5. DOUTES

2321 Words
5. Doutes Angelina Assise sur le siège passager de la voiture de mon oncle. Il ne m'a pas adressé la parole depuis que nous sommes montés dans la voiture. Il a parlé à Isai, il est venu me chercher dans la chambre qui m'était attribué puis on est partis. Isai ne voulait pas que je parte, il me l'a bien fait comprendre, il m'a même menacé si je partais, mais avant qu'il mette ses menaces à exécution, Fernando est arrivé, je crois que j'ai jamais été aussi heureuse de le voir de toute ma vie. Le miaulement de mon chat me sort de mes pensées. Je me retourne pour le voir, je prends sa cage et la mets sur mes genoux. - T'as pas intérêt de le sortir de sa cage sinon je te laisse sur le bord de la route. Me lance mon oncle avec mépris. Je fronce légèrement les sourcils et relève la tête vers lui ne comprenant pas pourquoi il est comme ça. J'ai fait quoi encore ? Le reste du trajet se fait dans un silence pesant. Mon oncle ne m'a pas adressé un seul regard, et ne m'a plus parlé. Aucune idée pourquoi il est comme ça, mais je n'y prête pas attention. Je repasse en boucle le moment où Isai m'a demandé si j'étais vraiment sûr de vouloir repartir. En général je n'ai pas peur des gens, c'est plutôt eux qui ont peur de moi, pour je ne sais quelle raison. Mais lui, quand il m'a menacé, je crois je n'ai jamais eu aussi peur de quelqu'un de ma vie. Je ne plaisante pas quand je dis que j'ai réellement cru que j'allais y passer. C'est un claquement de porte qui me fait reprendre mes esprits, je vois que nous sommes arrivés à la villa. Je sors de la voiture avec mon chat et mes affaires. Je dépose mes affaires dans ma chambre et sors mon chat de sa cage, je prends des habits dans mon sac et pars en direction de la salle de bain. Je me déshabille et file sous la douche, j'allume l'eau, l'eau chaude sur mon corps me fait un bien fou, j'ai l'impression que ça fait une éternité que je n'ai pas pris de douche, alors que j'en ai pris une, ce matin. J'essaye de faire le vide dans ma tête, mais je n'arrive pas à me sortir Isai de la tête, ce mec est étrange, mystérieux, dangereux, mais surtout diaboliquement beau. Après une quinzaine de minutes, je sors de la douche, j'enfile rapidement mes habits et pars vers le hangar où se trouve Milo. Je vois Milo, encore accrocher à cette pauvre chaise, je m'approche de lui, je lui tape l'épaule pour le réveiller. - Tu viens me tuer ? Une grimace se forme sur mon visage devant cette option. Il est vif, droit au but. - Ce n'est pas dans mon programme d'aujourd'hui. Il fronce les sourcils, je lis clairement dans son regard qu'il est surpris, je suis un monstre à ce point ? - Pourquoi t'es là alors ? Je hausse les épaules, je ne sais pas non plus pourquoi je suis là, je sais juste que je suis venu c'est tout. Il fronce encore plus les sourcils. - Je vais te poser une seule et unique question, d'accord ? Il hoche la tête pour que je pose ma question. - Est-ce que tu sais pourquoi Nino veut nous tuer ? Un sourire apparaît au coin de ses lèvres. - Enlève tout de suite ton sourire. Lui dis-je sur un ton froid et autoritaire. Il penche la tête sur le côté, toujours avec son petit sourire. - Pourquoi je te le dirais ? C'est à mon tour de sourire. - Parce que si tu ne me le dis pas tu risques de mourir dans d'atroces souffrances. Il perd instantanément son petit sourire arrogant, et devant son air affolé qui essaye temps bien que mal de cacher, mon sourire s'élargit sur mon visage. Un pur plaisir. Je m'avance lentement vers lui, mais bien plus menaçante qu'il y a quelques minutes. Je le vois déglutir, c'est très plaisant à voir, bien qu'au départ, je ne voulais rien de particulier, j'ai changé bien vite d'avis. - Milo, es-tu sûr de ne vouloir rien me dire ? Je suis bien trop calme pour que je ne sois pas menaçante, et il l'a compris très vite lui aussi. - C'est dans- dans vos gènes de Rosa de faire flipper ? Je rigole franchement, on ne me l'avait jamais faites celle-là, attendez. Je reprends tellement vite mon sérieux que Milo fronce légèrement les sourcils. Putain, il a quoi