Angelina
Me revoilà chez Isai depuis une bonne heure maintenant, quand nous sommes rentrés il est directement parti dans sa chambre.
Je sors de ma chambre, et je me dirige vers la cuisine. J'ouvre les placards pour essayer de trouver quelque chose à me mettre sous la dent.
- Tu cherches quoi ?
Je sursaute, j'étais tellement concentré à trouver quelque chose que je ne l'ai pas entendu arriver.
- Je cherche juste un truc à manger.
- Dans le placard du bas.
Puis, il part vers le salon, et se laisse tomber sur le canapé, tandis que moi, je continue de le fixer.
- Fait gaffe ta de la bave là, dit-il en me montrant le coin de sa bouche avec un sourire amusé.
Je lève les yeux au ciel sans pouvoir me retenir de sourire, il a l'air de bonne humeur, c'est presque flippant. En faite, c'est flippant, il n'est pas dans son état normal, ce n'est pas lui, c'est tout bonnement im-po-ssi-ble.
J'ouvre le placard qu'il m'a indiqué, et je pioche dans un paquet de gâteaux et en sors quelques-uns.
- Merci, dis-je la bouche pleine.
- On ne parle pas la bouche pleine, bruja.
- Désolé, lui dis-je encore une fois la bouche pleine.
Il me lance un regard blasé et allume la télé, tout en fumant sa clope, plus je le regarde, plus je le trouve beau, mais il ne faut pas que j'oublie que c'est un mercenaire, tueur à gage, tout ce que vous voulez. Il est beau, très beau, oui, c'est vrai, mais il peut me tuer à n'importe quel moment.
Je secoue la tête pour chasser ces idées.
Je retourne vers ma chambre, mais avant de fermer la porte, j'entends la voix d'Isai.
- N'aie pas peur de moi bruja, juste, n'oublie pas qui je suis, et ce que je fais.
Ne t'inquiète pas, je risque pas d'oublier qui tu es et ce que tu fais non plus. Je ferme la porte. Je me colle contre elle, et me laisse tomber.
Je ne comprends toujours pas pourquoi je fais honte à mon oncle, j'ai fait quoi de si grave pour que je lui fasse honte ? Pour que je le dégoûte à ce point ?
Nalia, sa nièce préférée.
Mes parents.
Son frère.
Sa femme.
Ses enfants.
Sa famille.
Je lui ai tout pris.
Comment j'ose encore le regarder dans les yeux ? Je devrais avoir honte.
Un bruit sourd me sort de mes pensées. Je tends l'oreille pour essayer de trouver d'où provient le bruit.
- OUI ELLE EST CHEZ MOI, POURQUOI TU ME CASSES LES COUILLES AVEC ÇA ?
Il n'y a plus un bruit.
- ET ALORS ? ÇA VA CHANGER QUOI QU'ELLE SOIT ICI OU EN ITALIE ?
Mais qu'est-ce qu'il raconte, c'est qui le elle ? Et pourquoi il s'énerve ? Pourquoi il veut que que ce elle aille en Italie ?
- JE NE COMPRENDS RIEN À CE QUE TU ME RACONTES JULIO !
Je me fige, Julio, italien, mafia, mafia italienne.
Je comprends maintenant qui est ce elle, c'est moi. Et Isai est actuellement avec Julio. Celui qui a tué mes parents.
Pourquoi il parle à Julio ? Il est avec mon oncle normalement, non ?
- On en reparlera, Fernando croit toujours que je suis avec lui.
Je m'étouffe avec ma propre salive. Comment ça, Fernando croit toujours que je suis avec lui ? Il n'est donc pas avec mon oncle. Pourquoi ? Aucune idée. Mais il n'est pas avec lui.
Je suis tombée sur qui encore ?
Un mercenaire.
Je sais.
•
Je suis toujours enfermé dans ma chambre, simple peur qu'il m'envoie en Italie, ou qu'il me tue, en fait j'ai très peur de lui. Après, c'est tout à fait normal d'avoir peur de lui, il parle au meurtrier de mes parents, il n'est pas avec mon oncle, il veut aussi m'envoyer en Italie, bref, il me fait flipper.
- Bruja ?
Je sursaute, et me cache sous la couverture.
Je suis une enfant, et alors ?
- T'es là ?
Je n'ose pas répondre. J'ai bien trop peur de lui.
- Je sais que tu ne dors pas, ouvre la porte.
Je secoue la tête comme s'il allait me voir. Puis je me souviens qu'il ne me voit pas.
- Non. Lui dis-je d'une petite voix, je crains même qu'il ne m'ait pas entendu.
- T'as peur de moi ?
Son ton a complètement changé, son ton est devenu froid et sec.
- Angelina ! Ouvre cette putain de porte.
Non. Je n'ai pas très envie.
Par je ne sais quel moyen, il a réussi à ouvrir cette putain de porte incapable de me protéger.
- Pourquoi t'as peur de moi ?
