3. MILO

2593 Words
3. Milo Milo Je hurle le nom de cette petite salope. Ses parents sont morts, on les a tués. Un plaisir de tué ces putains de Rosa, mais il manque Fernando, et cette salope d'Angelina, les flics sont arrivés avant qu'on puisse la tuer dans d'atroce souffrance elle aussi. Le patron veut qu'on les tue tous sans en laisser un seul vivant, il a la rage contre eux, quand il parle d'eux, il a les yeux brillant de rage, de haine. Franchement je n'aimerai pas être à la place des Rosa. - ANGELINA, OÙ ES-TU ? TU ME MANQUES J'AVOUE. ALLER VIENS. Je ne sais pas pourquoi Nino la veut, mais il nous a dit qu'il la voulait chez lui dans 1 semaine. Il ne veut pas qu'on la tue, nous, il veut que ce soit lui qui l'a tue, j'ai pas capté pourquoi, mais j'obéis. Ça a été facile de rentrer, 2 gardes devant, pathétique. J'avance vers l'entrée de cette putain de villa, j'entends un coup de feu. Et une douleur s'intensifie dans ma cuisse, je la touche et regarde ma main, du sang. Je pose un genou à terre à cause de la douleur. Ok, c'est bon, j'ai rien dit. Quand je lève la tête et que je vois des hommes, beaucoup d'hommes armés jusqu'au dent, j'avoue que je regrette un peu, un peu beaucoup même. Le karma s'est bien occupé de moi sur ce coup-là. - Debout. Me dit un de ces hommes, on dirait qu'ils n'ont pas d'âme tellement il n'y a pas une seule émotion qui traverse leur visage, ils sont de marbre, s'en ai presque effrayant. - DEBOUT ! Il a hurlé, j'ai les oreilles qui bourdonnent un moment. Je suis sensible des oreilles, vous moquez pas. Je me lève avec beaucoup de difficulté. Milo, reprends-toi merde, c'est pas une petite balle dans la jambe qui va te tuer quand même. À peine lever, qu'on se dirige déjà vers moi, j'essaye de reculer, mais je me cogne contre quelque chose, non en faite quelqu'un. - Laisse-toi faire. Je me laisse faire, on me conduit dans un sorte de hangar, on rentre à l'intérieur. On m'attache les mains dans le dos puis les chevilles. Puis le lien de mes mains est attaché à la chaise et mes chevilles pareilles. Je n'essaye pas de bouger la chaise, puisqu'elle est fixe au sol. - Patrón, on a un petit pendejo qui est rentré dans la villa. Il voulait tuer la fille. La réponse de ce dernier ne tarde pas. - Vous l'avez attachés j'espère ? - Oui, patrón. - Bien, je suis là dans 10 minutes. On a attaqué une base à ces stronzi (connards) pour que je puisse rentrer sans être dérangé par l'autre détraqué de Fernando, il est malade ce mec, il faut qu'il consulte, je vous promets. - Amenez-lui Angelina, pour qu'elle le fasse parler. - Bien, patrón. Je rêve qu'on m'appelle comme ça un jour. Patrón. Quel joli mot. Attendez, ils vont vraiment m'emmener Angelina devant moi là, ils pensent sérieusement que je vais parler. Ils rêvent tout debout eux. - Va chercher la fille, elle est dans sa chambre. Il hoche la tête et part la chercher. 5 minutes plus tard, le revoilà avec cette petite salope, putain, j'adore l'appeler comme ça. Si elle n'était pas une Rosa, je l'aurais bien baisé. Quand elle lève les yeux vers moi, elle s'arrête net et me fixe avec des gros yeux. Eh oui ma belle, je suis là, devant toi, bon, c'est vrai, je ne suis pas en position de force, mais je suis là et je sais que je t'ai traumatisé. Je passe ma langue sur ma lèvre inférieure. Elle hausse un sourcil et un petit sourire en coin apparaît. Qu'est-ce qu'il l'amuse ? Je fronce les sourcils, je ne comprends pas. Quand elle m'a vu j'ai cru voir de la peur dans ses yeux. Mais je ne suis plus du tout sur maintenant. Elle s'approche de moi, dans une démarche assurée et confiante, on pourrait croire que c'est elle la patrón du cartel. Elle me toise du regard, je pense que si elle pourrait avoir des armes à la place des yeux, je serais mort depuis un bon bout de temps. Elle s'abaisse à mon niveau. - Milo ça va depuis ? Tu as fait bon voyage ? Je fronce encore plus les sourcils, elle n'a pas peur, elle ne tremble pas, rien, bordel. Mais elle a toujours ce petit sourire aux lèvres. J'essaye de trouver une seule émotion dans ses yeux, mais rien, c'est le néant, le vide dans ses yeux. - Tu as perdu ta langue ? Pourtant, tout à l'heure pour hurler mon nom, tu l'avais ta langue. Elle sourit encore plus. Ça l'amuse, mais je ne comprends pas, Nino nous a jamais dit qu'elle était comme ça. Et moi quand je l'ai vu à la fac, elle n'était pas du tout comme ça, bien au contraire. - Ouvre la bouche pour que je vérifie. J'ai ouvert la bouche, j'ai obéi à une gamine parce que je ne comprends pas son comportement. - Tu