avec ce tique de froncer les sourcils comme ça. - Pourquoi tu dis ça ? Il déglutit, encore... - Tu n'es pas au courant ? Il est con ? - Si je te le demande, c'est que je ne sais pas abrutis. En lui mettant une claque derrière la tête. - Ta famille, elle a tué la famille Esposito. - Je sais ça. Tu sais pourquoi ils l'ont tués cette famille ? Il secoue vivement la tête. - Aucune idée, Nino nous a juste dit que ta famille se ventait qu'ils les avaient tués. Je hoche doucement la tête, en écoutant attentivement ses paroles. - Tu ne sais rien d'autres ? Il secoue une nouvelle fois de la tête. - Si tu te souviens de quelque chose, appelle un garde et dit lui de m'appeler. Il ne répond rien. - Milo je ne rigole pas, si tu te souviens de la moindre chose tu me le dis, parce que je n'hésiterais pas à te tuer. Il hoche la tête lentement en déglutissant. - Bien. Je me dirige vers la sortit. - Tu m'expliques ce que tu foutais avec ce détraqué. Je ne l'ai pas vu venir celui-là. Je hausse un sourcil de surprise. Pourquoi mon oncle est devant le hangar. - Le seul détraqué ici, c'est toi. Il serre les dents se retenant probablement de me défigurer, ou de me tirer une balle pour que je la ferme, mais je dégage vivement ses pensées et souris provocante puis rentre dans la villa pour le diriger vers la cuisine, je trouve Nalia en train de faire la vaisselle. - Vous voulez que je vous aide. Ma voix l'a fait sursauter. Elle porte sa main à son cœur. - Angelina, vous m'avez fait une peur bleue. Je ricane. - Désolé, vous voulez du coup ? Elle balaye mes excuses de la main. - Ne vous inquiétez pas, j'ai bientôt fini. Aller vous reposez. - Il est 15 heures, je vais certainement pas aller dormir à cette heure, je risque de pas dormir cette nuit. Elle rigole doucement. Puis elle fronce les sourcils en ce tournant vers moi. - Vous ne devez pas aller chez monsieur Muñoz ? Muñoz ? Ah ! Oui, Isai, je l'avais oublié celui-là. - Isai ? Elle hoche la tête. - Si, mais j'ai voulu rentrer. - Je comprends alors pourquoi monsieur Rosa est en colère. Je lève les yeux au ciel. Tandis que Nalia retourne à sa vaisselle. Pourquoi il est énervé lui encore ? Je vais l'emmener faire de la méditation parce que là, c'est plus possible. Je me dirige vers ma chambre. Il est à peine 16 heures et je suis déjà fatigué, entre mon étranglement de ce matin, Milo qui n'a rien fait à par me poser encore plus de questionnement au sujet du meurtre de la famille Esposito, et puis mon oncle qui me fuit comme la peste. Je ne comprends plus rien. Ma porte s'ouvre dans un énorme fracas. Je sursaute du bruit. - ANGELINA ROSA COMMENT ÇA TU AS ÉTÉ EN GARDE À VUE POUR TENTATIVE D'HOMICIDE À ARME BLANCHE ! Me hurle mon oncle. Je sursaute une fois de plus, pas parce qu'il vient de me hurler dessus, mais surtout comment il sait ça. - RÉPONDS-MOI ! Je sursaute une fois de plus. Je vais faire une crise cardiaque s'il continue à me hurler dessus. Il voit que je ne réponds toujours pas, je vois qu'il s'avance dangereusement vers moi alors je recule ce qui ne le fait pas s'arrêter pour autant. - Je peux- peux tout t'expliquer. Bafouillais-je. - OH OUI QUE TU VAS M'EXPLIQUER, T'AS INTÉRÊT À AVOIR UNE TRÈS BONNE EXCUSE SUR CE COUP-LÀ ! Je grimace sentant déjà la grosse embrouille arriver. - Alors, euh, j'avais bu, un peu- - TU AS BU ? Merde. - Oui, mais pas beaucoup j'ai bu à peine- - MAIS JE M'EN TAPE QUE TU AVAIS MÊME JUSTE UN PETIT PEU BU ! Ok, là je suis vraiment dans la merde. - Oui, mais le mec il me cherche tout le temps ! - ET C'EST UNE RAISON POUR VOULOIR LE TUER ? C'est lui qui dit ça, sérieusement. Si le culot était une personne, ça serait lui clairement. - Oui ? Dis-je en grimaçant. Attendez, déjà pourquoi il s'énerve le vieux, ça date de plusieurs mois. - Attends une seconde, pourquoi tu me prends la tête alors que ça date de plusieurs mois cette affaire. Il me pointe du doigt menaçant. - Parce qu'à cause de toi encore, je vais être beaucoup moins crédible. À cause de moi, encore... - Pourquoi ? Lui demandais-je d'une voix beaucoup moins assurée que je le