1. Italie
Angelina
- Alors cette journée ? Me fit ma mère.
- Merdique ! Lui répondais-je d'un ton lasse.
C'est vrai, aujourd'hui, et comme toutes les autres journées, longue et ennuyante, vous voyez de quoi je parle.
- Li hai visti ? Me demande la personne qui vient d'entrer dans ma chambre. (Tu les as revus ?)
- Sì, erano lì. (Oui, ils étaient là.)
-Dannazione, loro figli di puttana stanno tramando qualcosa. (Putain, ils sont en train de préparer quelque chose ces fils de putes.) Me dit-il.
- Che cosa hai intenzione di fare ? Demandais-je à mon père. (Tu vas faire quoi ?)
- Per il momento niente, niente si può fare. (Pour l'instant rien, on ne peut rien faire.)
- Bene... e lo zio Fernando può aiutarci ? (Ok... et oncle Fernando peut nous aider ?)
- No, non può. (Non, il ne peut pas.). 5 longues minutes où aucun de nous 2 parlent.
- Lo vado. Commence mon père en allant vers la porte de ma chambre. Non dirlo a tua madre. (J'y vais, N'en parle pas à ta mère.)
- Conosco papà. (Je sais papa.). Il hoche la tête et sors de ma chambre.
La mafia italienne est sur notre dos depuis quelque temps, mais en ce moment, ils me suivent partout où je vais, c'est... assez embarrassant. Je dors mal à cause de ça. Mon père a appelé mon oncle pour qu'il nous aide, mais apparemment il ne peut pas parce qu'il aurait déjà trop de problème.
•
3 jours plus tard, 3 heures du matin.
Je ne dors pas, impossible de dormir, j'ai la boule au ventre depuis que je suis partie me coucher. Eux mes parents dorment à point fermé. Ils avaient l'air fatigués ce soir.
Dix minutes, quinze minutes, vingt minutes.
J'ai l'impression qu'il ne va jamais faire jour.
30 minutes.
Clic.
Une porte vient d'être déverrouillée.
C'est peut-être mon père ou ma mère ?
Non ils dorment tous les deux.
Des pas. J'entends des putains de pas.
- Sei sicuro che stiano dormendo ? Entendais-je une voix qui provient d'en bas. (T'es sûr ils dorment ?)
- Sì, sono sicuro per la decima volta. Fit une deuxième voix (Oui je suis sûr pour la 10e fois.)
- Sei sicuro di aver messo il sonnifero nella loro bottiglia ? (T'es sûr tu as bien mis le somnifère dans leur bouteille ?)
Le quoi ?
- Sì, l'ho indossato. (Oui, je l'ai mis)
Ça explique pourquoi mes parents étaient fatigués, mais du coup, pourquoi je ne dors pas moi ?
Crac.
- Cazzo dolcemente ! (Putain doucement !)
Ils montent. Putain, je sais, je sais, c'est qui, c'est la putain de mafia italienne qui est chez moi. Comment je le sais ? Ces voix, je les entends tous les jours. Je n'y crois pas. Comment ils ont réussi à rentrer ? Il faut que je ferme ma chambre à clé.
Et mes parents ?
Ils ferment toujours à clé leur chambre normalement.
Je me lève doucement en me dirigeant vers la porte tout en essayant de faire le moins de bruit possible pour qu'ils ne m'entendent pas. Loin de moi l'idée de mourir par des pourritures pareilles.
Clic.
J'ai fermé ma porte à clé, je pense qu'ils n'ont rien entendu puisqu'ils continuent de monter ces foutus escaliers.
- Questa è la sua stanza ? (C'est qu'elle chambre ?)
- Questo credo. (Celle-là je crois.)
- Credi o sei sicuro ? (Tu crois ou t'es sûr ?)
Calme-toi mec, t'es chez moi là.
Pas maintenant.
- Devo aprire questo ? (J'ouvre celle-là du coup ?)
- Sì, Milo, apri quella dannata porta. (Oui, Milo, ouvre cette foutue porte.)
Clic.
Putain... Ils viennent d'ouvrir la pièce à côté de la mienne, c'est-à-dire, la chambre de mes parents.
Ils vont faire quoi dans la chambre de mes parents ceux-là ?
Une partie de poker, c'est évidant non ?
- Carlos, sei tu ? (Carlos, c'est toi ?)
Non maman, ce n'est pas Carlos.
L'air commence à avoir de plus en plus de mal à arriver jusqu'à mes poumons, je suis en train de faire une crise d'angoisse.
En même temps, il y a la mafia italienne chez toi.
Tu peux la fermer ?
Des coups de feux. Des cris. Des pleurs.
- NON, LAISSEZ-LE. CARLOS RIMANE SVEGLIO PER FAVORE ! (CARLOS RESTE RÉVEILLÉ S'IL TE PLAÎT !)
- STAI ZITTO ! (FERME TA GUEULE !)
Tout va très vite dans ma tête, je n'arrive plus à penser. Je me tire les cheveux pour essayer de calmer mon angoisse, mais bien sûr ça ne marche pas, j'ai l'impression que mon crâne va exploser. Mon cœur bat de plus en plus vite.
