AMOUREUX D'UNE PROSTITUÉE
#Épisode_3
Il me dévisage du regard. L'insistance de son regard me transperce la peau. On se fixe dans les yeux sans mot dire. Aucun bruit dans les parages. Juste celui du vent qui souffle.
Moi brisant le silence : Merci.
Je prends mon sac qui se trouve au sol et je l'accroche à mon épaule. Avec mon bras, je recouvre toujours ma poitrine. Cet homme a malheureusement déchiré mon haut et je n'ai pas mis de soutien en bas. Je suis gêné avec la présence de monsieur bipolaire d'autant plus qu'il ne cesse de me dévorer du regard.
Lui remarquant mon état : Tu as quoi ? Tu es gênée ?
Moi : Oui.
Lui : Pourquoi ? En temps normal ça ne devrait pas être le cas. Tu es une prostituée. Tu es habituée à ce que les hommes observe tes parties intimes.
Franchement je ne comprends pas le problème que cet homme a contre les prostituées. Je ne comprends pas du tout. Il me sort par les pores.
Moi : Qu'est ce que vous avez au juste contre les prostituées dites-moi.
Lui souriant nerveusement : Moi ? Avoir quelque m contre vous ? Non. Detrompes-toi. Je n'ai rien contre les personnes sans aucune honte et aucune dignité.
Moi plissant des yeux : Vous savez quoi ? Vous êtes pathétiques.
Lui se rapprochant plus près de moi : Et toi tu n'es qu'une moins que rien. Tu vas me le payer pour ce que tu m'as fait hier. Tu m'as écrasé les couilles et maintenant je peine à marcher et à m'asseoir.
Moi éclatant de rire :.......
Lui s'énervant davantage : Ça te fait rire c'est ça ?
Moi riant plus fort :.......
Plus je ris, plus monsieur bipolaire semble être en colère. Il enfonce ses doigts dans mon bras et appuie fort en me regardant dans les yeux. Je hurle de douleur. J'essaie de retirer mon bras mais il risque de me blesser.
Moi : Arrêtez ! Vous me faites mal. Arrêtez !
Lui parlant les dents serrées : Ah madame a mal c'est ça ? Tu n'as rien vu.
Il me tire et commence à marcher. Je suis derrière lui en l'implorant de me relâcher mais ce monstre ne m'accorde aucune pitié. Nous arrivons à sa voiture. Il ouvre la portière et me bouscule à l'intérieur puis referme violemment la portière. Je me préoccupe de mon bras qui saigne. Il m'a blessé. Lorsque je me redresse, mes cheveux me cachent la vue. Je les balaie sur le côté et je regarde dans la voiture. Ce monstre est déjà assis sur le siège conducteur et s'apprête à démarrer. J'ai tellement peur. Où est-ce qu'il m'amène ? Je tente d'ouvrir la portière mais il l'a verouillé. Je commence à crier à l'aide.
Lui : Ne perds pas ton temps. La voiture est insonorisée. Personne ne va t'entendre.
Moi effondrée : Quoi !
Lui souriant : Eh oui. On fait moins la maligne inh.
Un tee-shirt se trouve dans la voiture. Il le prend et me le lance sur le visage.
Lui : Couvres-toi avec ça.
Sans me faire prier, je le porte et il démarre brusquement la voiture ce qui ramène mon buste à l'avant encore que je n'ai pas mis de ceinture de sécurité. Il conduit à vive allure, de plus la route est dégagée. Il n'y a aucune voiture à part la nôtre. Je tangue dans tous les sens. Ma tête se cogne contre la vitre.
Moi le suppliant : Arrêtez je vous en prie. Arrêtez ! Où m'amenez-vous ?
Lui : Dans une forêt.
Moi répétant avec peur : Dans une forêt ? Pourquoi ? Qu'est ce que vous voulez me faire dans cette forêt. Laissez-moi partir. À L'AIDE ! À L'AIDE !
Lui : Économises ta voix.
Moi : S'il vous plaît monsieur. Je suis désolée pour ce qui s'est passé hier mais s'il vous plaît je vous en supplie. Laissez-moi m'en aller.
Il me jette un regard avant de se concentrer sur le volant. On roule un peu plus puis il serre sur le côté et s'arrête un instant. Une envie de vomir me prend tout à coup mais je me suis contenue. J'ai le vertige et le tourni.
Lui se moquant : Tu ne parles plus ? Tu as perdu ta langue ?
Moi abdiquant : Je suis désolée. Laissez-moi partir s'il vous plaît.
Lui riant : Non.
