7. CAUCHEMAR

2177 Words
Angelina - ANGELINA, OUVRE CETTE PUTAIN DE PORTE ! Je me réveille en sursaut, je ne me souviens pas mettre endormi, je regarde l'heure. 8 : 03. Putain, mais quel psychopathe vient réveiller les gens en gueulant à la mort. Mon oncle est un psychopathe. Attendez, il m'a appelé par mon prénom, j'ouvre grand les yeux. C'est qui ? Le pape. - ANGELINA, PUTAIN, OUVRE OU JE VAIS TE DÉFONCER ! Putain, mais il ne peut pas la fermer. Je me lève, je m'habille rapidement, et je me dirige à pas de loup jusqu'à la porte. J'ouvre doucement la porte. Comme s'il n'allait pas me voir. - Putain, enfin, j'ai cru que je m'étais trompé de chambre. Il poussa la porte et rentre comme s'il était chez lui. - T'es qui ? Il ne me répond pas, il prend mes habits qui étaient sur la commode et les mets dans mon sac. Il se tourne vers moi. - On peut rentrer. - Je ne rentre pas. - Tu n'as pas le choix. - Si j'ai le choix, je suis majeure et vaccinée. Donc pose mon sac et dégage. Il hausse un sourcil amusé. - Non, je vais prendre ton sac, je vais sortir et tu vas me suivre. - Non. - Si, Angelina, ce n'est pas moi qui décide. Tu viens et tu la fermes. Maintenant, c'est moi qui hausse un sourcil de surprise. - J'en ai rien à foutre. - Putain, mais pourquoi t'es chiante, Fernando il a raison, t'es une vraie casse couille. - Pa... Pardon ? - Quoi ? - T'es qui en fait ? - Luis. Il me dit ça comme si c'était évident. Son prénom me dit quelque chose, mais je ne sais plus d'où. - Je t'ai déjà vu ? - Ouais, Paolo il t'avait assommé parce qu'il croyait t'était une intruse. - Ahhhhh oui, putain, c'était toi. Je t'avais oublié. Mais tu fais quoi dans la mafia de mon oncle ? - Je suis son bras droit. J'écarquille les yeux, impossible que ça soit lui son bras droit, je le connais, il s'appelle Amir même, je l'aime beaucoup. - Et Amir, il est où ? - Oh, t'es pas au courant ? - Euh... non. - Il est mort. Il hausse les épaules. Il a dit ça avec une indifférence troublante. Ce n'est pas possible qu'il soit mort. Il serait mort de quoi ? Il est dans une mafia débile, réfléchi. Il sort de ma chambre. - Mec, tu ne comprends pas quoi dans "je ne rentre pas" ? Dit moi parce que là je ne vois pas. Il se tourne vers moi. - Ce n'est pas moi qui décide, mon boss m'a dit de venir chercher sa nièce l'emmerdeuse, donc tu viens et tu fermes ta gueule. J'ai réussi à lui prendre mon sac des mains sans qu'il sente, rende compte. - Ok. Vas-y avance. Il sourit. - Tu vois quand tu veux. Puis, il avance en dehors de la chambre. Il se retourne vers moi. - Il est où- J'ai claqué la porte avant qu'il finisse sa phrase. - ANGELINA, PUTAIN, TU FAIS CHIER ! Oui, je sais ça. - DÉGAGE, JE NE RENTRERAIS PAS ! Je l'entends souffler. - Tu sais quoi ? Non, je ne sais pas, dit moi. - Démerde-toi. Je hausse les épaules et je ne réponds pas. Je l'entends s'éloigner. Je prends mon téléphone et envoie un message à mon oncle. ONCLE FERNANDO : Amir, il est mort ? • Ma bouche est pâteuse, je sens encore le goût métallique du sang dans ma bouche. J'essaie d'ouvrir les yeux, sans succès. J'ai atrocement mal la tête, mon corps me fait mal, mes jours me brulent, sûrement à cause de toutes les lames que j'ai versées ces derniers temps, je ne sais pas depuis combien de temps je suis ici. J'ai perdu toute notion du temps depuis longtemps. J'ai peur. J'ai froid. J'ai faim. J'ai soif. Je veux mourir. J'ai mal. Beaucoup trop mal. Ils ne sont pas humains. J'entends leurs pas. Ils vont recommencer ? Non, s'il vous plaît, faites qu'ils arrêtent. Ils me font peur, très peur. - Alors, ma petite pute, tu vas bien ? En fait j'en ai rien à foutre, je veux juste te baiser. Je pleure. J'ai mal, autant physiquement que mentalement. Il est seul cette fois, enfin je crois. - Ma douce, ta petite chatte m'a manqué, tu sais ? Il n'est pas seul. J'ai peur. J'ai