Je vais faire une crise cardiaque si ça continue.
Il faut que je me calme. Je vais vomir, là tout de suite je vais vomir.
Je vais mourir.
Je vais mourir.
Je vais mourir.
Je suis trop jeune.
Angelina ne sort pas de ta chambre, tout va bien se passer.
Non, ce n'est pas vrai, tu vas mourir.
Inspire, expire, inspire, expire, inspire, expire. Concentre-toi sur une chose.
Je fais mon exercice de respiration pendant au moins cinq minutes, c'est mon psy qui m'a conseillé de faire cette exercice quand je fais une crise d'angoisse. L'exercice prend plus de temps si je n'arrive pas à gérer mes émotions et mes angoisses, mais au moins ma crise d'angoisse, c'est passer.
Je ne fais jamais de grosse crise d'angoisse, même si la situation me devrais faire justement une grosse crise d'angoisse, mais non. J'ai déjà vécu ce moment, ce qui explique pourquoi je ne stresse pas plus que ça.
Je commence à faire les cent pas dans ma chambre, je ne tiens plus en place. Ma mère hurle à m'en pulvérisé les tympans. Ils vont tuer mes parents, c'est sûr. Putain, ces connards sont avec mes parents.
Ils rigolent, ils sont en train de rigoler questi figli di puttana, ils osent rigoler en plus. (Ces fils de putes)
Je vais les buter. Ils vont tellement souffrir qu'ils me supplieront de les tuer d'une balle dans la tête. Ok Angelina, calme-toi, où est ton Glock 26. Dans ton placard, j'ouvre mon placard dans le plus grand des silences. Il est chargé, parfait. Je m'avance vers la porte, toujours sans un bruit, même si avec les hurlements de ma mère, ils n'entendront rien.
Sauf que là, d'un coup, il n'y a plus de bruit, plus de cris, plus de coup de feu, plus de ricanements, plus rien. Enfin si, juste, des pas. Des pas lents.
- Angelina ! Dove sei ? Vieni a trovarci. (Angelina ! Où es-tu ? Allez viens nous voir.)
Le culot-
Ce n'est pas le moment.
Ok, là, je suis dans la merde.
Angelina, réfléchi, il faut que tu trouves quelque chose, là, tout de suite, si tu ne veux pas mourir, tuée par une balle en pleine tête dans le meilleur des cas. Réfléchie, trouve quelque chose, dépêche-toi.
J'ouvre la porte, je les bute et voilà, terminé.
Je serais morte avant même d'avoir le temps de cligner des yeux. Oublie.
- Angelina, non nasconderti, vogliamo solo parlare. (Angelina, ne te cache pas, on veut juste parler.)
Enculé.
Toc.
- Sei lì dentro ? Butterò giù la porta se non esci nei prossimi 5 secondi Angelina. (Tu es là-dedans ? Je vais défoncer la porte si tu ne sors pas dans 5 prochaines secondes Angelina.)
Je suis terrifiée, je fixe la porte sans bouger, les larmes aux yeux, je recule doucement pour qu'ils ne m'entendent pas.
Je suis tellement terrifié et en train de me préparer à mourir psychologiquement que je ne vois même pas les lumières bleues à travers la fenêtre. La police, la police est juste là, devant chez moi. Je n'ai même pas pensé à les appeler.
Mais qui l'a fait ? Les voisins sûrement. Avec les coups de feux, c'est évident que c'est eux.
- Merda, sono i poliziotti. Milo, ci stiamo muovendo. (Merde, c'est les flics. Milo, on bouge.)
Je sors à toute vitesse de ma chambre. Il faut que je voie mes parents. La porte est ouverte, il y a du sang, beaucoup de sang, il est à qui ?
Angé as-tu un cerveau ?
Je pousse la porte... Et là, c'est un m******e, un bain de sang, il y a du sang de PARTOUT, les murs sont peints de sang, le sol a subi le même tarif, les meubles, les habits, le lit, la chambre est repeinte de sang, la chambre est devenue une chambre rouge. Une salle de t*****e limite. Et mes parents, je ne les vois pas. Où sont-ils ?
J'avance jusqu'au lit, doucement, arriver au côté du lit, je pousse un hurlement de terreur. Mes deux parents ont été massacrer, ils baignent dans leur propre sang, ils ont le cœur arraché de leur corps, leurs poumons, leurs intestins, leurs bras, leurs jambes, leurs ongles, tous a été enlever, sortit de leurs corps, ils ont été décapités. J'ose à peine caresser le visage de mes parents, ils sont gelés, en sang. Et maintenant, j'ai leur sang sur moi, mais c'est le cadet de mes soucis, j'ai besoin de les toucher, c'est... vitale.
J'ai toujours fait ça, toucher les morts.
-Alzando le mani in aria, sei in arresto per omicidio. (Levez les mains en l'air, vous êtes en état d'arrestation pour meurtre.)
- Ehi, ma non li ho uccisi ! (Eh, mais je ne les ai pas tués !)
- Hai il diritto di rimanere in silenzio, tutto ciò che dici può essere riconosciuto contro di te. (Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz pourra être reconnu contre vous.) Me dit un policier.