Il s'apprête à redémarrer la voiture lorsque la sonnerie de mon téléphone se fait entendre. Je fouille mon sac et je récupère mon téléphone toute tremblante. C'est Moussa qui m'appelle. Je le regarde comme pour lui demander la permission de décrocher. Il me donne l'approbation en clignant des yeux. Je décroche par la suite.
Moi inquiète : Allô Moussa tout va bien j'espère.
Moussa éssoufflé : Sira rentres immédiatement. L'heure est grave.
Moi le cœur battant à cent à l'heure : Qu'est ce qui se passe Moussa ? Il est arrivé quelque à ma fille ?
Moussa : Oui Sira. Viens vite s'il te plaît.
Sans me contenir, je fonds en larme. Non Mira. Ma fille est tout pour moi. Tout à l'heure au téléphone avec Moussa, j'entendais des bruits de sirènes un peu comme la sirène d'une ambulance. Je suis morte d'inquiétude. Je n'ose pas imaginer qu'il lui arrive quelque chose.
Moi en larmes : S'il vous plaît monsieur. Conduisez-moi chez moi. Je vous en conjure.
Lui perplexe : Qu'est ce qui se passe ?
Moi tremblante : Ma fille. Il est arrivé quelque chose à ma fille.
Lui : Tu as une fille ?
Moi : Je ne crois pas que ce soit le moment pour les questions s'il vous plaît. Amenez-moi chez moi.
Lui se pressant : Ok. Tout de suite. Indiques-moi chez toi.
Difficilement, j'arrive à m'exprimer et à lui indiquer l'immeuble dans laquelle se trouve mon appartement. Il m'y a rapidement conduit. À notre arrivée je vois une foule de personnes réunies autour de l'immeuble qui est en feu. Les pompiers sont sur place et essaie d'éteindre le feu. J'ai senti mon cœur s'arrêter de battre sur le champ. J'ouvre précipitamment la portière de la voiture mais ça ne s'ouvre pas. J'avais complètement zappé que cet homme a verouillé les portières.
Moi criant sur lui en larmes : MAIS OUVREZ LA PORTIÈRE BON SANG.
Lui stressé : Oui oui désolé.
Tout tremblant, il désactive les verrous de la portière. Je sors en courant vers l'immeuble mais les pompiers m'empêchent d'y entrer.
Moi anéantie : NOOOON ! S'IL VOUS PLAÎT. LAISSEZ-MOI ENTRER. MA FILLE EST À L'INTÉRIEUR.
Les pompiers me retenant fermement : Non madame vous ne pouvez pas entrer. Le feu se propage de plus en plus. Vous risquez de ne plus revenir en vie.
Moi criant à en perdre la voix : ÇA M'EST ÉGAL ! ÇA M'EST ÉGAL ! MA FIIILLE MIIRAAA !
Les pompiers essayant de me calmer : Madame nous comprenons votre détresse mais calmez-vous s'il vous plaît.
Moi dans tous mes états : Comment pouvez-vous me demander de me calmer alors que ma fille est en danger ? Je ne peux pas me calmer. Noooon !
Les pompiers essaient de me calmer mais c'était peine perdue. Au bout de quelques efforts, je réussis à me dégager de leur bras et en voulant entrer dans l'immeuble, je sens mes pieds quitter le sol. Quelqu'un m'a porté par derrière.
Moi me débattant : Arrêtez de vouloir m'empêcher de sauver ma fille.
_Tu restes tranquille Sira. Tout doux.
Je reconnais cette voix. C'est la voix de monsieur bipolaire. Donc c'est lui qui m'a porté ? Il me dépose au sol. Je me retourne et mes doutes sont confirmés. C'est vraiment lui.
Lui me grondant : Qu'est ce que tu comptais faire ?
Moi en larmes : Ma fille est à l'intérieur. S'il vous plaît ma fille est là.....
Lui me prenant dans ses bras : Ça va aller. Laisses les pompiers faire leur travail. Ta fille n'aura rien. Arrêtes de t'en faire.
Il me console comme un petit enfant. Je me sens bien dans ses bras musclés et costaud. Je me sens comme protégée de tout danger mais en même temps c'est un peu bizarre qu'on soit si proche l'un de l'autre. De toute façon ce n'est pas le moment pour penser à tout cela. Je suis déjà assez mal en point.
Moussa venant à notre niveau : Bonsoir Sira.
Moi : Snif bonsoir Moussa.
Je me détache de monsieur bipolaire et je croise les bras en essuyant mon visage. J'ai besoin de savoir ce qui s'est passé.
Moi : Que s'est t-il passé Moussa ?