mal. Ils commencent à me toucher. Encore. Je ne veux pas qu'ils recommencent. Je ne veux plus être sali. Je ne veux plus être touché. Je veux juste mourir. Mais je n'ai pas le choix. Je n'ai jamais le choix. Je tremble de dégoût, de peur, de tristesse, d'angoisse quand ils commencent à toucher mon intimité à travers ma culotte. Je n'ai plus le droit de mettre d'habit. Je n'ai plus le droit de rien. - Oh bordel, que ça m'avait manqué. Je me déconnecte de mon corps, je ne veux pas, je ne veux plus subir un énième viol, pas encore. Je n'y arrive pas, je n'y arrive plus, je veux juste... mourir. - Laissez-moi. La voix faible. S'il vous plaît. Un des deux hommes grogne de mécontentement. - Ferme ta gueule. - S'il vous plaît. Le suppliais-je la voix brisée et enrouée à cause de ma gorge sèche due au manque d'hydratation. - Putain, mais ferme ta gueule. Je ne sens plus leurs mains sur moi. Je ne veux plus les sentir. - PUTAIN MAIS LAISSEZ-MOI TRANQUILLE ! Je gesticule dans tous les sens. LAISSEZ-MOI CREVER, JE VEUX MOURIR ! Comme à chaque fois, je hurle, je me débats, et après je regrette amèrement de hurler à la mort, mais je le fais. J'ai espoir qu'ils arrêtent. Mais comme à chaque fois, ils n'arrêtent pas. Il me met un énorme coup sur la tête pour me faire taire. Et... - ANGELINA ! J'ouvre grand les yeux. Et tombe sur Isai. J'ai le corps tremblant. Je me redresse, les joues baignaient de larmes, le corps en sueurs. Un cauchemar, encore. - Pourquoi t'arrêter pas de gueuler là ? Tu fais des cauchemars ou quoi, dit-il moqueur. Je ne réponds pas, trop occupé à reprendre mes esprits. Je me lève doucement de mon lit et les jambes tremblantes, je me dirige vers la salle de bain, je me tiens à tous les meubles sur mon passage. - Ça va ? Putain, mais il ne peut la fermer lui ? Déjà, depuis quand ça l'intéresse de savoir si je vais bien ou pas. - Laisse-moi. Je ne cherche pas à comprendre pourquoi il est là, ni comment il m'a retrouvé, je suis bien trop chamboulé par ce cauchemar, ce cauchemar que je n'ai pas fait depuis longtemps maintenant. Cela fait longtemps que je n'ai pas fait de cauchemar, encore moins sur ma séquestration. J'ai déjà fait des cauchemars, forcément, cette séquestration m'a traumatisée. Mais, jamais sur les viols qu'ils me faisaient, JA-MAIS. Je referme la porte de la salle de bain. Je me passe de l'eau sur le visage. Je me déshabille et me file sous la douche. L'eau chaude me fait un bien fou. Je me savonne plusieurs fois, comme à chaque fois, je n'aime pas être sale. Encore moins après ce cauchemar. J'enroule une serviette autour de mon corps, je cherche mes habits. Je les ai oubliés dans la chambre. Je me tape le front. Je suis conne sérieusement. Je sors de la salle de bain. J'avance jusqu'à mon sac et sors des habits de rechange. Je sens le regard brûlant de Isai sur mon corps, mais je ne laisse rien paraître, même si intérieurement, c'est un putain de feu d'artifice. Je me renferme, je laisse tomber la serviette et m'habille en quatrième vitesse. Je brosse mes cheveux. Je sors, enfin, de la salle de bain. - Comment tu m'as retrouvée ? Il lève les yeux de son téléphone vers moi. - Hier t'as envoyée un message à ton oncle, et t'as oublié de l'éteindre, je t'ai localisé. Je hausse un sourcil, surprise. J'ai complètement oublié de l'éteindre. Puis je hausse les épaules, je prends mon téléphone. ONCLE FERNANDO : Qui t'as dit ça ? Le voisin. MOI : Louis, je crois. Je ne suis absolument pas sûr qu'il s'appelle louis. Mais je ne sais plus son nom. ONCLE FERNANDO : Luis ? Ah ! Oui, voilà, il s'appelle Luis, je n'étais pas loin. MOI : Oui, lui. ONCLE FERNANDO : Oui, Amir est mort, la mafia russe la tuer. Déjà, il faut que je change son nom sur mes contacts. J'avais déjà bien la haine contre cette putain de mafia Russe, mais aux fils des années, ils font