- Je n'ai pas peur de toi. La voix beaucoup moins assurée que je le devrais.
- Ah ouais ? Alors pourquoi tu trembles COMME SI J'ALLAIS TE TUER DANS LES DIX PROCHAINES MINUTES ?
Faites qu'il arrête de hurler, s'il vous plaît, qu'il arrête, je sens déjà les larmes me monter dans aux yeux.
- Arrête... arrête de... de crier s'il te plaît.
Tous ces putains de souvenirs que j'essaye depuis des années de chasser, reviennent, toutes ces fois où j'étais attaché à cette chaise dans cette cave, sans aucun habit, juste leurs mains sales sur moi.
Je ferme brutalement les yeux pour essayer de chasser ces souvenirs bien trop douloureux, mais c'est encore pire, je revois leurs visages, leurs mains, je revois absolument tout, comme si je le revivais, encore.
La main d'Isai me fait rouvrir les yeux, je m'éloigne le plus loin possible de lui.
- NE ME TOUCHE PAS !
Je recule, quand encore pleins d'autres souvenirs encore plus douloureux reviennent me hanter.
- Ne me touche pas... s'il te plaît, ne me touche plus... Ma voix se brise.
Ces souvenirs me brisent de l'intérieur, ils me détruisent à néant.
Isai
- Ne me touche pas... s'il te plaît, ne me touche plus... Sa voix se brise.
Je ne comprends absolument pas pourquoi elle ne veut pas que je la touche.
Pourquoi avait-elle peur de moi ?
- Je ne vais pas te toucher, d'accord regarde. Je mets mes mains en évidence pour qu'elle voie que je ne la toucherais pas.
Elle me regarde les yeux brillant de larmes, puis elle recule, encore.
Elle ferme les yeux. Et quand elle les ouvre, je ne distingue plus aucune émotion sur son visage, ni dans ses yeux, comme si elle les avait éteintes, supprimer.
- Tu peux me laisser s'il te plaît, je vais aller me reposer.
- Pourquoi tu ne voulais pas que je te touche ?
C'est sorti tout seul, je ne l'ai pas contrôlé.
Elle me lance un regard noir et ne me répond pas.
- Je ne bougerais pas d'ici sans avoir eu une réponse à ma question.
Elle hausse les épaules, sans me regarder.
- Rien à foutre.
Il y a à peine cinq minutes, elle allait pleurer comme si c'était la fin de sa vie, et là elle me dit d'aller me faire foutre.
Qu'est-ce qu'il ne va pas chez elle ?
Qu'est-ce qu'il y a eu pour la mettre dans cet état ?
- Tu fais des cauchemars ?
- Tu n'as pas besoin de le savoir.
- Si, j'ai envie de dormir cette nuit, je n'ai pas envie de t'entendre hurler pendant que tu dors, je n'ai pas que ça à faire. Déjà jouer le baby-sitter est de trop. Lui dis-je avec un ton rempli de mépris.
Elle allait se mettre sous la couette. Elle l'a laissé tombé, puis, elle tourne lentement sa tête vers moi.
- Je te dérange Isai ?
- Oui.
Non.
- D'accord, elle hoche la tête, puis elle se dirige vers son sac.
- Tu fais quoi ?
Elle hausse un sourcil comme si la réponse était évidente.
- Je me casse, ça ne se voit pas ?
Je fronce les sourcils. Pourquoi veut-elle partir alors qu'elle m'a demandé il y a à peine vingt-quatre heures de venir la chercher ?
- Et tu vas partir où ?
- En Italie. Personne n'aura à le faire comme ça.
Elle a entendu la conversation que j'ai eue avec Julio ? Impossible, elle dormait. Ou peut-être pas ? Si, elle dormait, j'en suis sûr.
- Qui veut t'envoyer en Italie.
Elle ricane puis elle se tourne vers moi.
- Tu devrais le savoir Isai. Elle a bien appuyé sur mon prénom.
Elle sait ? Non, impossible.
- Qui ?
Elle ricane, et sans me répondre, elle sort de la chambre et part en direction de la porte d'entrée.
Pourquoi j'ai envie de la retenir ?
Si elle va en Italie, elle sera morte avant même d'avoir posé un seul pied sur le territoire italien.
- Si tu vas là-bas, tu vas mourir.
- C'est bien pour ça que j'y vais.
Puis elle claque la porte. Me laissant seul dans sa chambre. Elle veut mourir ?
•
La sonnerie de mon téléphone me sort de mon sommeil profond. Je décroche sans regarder le nom affiché.
- Quoi ?
- Pourquoi Angelina ne répond pas au téléphone ?
- Je ne sais pas, elle s'est barrée de chez moi.
- QUOI !
Putain pourquoi il gueule le vieux, je viens de me réveiller.
- Gueule pas je viens de me réveiller.
- TU SAIS OÙ ELLE EST PARTIT AU MOINS.
Comme s'il en avait quelque chose à foutre de sa nièce lui.