Moussa : D'après les rumeurs, c'est à cause d'un câble grillé. Il y a eu une coupure d'électricité générale dans tout l'immeuble pendant un court instant puis lorsque la lumière est revenue, ça a créé un court circuit dans l'un des appartements. Un câble a pris feu et ça s'est répandu dans tout l'immeuble comme tu peux le voir.
Je lève les yeux vers l'immeuble et je peux voir l'étendue des dégâts. Le feu est difficile à éteindre et ne cesse de se propager. Je prie dans mon cœur pour que les pompiers sauvent ma petite Mira. S'il lui arrive quelque chose, j'en mourai.
Moi inquiète : Ils en mettent long ces pompiers. Où est ma fille ?
Moussa me rassurant : Ne t'inquiètes pas Sira. Allah ne permettra pas que quelque chose lui arrive.
Je hoche la tête après les propos de Moussa. Il me laisse en compagnie de monsieur bipolaire et se rapproche des pompiers. Nous restons silencieux sans rien dire. Il est resté avec moi pendant une dizaine de minutes. Il me consolait de temps en temps. J'apprécie vraiment son geste de me tenir compagnie pendant que je me sens mal. Ça prouve qu'il a un cœur.
Lui regardant sa montre : C'est vraiment long là. Qu'est ce qu'ils font ?
Moi désespérée : Je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi ils ne sont pas encore là.
Au moment où je parle, les pompiers qui étaient partis chercher ma fille sont descendus avec des enfants. Je regarde parmi eux mais je ne vois pas Mira. Pourquoi ils n'ont pas ramené ma fille ?
Moi en larmes : Où est ma fille ? Où est-elle ?
Pompier : Madame tout le monde est déjà sorti de l'immeuble. Il n'y a plus personne.
Moi attrapant le col de son habit : Comment ça il n'y a plus personne ? Qu'est ce que vous me racontez là ? Quelles sont ses âneries ?.
Pompier ôtant mes mains : Madame. Calmez-vous. Votre fille n'y était pas. Je suis désolé.
Cette phrase raisonne à plusieurs reprises dans ma tête. Je recule en arrière et je me laisse tomber sur le sol. Mes larmes n'arrêtent pas de couler. Je sens mon monde s'écrouler. Mira non. Ma petite princesse. Une main se pose sur mon épaule. C'est celle de monsieur bipolaire.
Lui : Ne t'en fais pas. Je vais aller la chercher.
Moi surprise : Vous êtes sérieux ?
Lui : Oui. Je vais tenter cette dernière chance de la retrouver en vie.
Moi me levant et me jetant à son cou : Merci merci beaucoup. Merci beaucoup.
Lui : Ce n'est rien. Ne me remercies pas parce que je ne l'ai pas encore ramené.
Moi : Merci quand même.
Lui : C'est quel appartement ?
Moi : Appartement n°25.
Lui s'adressant aux pompiers : Je vais y aller.
Les pompiers : Vous êtes sûrs monsieur ?
Lui : Oui.
Les pompiers : Ok bonne chance.
Les pompiers lui remettent un casque, un masque d'oxygène et une combinaison mais il a refusé de porter leur combinaison. Je le regarde partir les yeux larmoyants. Allah aides-le.
******Hamed FAROUK
Ne me demandez pas pourquoi parce que moi non plus je ne sais pas. J'ignore d'où me vient tout ce courage pour risquer ma vie de la sorte surtout pour des gens que je connais à peine. Décidément, je m'étonne moi même. Je suis entré dans l'immeuble. Tout s'écroulait. Seuls, les escaliers étaient encore intacts. La fumée m'aveuglait et entrait dans mes narines et dans ma bouche. Je l'aspirais dans mes poumons. Ce qui me faisait tousser. L'appartement n°25 se trouvait au deuxième étage. La porte était cassée. Sûrement qu'elle a été cassée par les pompiers qui étaient passés par là quelques minutes plus tôt. J'avance à tâtons à l'intérieur en faisant attention au plafond qui s'effondre.
Moi toussant : Hé il y a quelqu'un ? Hé petite tu es là ? Où te caches-tu ?
Je vais dans les chambres. Elle n'était pas à l'intérieur de la première. La deuxième est déjà consumé. Il n'y a que le feu à l'intérieur. J'ai laissé couler une larme. La petite était peut-être dans cette chambre. Je suis revenu dans le salon. Je ne vois personne. Il est déjà trop tard. Je tourne dos pour ressortir lorsque mon ouïe perçoit de légers toussotements. On dirait que quelqu'un tousse et ce quelqu'un n'est rien d'autre qu'un enfant. Je me retourne et je regarde partout. Elle est là mais où ? Je reste immobile en espérant qu'elle tousse encore et c'est ce qui arriva. Cette fois j'ai réussi à identifier la provenance de la voix. On dirait que c'est derrière le grand canapé qui fait dos à la fenêtre. Je me précipite et je la vois coucher sur le sol dans un état d'inconscience. Elle a manqué d'air. J'ai placé le masque d'oxygène sur son visage et je l'ai porté dans mes bras en courant vers la sortie. Au moment de franchir le seuil de la porte, une brique est tombé du plafond et m'a rasé la chair du dos. J'ai ressenti la douleur au plus profond de mon être.
