Angelina
J'entends les cris stridents de ma mère, ses cris résonnent dans ma tête, ses cris me t*****e le crâne, j'entends la voix grave de Milo, je l'entends partout, elle résonne dans tout mon corps.
Sors, Angelina.
Sors, Angelina.
Sors, Angelina.
Sors !
Sors, Angelina !
Sors, putain Angelina !
Sors, Angelina !
Sors !
Sors, Angelina.
Sors, Angelina.
Sors, Angelina.
Pourquoi ne sors-tu pas ?
Pourquoi cries-tu, ma douce ?
Laisse-moi te toucher, ma douce.
Je te déteste, tu le sais, pas vrai ma douce ?
Sors, Angelina !
Laisse-moi te toucher.
Arrête de bouger !
Sors !
Arrête !
Sors !
Déshabille-toi !
Je vais te tuer, Angelina !
J'ai tellement envie de te baiser.
Je vais te faire vivre un enfer !
Tu es incroyablement douce...
Tu vas souffrir, tu le sais.
Je vais te baiser fort, tu vas tellement saigner.
Tu mérites de mourir.
Si tu te remues, tu vas souffrir.
Crève !
Je vais appeler Alexis.
Il faut que je finisse le travail.
Je vais te tuer.
Sale pute, maigris !
Ferme ta gueule !
Tu es trop grosse !
Je vais te casser la gueule.
T'es-tu vu ?
Ta chatte m'a manqué.
Qui voudrait de toi ?
Ferme ta gueule !
Sale pute, crève !
Dégage tes mains !
Crève.
Je te déteste.
Leurs voix résonnent encore et encore dans ma tête. Je sens leurs mains me toucher, je ressens toute l'angoisse que j'ai eu ce soir-là, je ressens toute la peur que j'ai quand ils sont là, je revois la chambre de mes parents après qu'eux sont venus, le sang, leurs corps criblés de balle, leurs corps mutilés.
Je hurle de terreur, je ne veux pas le revivre, je ne veux pas le revivre, je ne veux plus vivre.
Je ne veux pas.
Je ne veux pas.
Je ne veux pas.
- Il faut que je finisse le travail, Angelina. Dit une voix tout près de mon visage.
Je pleure, je ne veux pas mourir maintenant. Je tremble de terreur, j'ai, gorge sèche, cela fait au moins une éternité que je n'ai pas bu, je ne sais pas depuis combien de temps je suis ici, mais ça doit faire longtemps.
Je hurle à cause de la peur qui me prend les tripes quand quelque chose caresse l'ouverture de mon intimité, une autre main me touche les seins. J'essaye de me débattre pour enlever leurs mains de sur moi, je ne veux pas qu'on me touche, encore, je n'y arrive plus, je veux mourir, juste...
Je me réveille en sursaut, le corps paralysé, j'ai de la sueur sur le visage et partout sur le corps, je prends quelques minutes à reprendre mes esprits, je ne vois rien non plus le temps de quelques minutes. Ma respiration est haletante, je n'arrive plus à respirer, comme si mes voies respiratoires étaient bloquées, ce qui me fait stresser. Je tremble de tout mon corps, je suis encore dans mon cauchemar, tous mes traumatismes se sont réunis dans un seul et même cauchemar, c'est clairement le pire cauchemar de ma vie que j'ai pu faire, jamais je n'ai fait un cauchemar comme tel.
Une main sur mon bras me fait reprendre brutalement le contrôle de mon corps, je saute de lit et m'en éloigne le plus possible. Je vois flou à cause des larmes, j'ai peur, je ne veux pas qu'on me touche. Une silhouette s'avance vers moi, je recule, j'ai peur, la personne s'avance encore.
- Reculez... Je dis doucement à cause de la peur qui me prend les tripes tout en reculant.
- Angelina, c'est moi. Cette voix, je la connais, je l'ai entendu pendant 10 mois, c'est Alexis, je recule, je suis terrorisée, j'ai peur de lui, j'ai peur d'Alexis, mes joues me brulent à cause de mes larmes, un sanglot sort de ma bouche, je mets ma main devant ma bouche, et je me laisse tomber part terre en mettant mes bras au-dessus de ma tête pour me protéger, je ferme fort les yeux, il va me punir, je n'ai pas le droit de pleurer, je n'ai pas le droit de faire de bruit, je n'ai le droit de rien.