- Ouais t'inquiète le vieux.
Je raccroche et balance mon téléphone sur la table de nuit en grognant.
Je me lève de son lit. Oui, je me suis endormi dans son lit. Pourquoi ? Je ne sais pas.
FERNANDO : Retrouve Angelina avant qu'elle ne me cause plus de problèmes.
Qu'est-ce que j'avais dit, il pense qu'à sa gueule.
Je décide de l'appeler.
1 sonnerie.
2 sonneries.
3 sonneries.
- Tu veux quoi ?
- Ton oncle vient de m'appeler.
Elle a raccroché. Je lâche un profond soupire pour me calmer, ces putains de Rosa commence sérieusement à me casser les couilles.
Angelina
Mon oncle n'arrête pas de m'appeler, Isai a dû lui dire que j'étais partie.
ISAI : Ton oncle veut que je vienne te chercher parce que tu vas lui causer encore plus de problèmes.
Ça ne m'étonne pas, je lui cause toujours des problèmes, toujours.
ONCLE FERNANDO : Rentre maintenant chez Isai, tu vas encore salir mon image avec tes conneries.
Je rigole tristement, je ne réponds pas, je ne lui répondrais plus, en tout cas pour le moment.
J'ai dit à Isai que je partais en Italie, c'est faux, complètement.
Je pars en France. Je n'ai aucune envie d'aller là-bas, mais c'est le premier pays auquel j'ai pensé et il faut que je parte d'ici puisque je salis l'image de mon oncle.
- Nous sommes arrivés Mademoiselle Rosa.
- Merci.
Je sors et je prends un billet pour la France.
Je vais m'assoir sur un des sièges libres, et loin, très loin des autres personnes.
- Vous êtes Angelina Rosa ?
Je grogne de mécontentement.
- Non.
- Vous lui ressemblez beaucoup.
- Vous pouvez me laisser tranquille maintenant.
Il recule.
- Désolé, Mademoiselle, je ne voulais pas paraître mal poli.
- Ouais, bah dégage alors.
Il hoche frénétiquement la tête, et il tourne les talons vers son siège.
Ils commencent déjà à m'énerver ceux-là.
•
- Non, je ne rentrais pas maintenant, tu ne peux pas laisser tranquille un peu, tu me l'a dit toi-même, je te dérange.
- Rentre, si les Italiens te chopent, ton oncle ne pourra rien faire pour toi.
- Même s'il pourrait faire quelque chose pour me sauver, il ne le ferait pas.
Il souffle d'agacement sûrement.
- Rentre.
- Isai, je viens de me taper quinze heures d'avion, donc non je ne reviendrais pas maintenant.
- Ce n'est pas moi qui t'es forcée à prendre l'avion pour la France.
Je fronce les sourcils, comment il sait que je suis en France lui ?
- Comment tu sais ça toi ?
- Je sais tout Angelina.
Je lève les yeux au ciel.
- Rentre ou je viens te chercher.
- Bah viens me chercher. Non en fait ne viens pas, je prends des vacances.
- Tu veux mourir toi.
- Alors c'est dans mes projets, oui, mais pour l'instant, non.
- Angelina, tu fais chier.
- On me le dit souvent. Bref, il faut que je te laisse.
- Angelina si tu ra-
J'ai raccroché, est-ce que je vais mourir ? Probablement. Est-ce que j'en ai quelque chose à foutre ? Absolument pas.
Je rentre dans un hôtel qui à première vue est très, voir extrêmement luxueux. Je me mets bien, j'avoue.
- Bonjour, une cham-
Elle a relevé la tête vers moi.
- Une chambre, s'il vous plaît.
- Euh... bien sûr, chambre 569.
La main tremblante, elle me tend la clé de ma chambre. Puis elle baisse la tête.
Je me prends l'ascenseur et monte à mon étage.
Une fois la porte de ma chambre trouvée, je l'ouvre et tombe sur une grande chambre moderne. Il y a un grand lit avec des draps blanc, en face du lit un grand écran plat, en dessous de l'écran, il y a une commode blanche avec des tiroirs noirs. À la droite du lit, il y a une grande baie-vitrée qui fait tout le mur. La vue est magnifique. Il y a une autre porte, ça doit être la salle de bain.
Je dépose mon sac sur le lit, je prends des affaires pour me changer et j'entre dans la salle de bain. Elle est juste... splendide. Il y a une grande douche à l'italienne, une baignoire. Le lavabo est en marbre blanc.
Je me déshabille, et j'entre dans la douche, j'allume l'eau et l'eau chaude arrive directement. Un pur bonheur.
Je sors de la douche, j'ai passé une heure minimum sous la douche. Ça m'a fait un bien fou.
Je me sèche et je mets mes habits. Je m'allonge dans le lit blanc.
Quand je commençais à tomber dans les bras de Morphée, mon téléphone sonne.
INCONNU : Alors ma jolie, on est en France.
Merde.