as ta langue, c'est un bon début déjà. À la porte du hangar, j'aperçois son oncle, Fernando, ce fils de pute mérite que de crever. - Bon, Milo je vais pas passer par 4 chemins hein ? Pourquoi t'es là ? C'est Nino qui t'envoie pour buter toute la famille Rosa ? Comment elle sait ça ? Je la regarde complètement perdue. Mais qu'est-ce qu'elle raconte ? Comment elle sait ça cette salope ? - Comment tu sais ça ? - Ah, tu vois, tu sais parler, j'ai bien cru que tu avais perdu ta langue tout à l'heure. - Comment tu connais Nino ? - On a eu une petite aventure ensemble. Elle est en train de se foutre de ma gueule, je le vois sur son visage, ça l'amuse. Je serre des dents, j'ai horreur qu'on se foute de ma gueule, c'est même une très mauvaise idée. - Arrête de te foutre de ma gueule ou je te jure que je v- - Que quoi ? Hein Milo, vas-y impressionne-moi, que vas-tu me faire ? La même chose qu'à mes parents ? T'en est incapable, et tu le sais, c'est ton pote qu'il l'a fait, toi tu as juste regardé, tu as tiré quelques fois, mais sinon tu n'as rien fait. - Je vais te faire tellement mal que tu me supplieras de te tuer. Elle rigole, mais pas un vrai rire, non, un rire de psychopathe, un rire qui me fait froid dans le dos. Il est presque effrayant, putain toutes les personnes de ce cartel font peur ou quoi ? - Oh Milo, tu me fais bien rire avec tes petites menaces. Le jour où je supplierais quelqu'un de me tuer, il ne sera que dans tes rêves, il n'existera pas, jamais. Elle rigole encore. Elle se fout de ma gueule, juste sous mon nez, mais je ne peux rien faire, ne rien dire, même la menacer ne marche pas. Je suis complètement abasourdi par son comportement. - Bon, plus sérieusement, il est où Nino ? - Je te dirais rien sale pute. - Mauvaise réponse. Elle se retourne et regarde les hommes qui sont là à nous regarder. Passez-moi un couteau bien tranchant et déshabillez-le. Ils hochent la tête, un qui part chercher le couteau et l'autre qui se dirige vers moi. Elle me regarde, avec un regard que je ne saurai décrire, j'ai un petit peu peur, une gonzesse, une Rosa me fait peur, une Rosa bordel de merde, c'est de famille d'être complètement dérangé dans sa tête vous croyez ? Une fois que je suis déshabillé, je sens ma cuisse me lancer, elle a son couteau un peu trop tranchant à mon goût. Mais, elle m'a autorisé à garder mon boxer. - Tu ne veux toujours pas me dire où est Nino ? - Non. - C'est toi qui vois. Elle se place derrière moi, elle retrace mes épaules avec la pointe du couteau, en appuyant légèrement, elle laisse un petit filet de sang sous le passage du couteau. Puis elle descend le long de mon bras, lentement. Je sens son souffle s'écraser contre mon cou. Ma cuisse me lance, je sens le sang couler le long de ma jambe. C'est très désagréable. - Aller Milo, elle chuchote, dit moi où il est, est tout sera terminer. À peine sa phrase terminer qu'elle appuie d'un seul coup sur le couteau tout en continuant son chemin. Je serre des dents à cause de la douleur. Le sang se fraye un chemin le long de mon bras. Elle retire d'un coup sec le couteau de mon bras, ce qui me fait grognait de douleur, j'ai déjà supporté bien pire Angelina. La pointe du couteau est sur ma hanche maintenant. - Aller Milo, dit moi. J'ai le souffle coupé, je ferme les yeux. Je n'arrive pas à prononcer un seul mot. - Il est où, Milo ? Sa voix est étrangement douce, mais froide à la fois. - Ici, i- ici, il est au Mexique. Je regrette instantanément mes mots. Pourquoi je l'ai dit ? Je ne craque pas aussi facilement à la base ? Comment elle a fait ? Les Rosa, ils ont un sacré pouvoir quand même. Je sais qu'elle sourit, son sourire satisfait. - Tu vois quand tu veux, alors il est où au Mexique ? - Je sais pas, quand on a atterri au Mexique, on avait déjà préparé le plan. Je suis faible de craquer aussi rapidement. - Tu vas nous aider à les retrouver. - Oui. - C'était pas une question, t'as pas le choix. Elle se retourne et part. Elle passe à côté de son oncle sans le regarder, des tensions entre les 2 derniers Rosa ? Angelina C'était tellement simple de le faire parler. Je ne savais pas qu'il y a avait mon oncle. Si j'avais su qu'il était là, je n'aurais rien fait. Parce qu'il ne connait pas cette image de moi. Il ne connaît pas mon côté psychopathe. Mon père m'a déjà vu bien pire que dans cet état, il m'a emmené voir un psy parce qu'il avait peur que je sois psychopathe, finalement je ne le suis pas, mais je le savais que je ne l'étais pas, j'ai disparu pendant 9 mois, personne n'a su où j'étais et personne