IVPar cet après-midi de juillet, le docteur Mainsville arpentait d’un pas nerveux les bois qui entouraient le manoir de Trenarvan. Il était agité par de multiples soucis, et ces soucis, il ne pouvait ou ne savait y porter remède, ce qui augmentait son déplaisir. D’abord, tandis qu’il revenait quelques jours plus tôt de l’un de ses fréquents séjours à Paris, son cabriolet avait été arrêté plusieurs fois par des troupes d’hommes armés, soldats républicains ou conjurés royalistes ; les uns comme les autres le regardaient de travers, avaient fouillé de fond en comble ses bagages (heureusement, il n’emportait jamais d’argent avec lui), et enfin l’avaient obligé à crier « Vive la nation ! » ou «Vive le roi ! » selon les cas. Mainsville ne demandait pas mieux que de crier tout ce qu’on voulait

