Chapitre 11 Au petit matin, les chasseurs s’étaient levés sans bruit pour ne pas réveiller leurs femmes. Elles traîneraient encore un bon moment dans leurs lits. L’esprit embrumé par les bons vins de la veille, ils prenaient leur petit déjeuner en silence dans la cuisine du château. On eût dit des moines au réfectoire. La voix de stentor du vicomte troubla leur tranquillité. — Mes amis, il ne faut plus tarder, je vous donne encore un quart d’heure, puis nous attaquerons. Dépêchons ! Ils acquiescèrent de mouvements de tête, assortis de borborygmes indistincts. En dévisageant Francesca, plus fraîche que les autres, qui se distinguait au milieu des hommes, le vicomte ajouta en riant : « L’heure de vérité a sonné, ma chère ! Vous m’avez l’air en pleine forme ! » Le nez dans son bol de café,