ne sait où j'étais. J'ai vécu l'enfer durant ces 9 mois. Et personne n'a compris pourquoi quand je suis revenu, j'avais le visage en sang, avec pleins d'hématomes, quand je suis revenu, je n'avais plus une once d'humanité, j'étais une machine à tuer. Je tuais tout le temps, je tuais des personnes qui le méritait ou des personnes innocentes, mais je ne savais pas ce que je faisais, j'en avais aucune idée, personne ne sait l'enfer que j'ai vécu pour que j'en arrive là. Je suis dans la cuisine, un verre d'eau à la main. J'essaye de comprendre pourquoi Nino voudrait nous tuer. Il s'est forcément passé quelque chose. Mais quoi ? J'en ai aucune idée. Mon oncle vient d'entrer dans la cuisine, je n'y prête pas attention, et lui aussi. - Tu t'es bien débrouillé tout à l'heure. Je le regarde surprise au début. Puis détourne le regard. - Oui. - Depuis quand tu sais faire ça ? - Je sais pas le faire, je sais juste quelques trucs, je vis dans un cartel, je te rappelle, c'est normal que je sache faire ce genre de truc. - Non, comment tu as fait pour le déstabiliser ? - C'est un mec, il a une bite, tu sais le- - Oui je sais, c'est ce que sait Angelina. Je souris, provocatrice bien sûr. - C'était facile, c'est tout. Tout le monde aurait réussi. - Celle qui était dans le hangar, je ne l'ai pas connue. - Mais oncle Fernando, tu ne me connais pas par cœur. Je me suis approchée de lui, je le défie du regard de me répondre. - Tu me dois des explications. - Tu m'en dois en premier, pourquoi Nino veut nous tuer ? On se dévisage pendant de longues secondes, en attendant une réponse de sa part. - On a eu des problèmes avec sa famille il y a quelques années. - Et les problèmes, c'est quoi ? - On les a tous tués. - Pas tous, il reste encore Nino, Livio et son père, Pourquoi ? - Moins t'en sais, mieux tu te portes. - Je suis déjà en danger de mort, alors je m'en fous. - Tu le seras le moment venu, pour l'instant, contente-toi de ça. Et il part, non mais ils sont cons ou quoi ? Pourquoi ils ont tué sa famille ? Je sais que le cartel dur depuis plusieurs générations, mais pourquoi les tués maintenant ? Je me dirige vers la chambre, Sucre est sur mon lit, endormi encore une fois, ce chat est un dormeur, il ne fait que dormir ou manger. Je me remets sous la couette et termine ma nuit. • - Non mais je rêve là, dites-moi s'il vous plaît, que je suis dans un putain de rêve. Tu me reproches vraiment ça ? - C'est à cause de toi si elle n'est plus là. Depuis 20 minutes, mon oncle me reproche tout un tas de trucs, plus débiles les uns que les autres. Nalia, la mort de mes parents, mon changement, et j'en passe. - Oui, bien sûr, c'est toujours ma faute avec toi. À croire que je suis le centre de tous les problèmes qu'il y a dans cette putain de famille. - Oui, oui, c'est vrai, t'es un putain de problème dans cette famille, tout le monde est soit mort, soit partit à cause de toi. Mon oncle m'a craché ça au visage comme si, comme si je n'étais rien... que je ne valais rien... Même si ses mots me blessent plus qu'ils ne devraient, aucunes émotions traversent mon visage, rien, nada. Je soutiens son regard, il détourne les yeux en premier en se retournant pour me montrer son dos. Il me dit une dernière chose en me regardant au-dessus de son épaule. - Tu es et tu as toujours été un problème pour cette famille. Puis, il part. Je me laisse tomber sur le canapé, pour la première fois depuis longtemps j'ai l'impression que je vais pleurer. Ça fait quelques années déjà, que je n'ai pas pleuré. On me dit souvent que je suis bizarre, mais la seule personne qui m'a réellement comprise, est morte à ce jour, à cause de moi, comme l'a dit mon oncle quelques minutes plus tôt... Cette personne, c'était mon père, il savait un peu ce qu'il s'était passé pendant ces 9 mois, mais il ne m'a jamais forcé à en parler, jamais, car il savait que je finirais par lui dire, que je finirais par tous lui raconter. Je l'aime mon père. J'aurais voulu être là pour son enterrement. Et ma mère aussi je l'aime. J'aurais voulu être là aussi. Je les aime tous les deux. Je les aime plus que tout. Aujourd'hui encore, je ne comprends toujours pas pourquoi mon oncle m'a dit "puis c'est pas comme si tu voulais les enterrer", elle m'a fait mal, très mal cette phrase, mais qu'est-ce que vous voulez, c'est mon oncle, le jefe d'un cartel, un baron de la drogue. Fatiguée de cette dispute, je m'endors sur le canapé, toujours en me demandant. Pourquoi ? Toujours ces foutus pourquoi sans réponse.
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