- Non, je suis désolé, je ne voulais pas, désolé, désolé, désolé, je suis désolé Alexis. Je recommencerais plus, je te le promets !
- Arrête de faire ta victime et laisse-moi te baiser !
Je sanglote encore plus, les larmes coulent sur mes joues. J'ai peur. Très peur
- Lève-toi ! M'ordonne-t-il durement.
Je n'arrive plus à respirer, je veux partir, je ne veux plus sentir cette odeur nauséabonde de cette maudite cave. Alexis me soulève d'un bras, et il me met debout devant lui, il me prend le visage dans ses mains.
- Regarde-moi ! Je ne veux pas entendre cette voix, elle me donne la nausée. Angelina ! Je ne reconnais plus la voix d'Alexis, elle sonne comme... faux. Ouvre les yeux ! Cette voix... Cette voix... je l'ai déjà entendu, je ne sais pas de qui elle provient, je n'ouvre toujours pas les yeux, j'ai bien trop peur.
- Angelina, c'est moi, Isai. Regarde-moi, n'ai pas peur de moi, s'il te plaît, pequeño ángel (petit ange).
J'ouvre doucement les yeux, et je reconnais les traits dur du visage d'Isai. Isai a le visage de marbre, il est dénoué de toutes émotions.
- Pequeño ángel, ¿ Por qué tienes miedo de mí ? (petit ange, pourquoi as-tu peur de moi ?)
Je ne comprends pas ce qu'il me dit, je le regarde encore complétement terrifiée de la crise que je viens de faire, cela fait des années que je n'ai pas fait de crise comme tel, je faisais de temps en temps des crises d'hystéries, mes parents avaient toujours plusieurs calmants dans les placards, je devais aller en hôpital psychiatrique, mais je n'y suis pas aller, puisque au moment où je devais y aller, j'ai été capturé par eux.
Mais des crises où j'entends la voix d'Alexis, où je sens encore l'odeur nauséabonde cette cave, des crises où je revis ma séquestration, mes viols, les violences qu'ils m'infligeaient, j'en faisais les deux premières années après ma libération, j'ai été traumatisée, mais mon père m'a tellement forgé que je ne ressentais plus rien jusqu'à cette nuit-là, mon père m'avait fait arrêter l'école, j'étais seulement en deuxième année de collège.
Isai secoue mon corps, je reprends mes esprits, je dégage les mains d'Isai sur moi, je ne veux pas qu'il me touche, je veux que personne ne me touche. Isai me regarde je ne sais comment, il doit avoir pitié.
Tout le monde à pitié de toi, pauvre conne, tu t'es vu ?
Qui voudrait de toi ?
T'es trop grosse !
Maigris !
Pute !
Salope !
Crève !
Je vais te tuer !
Je me tape le crâne, leurs voix me donne mal au crâne, je ne veux plus les entendre, je ne veux plus jamais les entendre, je ne veux plus rien, je veux juste mourir... Je ne demande pas la lune, juste... ne plus vivre.
Je vois rouge, je ne vois plus rien, juste tout ce que j'ai vécus pendant ces putains de dix mois, j'entends des objets se cassaient au sol, et je comprends que c'est moi, je me revois dans cette cave, en train de me faire tabasser.
J'entends des cris, des hurlements à rendre fou quelqu'un qui reste trop longtemps avec cette personne, c'est moi qui hurle, je hurle de douleur, de rage, de dégoût, je me revois en train de pleurer à la mort, je les suppliais de me tuer, ils n'ont jamais rien fait, ils rigolaient.
Je hurle pour toutes les personnes qui ne m'ont pas sauvés, je hurle pour tous les viols que j'ai subis. Je frappe quelque chose ou quelqu'un, je le frappe m'en casser les points, j'ai le gout métallique dans la bouche.
Pourquoi tu vis ?
Tout le monde te déteste !
Je ne me contrôle plus, je ne sais plus ce que je fais, j'entends juste mes hurlements déchirants, mes hurlements de douleur, j'ai la gorge qui me brule.
Des bras m'encerclent la taille et me serrent fort contre un torse.
- Calme-toi, Angelina, calme-toi, pequeño ángel, tout va bien.
Le souffle chaud dans mon cou de cette personne me donne des frissons.
- Calme-toi. Me dit cette personne doucement. Je suis là.