voudrais. Il ferme les yeux et souffle d'agacement. - T'imagine ce que dirait les gens s'ils savaient ? La nièce du grand Fernando Rosa a été en garde à vue pour homicide à arme blanche. En imitant la voix des journalistes. C'est plutôt bien non, ça veut dire que la descendance du cartel sait se battre ? Qu'est-ce que je dis, je ne suis pas l'héritière de ce cartel, je lui fais bien trop honte pour qu'il me laisse pour héritière. Son nouveau hurlement me fait brutalement sortir de mes pensées. - TU TE RENDS COMPTE COMMENT TU ME FAIS HONTE ! Ses mots me blessent profondément, mais je reste de marbre comme on me l'a appris, ne rien laisser paraître. Je ne réponds rien, je ne le regarde pas non plus. - Je devrais te livrer aux flics. Me dit-il avec une voix remplie de dégoût à mon égard. - Alors, fais-le. Murmurais-je Je sais qu'il ne m'a pas entendu, puisque je l'ai dit quand il a claqué ma porte. Je suis figée, tout va très vite dans ma tête, je ne comprends toujours pas pourquoi je lui fais autant honte. Puis, je me laisse tomber sur mon lit. Il a commencé à être plus méchant avec moi depuis Nalia, ma sœur. Mais, la mort de mes parents, de son frère. Je crois que ça, ça ne passe pas, je le comprends, si ma sœur se faisait tuer et qu'il y avait quelqu'un qui puisse m'aider, mais qu'il ne le fait pas, bien sûr que je lui en voudrais, je le balancerais même aux flics en disant que c'est lui qui l'a tué. Je ferme les yeux pour chasser toutes ces pensées qui me t*****e. • - T'es prête, bruja ? Je me retourne vers lui, mon sac en mains et la cage de mon chat dans l'autre. J'ai appelé Isai hier soir pour lui demandé de venir me chercher le lendemain, il a accepté après m'avoir posé au moins dix mille questions. Je hoche la tête, et il me fait signe de le suivre, bien sûr Fernando n'est pas au courant, ce n'est pas drôle sinon. Quand j'ai demandé à Isai de ne rien dire à Fernando, il a accepté avec tellement de joie que j'ai l'impression je parlais à quelqu'un d'autre. Je sais, j'ai dit que j'avais peur de lui, c'est vrai ! Mais c'est la seule personne que je connaisse et aussi parce que c'est la première personne à qui j'ai pensé... Nous passons comme si de rien n'était devant Fernando. Isai et moi passons devant lui avec un sourire amusé. Il nous regarde en fronçant les sourcils. - Isai, tu fais quoi ici ? Il ne lui répond pas, il me regarde amuser, regard que je lui rends. - Angelina ? Nous avançons jusqu'à la porte, jusqu'à ce que Fernando nous bloque le chemin. - Pourquoi vous souriez comme des abrutis ? - Pour de multiple raison. Répond Isai avec amusement. Je mords ma lèvre inférieure pour retenir un rire. Fernando pas satisfait du tout de la réponse de Isai se tourne vers moi pour avoir une réponse sûrement. Il est vraiment, vraiment con si, il croit avoir une réponse de ma part. Enfin si, il a une réponse, un large sourire provocant, hypocrite, et très moqueur. Isai me prend par le bras et me tire vers sa voiture. J'ai soudainement chaud, très chaud, je me persuade que c'est à cause de la chaleur du Mexique, même si au fond de moi, je sais que c'est à cause de la main d'Isai sur mon bras qui me donne chaud, pourquoi ? Je n'en ai aucune idée. Il m'ouvre la portière et me laisse m'installer puis il referme ma porte. Isai gentlemen, je note. Il rentre à son tour, on s'échange un long regard puis nous explosons de rire, alors que Fernando ne regarde à l'embrasure de la porte d'entrée, ce qui redouble nous rire. - Sa tête quand- quand il nous a vus arriver. Dit Isai entre deux rires, ce qui accentue encore plus mon fou rire. Au bout d'une dizaine de minutes, notre fou rire se calme, et nous reprenons notre souffle. - J'ai acheté un toilette pour chat, j'ai pas envie qu'il pisse partout dans la baraque. Je pouffe de rire, ce qui le fait froncer les sourcils en tournant la tête vers moi pour me regarder. - Ça s'appelle une litière Isai. Un sourire moqueur aux lèvres que j'essaye temps bien que mal de ne le laisser paraître. Il grimace et démarre la voiture.
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