se tourne vers moi. -: Holà, mi pequeño! - AZZEDINE: Ça veut dire quoi? -: Dans ma langue, ça veut dire «bonjour, mon petite». - AZZEDINE: C'est quoi ta langue? -: Je suis d'origine cubaine mais à Cuba, on parle l'espagnol. - AZZEDINE: C'est pour ça que tu as un accent. Quand tu dis «je», on dirait que tu dis «yé». C'est trop marrant! -:  rire  On me le dit très souvent, figure-toi! Allez, lève-toi, tu dois te préparer pour l'école. - AZZEDINE: Heureusement que c'est le dernier jour! -: Je me souviens de comment j'aimais pas l'école, à ton âge. - AZZEDINE: Ah bon? Raconte. -: Eh bien, j'aimais tellement pas ça que j'inventais chaque jour une nouvelle tactique pour que ma mère m'interdise d'y aller. - AZZEDINE: Ah ouais? Tu lui disais quoi? -:  sourire  Ha-ha! Je ne te les dirais pas parce que tu vas les utiliser, je te vois venir. - AZZEDINE:  rire  Non, j'te jure que non. -: Bon ... Une fois, j'ai gagné une conserve dans la cuvette et j'ai fait croire à ma mère que j'avais vomi. - AZZEDINE:  rire  Elle a dit quoi? -:  l'imite  «Dios mio, ma fille il est hors de question que tu ailles à l'école! Tu vas rester éplucher les pommes de terre avec moi! ». - AZZEDINE:  rire  Elle te disait ça?! - : sourire Oui, elle me disait ça. Mais il est temps que tu ailles prendre ta douche, tu vas être en retard et je vais me faire taper sur les doigts par ton papa. Allez, ouste ! - AZZEDINE : Bon, j'y vais. Il quitte sa chambre et va prendre sa douche tandis que je fais son lit. Puis je ferme les fenêtres et retourne dans la cuisine. Je met son petit-déjeuner qu'il avale très vite dès qu'il ressort de sa chambre. - CHARLES : Azzedine, vous êtes en retard. - : Mange vite, tu vas rater l'ouverture du portail. - AZZEDINE : bouche pleine Oui, oui...J'arrive. Il pose son verre de jus d'orange et se précipite vers la porte. Je saisis son Eastpak et lui cours après dans les escaliers. - : Ton sac...Tu vas partir sans ton sac. - AZZEDINE : Ah oui... bisou T'es la meilleure, à tout à l'heure ! - : essoufflée Oui... Je reprend mon souffle et remonte dans l'appartement. Je croise Willy sur le palier, je lui fais une grimace, il secoue la tête. Je retourne dans la cuisine. Je nettoie la table et retourne à mon repassage. J'étais cette fois-ci vraiment à fond. Je n'écoutais pas de musique, on a hésiter ce qui vient de se produire. J'écoutais ce que disais mon patron au téléphone, comme il ne voulait pas que j'écoute de musique. Askip je distrais mes collègues ? Mdr, archi pas. Bon, en même temps, je ne voulais pas trop m'attarder sur sa vie privée. Vu comme il m'a parlé les deux dernières fois, je ferais mieux de me mêler de ma vie. Elle est bien plus intéressante que la sienne. Il a un fils et il passe la moitié de son temps dans d'autres pays au lieu de le passer avec lui. Un enfant est un don de Dieu, il n'a pas l'air de le comprendre. Moi, je travaille pour payer mes études et nourrir ma mère. Mais ça ne m'oblige pas à avoir un caractère de m***e, pardon du terme. Je mène pas une vie de travailleuse acharnée. Au contraire, si j'avais un enfant, je pense que je serais la femme la plus heureuse du monde. Mais bon...On a pas tous les mêmes convictions. - M.HOCINE : Je vous parle, mademoiselle Saladero. Je sursaute légèrement et me brûle au passage avec mon fer à repasser. Je pousse un cri avant de plaquer ma main devant ma bouche. Je me tourne et l'aperçois en train de me regarder, les sourcils froncés. - : Excusez-moi, j'ai juste été...Un peu surprise. Il passe ses mains en soupirant et lève finalement les yeux sur moi. - M.HOCINE : Je reçois des invités, ce soir. Est-ce que le frigo est rempli ? - : réfléchis Hum...Je ne crois pas. - M.HOCINE : se retourne Vous attendez quoi pour faire les courses, alors ? Je prend mon inspiration et le tchip bien comme il faut. Il se tourne vers moi et me regarde de haut en bas. Je serre les lèvres et me précipite dans la cuisine. Je passe ma main dans mes cheveux et les plaque en arrière. Elvira tiens-toi à carreau si tu ne veux pas te faire renvoyer. C'est pas de ma faute, il est tellement chiant... Je débarrasse la table de repassage et le fer et range tout dans la buanderie. Puis je met mes chaussures et descend avec la carte bancaire en bas du bâtiment. J'entre dans la voiture mise à mon service pour me déplacer. J'ai pas l'droit au chauffeur moi, hijo de puta. Bref, je me dirige vers une boutique halal pour acheter la viande et me dirige vers le premier hypermarché que je rencontre. J'achète vraiment tout ce qu'il faut pour remplir le frigo pour une semaine et ce qu'il faut pour le repas de ce soir. Puis je rentre, hein. Je vais pas squatter dehors, j'ai beaucoup de travail qui m'attend. En arrivant en bas du bâtiment, j'appelle Willy sur le talkie-walkie et lui demande de venir m'aider à monter les courses. Pendant que je galère avec deux sacs, il en prend deux dans la même main. Je le regarde avec un regard outré. - WILLY : T'as une force de cracker, j'te souffle dessus tu t'envoles. - : rire C'est même pas vrai, déjà ! - WILLY : Je ne prendrais pas la peine de t'emmener à l'hosto. T'es pénible, mais j't'aime bien. - : Qui ne m'aime pas ? - WILLY : hausse les sourcils Tu veux que j'te dise qui ? - : Non mais lui...Je sais pas comment il fait, je suis la pote qu'on rêverait tous d'avoir. - WILLY : Ouais, quand tu fermes ta bouche. Et il s'en va poser les sacs sur le comptoir me laissant coite. - : Quoi ?! Il passe à côté de moi en reprenant son air sérieux de garde du corps. Mon c*l, ouais. On sait tous qu'il s'ennuie dans son travail ! - : Willy t'as changé. J'vais même pas prendre la peine d'échanger avec toi, t'es dans le dérangement total. Il fait une moue et hoche la tête. Je lui tire la langue et range mes courses à part ce qui va me servir à cuisiner le déjeuner. - M.HOCINE : Bah j'sais pas, démerde-toi mais il est hors de question qu'il rentre en bus. - ? : ... - M.HOCINE : Ouais ouais, fait comme tu veux. - ? : ... - M.HOCINE : Ciao, ouais. J'enlève la casserole des plaques parce que je ne sais pas lequel je viens d'allumer. Du coup pour le savoir, il n'y a plus qu'à toucher. Je pose mes doigts sur la première, non. La deuxième, non. La troisième, non. Et en grosse bouffonne que je suis, je pose ma main sur la quatrième. Alors, faut savoir qu'une plaque à induction ne produit pas de flamme mais un source de chaleur bizarre. C'est pas du feu mais c'est aussi chaud. Donc si tu poses tes doigts dessus, ça va te n****r ta race pareil ! Je lâche un cri et serre mes doigts entre mes cuisses. Comment ça fait mal, putainnnn ! - M.HOCINE : Qu'est-ce qui vous prend ? Oh, oh...
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