Je commence à voir des petits points noirs partout, j'ai la tête qui tourne, et je sens mes jambes flanchaient, je ne sens plus les bras autour de ma taille, puis je m'évanouis dans les bras de cette personne.
•
- Fernando Rosa, le chef de la plus grande mafia mexicaine, recherche sa nièce enlevée par un certain Isai Muñoz.
- Putain l'enculé...
J'ai toujours les yeux fermer, je crois que la personne qui parle de Fernando est la radio, j'ai un mal de crâne insupportable.
- Mmh.... Je bouge la tête sur le côté. J'ouvre difficilement les yeux, je vois que je suis dans une voiture, sur une route déserte. J'entends que quelqu'un éteint la radio.
- Angelina ? Dit une voix qui m'est drôlement familière. Eh ? Dit-il en me touchant le bras, je tourne instantanément la tête, et je reconnais Isai.
J'entrouvre la bouche, je ne me rappelle pas mettre endormie dans la voiture, en fait, je ne me rappelle mettre endormie tout simplement. Je fronce les sourcils en regardant Isai, j'essaye de me souvenir d'hier, mais rien, trou noir.
- Il... Il sait... il s'est passée quoi hi- hier ? Demandais-je en bégayant.
Isai fronce les sourcils, et il regarde la route une seconde, puis il revient à moi.
- Tu ne te rappelles rien ? Me demande-t-il d'un air perdu.
Je secoue la tête. Il hoche doucement la tête, puis il regarde la route, sans me répondre. Je ne pose pas plus de questions, et je regarde la route à mon tour. Quelques minutes passent, j'allume la radio, je n'en peux plus de ce silence glacial qui règne dans la voiture.
Je sens quelque chose couler le long de ma tempe, je regarde à travers de mon téléphone, et je vois une petite goutte de sang descendre. J'attrape ma manche pour essuyer le sang. J'entends Isai souffler, et il allume une cigarette, ouvre la fenêtre.
- Hier, t'as pétée un câble, tu balançais tout ce que tu trouvais, tu me frappais, tu hurlais à la morte, tu te frappais le crâne, tu disais que tu ne voulais plus revivre ça, je ne sais pas de quoi tu parlais, tu disais aussi que tu voulais mourir, aussi que c'était la faute à tout le monde, qu'ils auraient dû te sauver, après tu m'as dit que tu allais tuer tous ceux qui t'avaient fait du mal, je n'ai pas trop compris, tu pleurais beaucoup aussi, après je t'ai tenu, et tu ne me reconnaissais pas, et tu t'es évanoui. Et juste avant que tu pètes un câble, tu t'étais laissé tomber par terre en disant que tu étais désolé, que tu recommenceras plus, que tu ne voulais pas, tu m'appelais Alexis aussi.
J'ouvre toujours plus grand les yeux au fur et à mesure de ce que Isai me raconte. Hier, j'ai refait une crise d'hystérie, la même crise que je faisais avant ma séquestration. Et Isai a réussi à me calmer sans utiliser de calmant, ni de médecin. Je n'ai pas refait de crise après ma libération, c'étaient plus des crises de tétanie, d'angoisse, de panique, j'avais des terreurs nocturnes, des paralysies du sommeil.
- C'était une crise de quoi que tu as fait ?
Je le regarde surprise, comment sait-il que c'était une crise ?
- Euh... Je m'éclaircis la voix, j'ai la gorge sèche, je n'aime pas parler de ça, c'étais... c'était une crise d'hystérie, je titube mes doigts de nervosité.
Je jette un coup d'œil vers Isai, je suis persuadé qu'il doit être amusé, ou en train de se retenir de rire, mais, pas du tout, il hoche simplement la tête, pas le moins du monde surpris, il ne me juge pas non plus, je le regarde en fronçant les sourcils, et je me concentre sur la route.
- Tu as des médicaments ? Me demande-t-il sans le moindre ton de jugement dans sa voix.
- J'en avais avant, je lui réponds d'une petite voix.
- Avant ?
- J'étais diagnostiqué hystérique avant eux.
- Tu veux... tu veux qu'on aille en acheter ? Me demande-t-il d'un petit air timide.
Je relève la tête vers lui, surprise et tétanisé de peur. Suis-je encore hystérique ?
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Salut !
Dites-moi ce que vous en avez pensé ?
Et vos idées pour la suite si vous en avez.
A bientôt !