Moi criant de douleur : AAAAAHHH!
Je me suis dépêché pour être dehors avec la petite dans mes bras. Dès qu'ils m'ont vu venir les secours se sont précipités vers moi. Ils ont repris la petite de mes bras et l'ont fait coucher dans l'ambulance pour lui donner les soins.
Sira se jetant à mon cou : Merci, merci beaucoup. Que Dieu vous bénisse.
Moi hurlant de douleur : AAAHH !
Lorsqu'elle s'est jetée à mon cou, elle a touché ma blessure sans faire exprès. Ça m'a fait un mal de chien.
Sira s'inquiétant : Tout va bien ? Qu'est ce qui vous arrive ?
Moi : Non il n'y a rien de bien grave. Je me suis juste blessé mais ne t'inquiètes pas.
Sira : Faîtes-moi voir.
Moi me tournant et lui montrant la blessure :.....
Sira sous le choc : Oh mon Dieu ! Venez. Suivez-moi. Je vais vous arranger ça.
Moi : Non ça va. Vas plutôt auprès de ta fille. Elle a besoin de toi.
Sira insistant : Non laissez-moi vous soigner.
Moi : Puisque je te dis que ce n'est rien alors ne t'en fais pas.
Sira : Ok. Je vous remercie encore une fois. Mille merci.
Moi un peu gêné : C'est bon. Ça va.
Sira : Merci.
Elle a couru vers l'ambulance et y a grimpé pour voir sa fille. Elle parlait avec les médecins et s'inquiétait pour la petite. Ça se voit qu'elle aime beaucoup sa fille. Au moins il y a une chose de bien dans sa vie de prostituée. Sans me faire remarquer, j'ai quitté les lieux et j'ai mis les pédales pour la maison. Tout au long du trajet, j'ai veillé à ne pas m'adosser contre le siège au risque de me faire mal avec ma blessure.
************
Moi : (criant) Aïïïeeee maman.
Ma mère me grondant : Comment est-ce que tu t'es fait ça dis moi.
Moi : C'était un accident. J'ai trébuché contre une pierre et je suis tombé.
Ma mère : Doucement mon bébé.
Moi : Merci maman.
Ma mère a nettoyé la blessure et l'a recouvert d'un pensement. Ça a été douloureux mais ça va mieux maintenant. J'ai trouvé le prétexte selon laquelle je serais tomber et elle m'a cru.
Ma mère rangeant la trousse de soins : Eh voilà ! J'ai arrêté l'hémorragie.
Moi : Merci maman tu es la meilleure.
Je me suis allongé et j'ai posé ma tête sur les jambes de ma mère. Elles m'ont tellement manquées. Je me sens comme un bébé avec elle. Je l'aime plus que tout.
Ma mère me caressant la tête : Comment était Washington ?
Moi souriant : Bien mais aucun endroit sur terre n'est meilleur sans toi.
Ma mère émue : Oh mon bébé. Merci mon amour.
Moi : Je t'en prie maman. Au fait où est Djélika ?
Ma mère : Elle est parti chez son fiancé.
Moi me redressant les yeux écarquillés : Depuis quand elle a un fiancé ?
Ma mère riant : Tu crois que tout le monde est comme toi.
Moi me recouchant sur ses jambes : Non sérieux je ne savais pas.
Ma mère : Djélika a un financé. Un très mignon jeune homme. Un jour nous allons organiser un dîner et tu vas le connaître.
Moi : D'accord.
Ma mère : Et toi mon chéri ? Et ta copine ou ta fiancée ?
Moi : Je n'ai pas de copine encore moins de fiancée maman. Je suis célibataire.
Ma mère : Avec toute cette beauté et toute cette fortune ? Les filles sont aveugles ou quoi ?
Moi : C'est moi même qui ne veut pas maman. J'ai déjà la femme de ma vie et c'est toi. Je n'ai plus besoin d'autres femmes.
Ma mère : Je ne refuse pas mais tu as besoin d'une femme qui va t'aider à gérer consciemment ton argent parce que tu gaspilles ton argent et tu as surtout besoin d'une femme pour t'aimer et pour te faire des enfants.
Moi : Ça ne m'intéresse pas maman. Je suis bien comme je suis.