qu'agrandir cette haine. - Angelina. Je relève la tête vers lui. Il s'approche de moi. Je fronce les sourcils. Il fait quoi là ? - Isai, tu fais quoi là ? Il continue de s'approcher de moi. Je le regarde dans les yeux. Et ce que je vois ne me plait, mais alors pas du tout. Du désir. Ses pupilles sont dilatées par, je présume, ce putain de désir à la con. Je tente de reculer, mais il continue d'avancer. Il me sourit, il continue toujours de me fixer comme si j'étais un animal, un putain d'objet. Et je peux vous promettre que ce regard fait très mal, parce que pour cette personne, vous ne valez rien, vous pourrez faire tout ce que vous voulez pour l'arrêter, il le fera avec ou sans votre consentement. - Tu m'existes comme personne Angelina. Bordel. De. Merde. J'ai appris à me défendre dans ce genre de moment, mais le problème, c'est que là, j'ai un putain de mercenaire devant moi. - Isai, dis-je fermement, dégage. Il continue. Il est défoncé ou quoi ? - J'ai tellement envie de te baiser. - Pas moi. - J'en ai strictement rien à foutre que tu le veuilles ou non, si moi je veux te baiser, je te baise et tu fermes ta gueule. Je l'ai giflé. Je vais le regretter, je sais, mais là j'en ai strictement rien à foutre, il est en tord. Il tient sa joue, toujours la tête penchait sur le côté. - Ne pense pas me toucher, sale enculé. - Tu n'aurais jamais dû faire ça, bruja. Il rigole froidement. Ravie de vous avoir connue. Adieux. - Oh ! Bruja, tu viens de faire une grave erreur. - Tu vas me violer Isai ? Je le regarde fixement dans les yeux. Il fronce les sourcils, il secoue la tête et me regarde avec de grands yeux. - Il s'est passé quoi ? Là, c'est à mon tour de froncer les sourcils. - Tu viens de me dire que t'allais me baiser avec ou sans mon consentement. Lui dis-je simplement. Il ouvre grand les yeux pendant quelques secondes, puis il retrouve un visage neutre. - Je ne le pensais pas. Je hausse les épaules, peut-être qu'il ne le pensait pas, mais il l'a dit, ça revient au même. - Tu fais quoi ici ? - Je viens te chercher. - Non. - Angelina, c'est dangereux que tu restes ici, seule. - T'as qu'à rester ici, mais j'en ai rien à foutre, je rentre pas. Je vais vers le restaurant de l'hôtel sans me préoccuper de savoir s' il me suit ou pas. Mais je sais qu'il me suit puisque j'entends ses pas derrière moi. - Bruja, il faut que tu rentres au Mexique. Putain, mais ils ne comprennent pas quoi dans "je ne rentre pas". - Je prends des vacances, j'ai le droit non ? Il lève les yeux au ciel et souffle d'exaspération. - Des vacances ou tu peux mourir. Je hausse les épaules. - Si je meurs pas ici, je mourrai au Mexique. J'entre dans le restaurant. - Je ne pourrais pas toujours te protéger. C'est lui qui veut me tuer, et maintenant il me parle de me protéger. - Bonjour mademoiselle, vous voulez une table en particulier ? - La plus éloignée, s'il vous plaît. Il hoche la tête, et il me dit de le suivre. Nous arrivons dans un coin isolé du reste de la salle. Isai et moi, nous nous installons. Le serveur nous donne les cartes et repart en nous disant qu'il revient dans quelques minutes. Je prends en entrée du fois gras accompagné de confit de figue. Isai, lui, il prend, avec mes conseils, des huîtres farcies au four. Le serveur revient prendre nos commandes. - J'espère que c'est bon ton truc là, parce que j'ai la dalle. Je ricane. - C'est très bon, tu verras. Il regarde autour de lui. - Pourquoi tout le monde nous regarde ? - En France, les mafieux, mercenaires, criminels, tout ça, sont très connus. Les Français adorent les histoires criminelles. Il grimace. - Flippant. - Culotté de dire ça quand même. Je bois une gorgée de verre de vin. - Alors jeunes gens, vous prenez des vacances en amoureux. Je regarde Isai avec de gros yeux. On est morts.
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