Pourquoi ils m'arrêtent ces connards ? Ils ne me laissent même pas parler. Je vais les buter. Je vais les massacrer jusqu'à qu'il n'y est plus une goutte de sang dans leur corps. Je sais, j'y vais un peu fort, mais vu dans le monde dans lequel j'ai grandi, la police n'est pas vraiment nos copains.
Je vais leur dire qu'il y a des caméras, même s'il n'y en a pas, et ils vont fermer leurs grandes gueules.
- Ci sono le telecamere, vedrai che non sono io. (Il y a des caméras, vous verrez que ce n'est pas moi.) leur déclarais-je.
Ils s'arrêtent net.
- È vero ? (C'est vrai ?) Me demande un de ces figli di puttana (fils de putes).
- Ebbene si altrimenti non ve lo dico. (Bah oui sinon je vous le dirais pas.)
- Dove sono loro ? (Elles sont où ?)
Pas là connard.
- Seguimi. (Suivez-moi.)
Je les emmène dans le garage, c'est qu'ils me suivent bien comme des toutous eux, les flics, ils sont tellement naïfs ils croient tous ceux qu'on leur dit.
Bon, pas tout, mais la plupart du temps, ils y croient. C'est pathétique.
- È lì. Déclarais-je. (C'est là.)
- Dove sono i video delle telecamere ? (Elles sont où les vidéos des caméras ?)
- Non lì. (Pas là.)
Je me précipite vite vers la porte du garage et les enferme dedans. Je cours chercher mon téléphone pour envoyer un message à mon oncle pour le prévenir du drame qu'il vient de se passer.
MOI : Oncle Fernando, maman et papa sont mort, ils ont été tuer par la mafia italienne, les flics viennent de m'arrêter, je les ai enfermés dans le garage, je prends le premier avion vers le Mexique.
Après quelques minutes il voit le message.
Je ne prends même pas la peine d'aller chercher des affaires, je prends mes clés de voiture et pars directement vers l'aéroport.
Sur la route, je grille tous les feux rouges, je roule à toute vitesse. Je roule encore plus vite que d'habitude. Avec mon père, j'ai pris l'habitude de rouler vite. On voulait faire une course, malheureusement, on ne pourra pas la faire...
On habitait loin de l'aéroport. Pas vraiment loin, mais quarantes minutes, une heure environ.
Des sirènes de police.
C'est pour moi ? Bien sûr que c'est pour moi. J'accélère, des motos m'encerclent. Bordel, je fais comment ? Je tourne dans une rue, puis dans une autre. Faire tourner en rond les gens, surtout les flics, c'est mon passe-temps favori.
Je tourne dans une rue plus étroite, ils me suivent encore, putain, des vrais pots de colles ceux-là.
Ce manège à tourner dans n'importe quel rue, dure environ vingt minutes, après avoir être lassé de ce jeu, j'appelle des connaissances à moi, plus des connaissances de mon père, mais bon...
Je cherche dans mes contacts et le trouve.
Neil
Je l'appelle. Au bout de 2 sonneries, il répond enfin.
- Neil, il me faut trois voitures pareil que la mienne, une fille qui me ressemble dans une d'entre elle, il y a les flics qui me suivent, il faut qu'il me lâche, je pars au Mexique.
- Ok, je prépare ça.
- Je pourrais pas te parler, je pars directement à l'aéroport dès que j'ai réussi à les semer. Envoie aussi quelqu'un à l'aéroport avec des faux papiers pour moi.
- Je te prépare ça, je te laisse.
Et il raccroche. C'est ça qui est bien avec Neil, pas besoin de passer par quatres chemins, on va droit au but.
Dans les dix minutes qui suivent, trois voitures identiques à la mienne, même la plaque d'immatriculation, je lui ai même pas demandé et il a fait, je le kiffe pour ça, Neil.
Et là, pendant au moins quarantes minutes, on les fait tourner en rond. Dès qu'ils ont commencé à suivre la mauvaise voiture, je me dirige tout droit vers l'aéroport.
•
- Vos papiers d'identités, s'il vous plaît.
Je lui tends mes faux papiers d'identités que j'ai récupérées quelques minutes plus tôt.
Il vérifie si tout est bon je suppose, et il me les redonne.
- Tout est bon, vous pouvez y aller.
- D'accord, merci au revoir.
Je me dirige vers la salle d'attente. Capuche sur la tête, lunette de soleil sur le nez.
- L'aereo 34 per il Messico decollerà presto, ti invitiamo a salire a bordo.
(L'avion 34 en destination du Mexique va bientôt décoller, nous vous proposons de monter à bord.)
Enfin au bout d'une heure d'attente. Je me précipite à l'intérieur de l'avion pour qu'on ne me reconnaisse pas. Je donne mon billet d'avion a l'hôtesse de l'air, et me dirige vers ma place. Près d'un hublot, parfait. Je m'assois, mets ma ceinture. Je mets mes écouteurs, active ma musique. Et me voilà enfermer dans ma bulle. C'est partit pour 17 heures d'avion.