Chapitre XXXII M. Donis n’avait point donné les premières années de sa jeunesse à l’amour, et si à trente ans il avait épousé, lui déjà riche, une jeune fille sans fortune, ce n’était point parce qu’il cédait à la passion, mais seulement parce que cette jeune fille lui paraissait réunir les qualités de simplicité, d’honnêteté et de tendresse qu’il voulait trouver chez sa femme. Devenu veuf, il s’était enfermé dans le travail et ce qu’il avait d’activité et de forces avait été employé et usé dans les affaires. Pendant quinze ans, il avait mené une vie fiévreuse, où il n’y avait place ni pour la distraction ni pour la rêverie. Mais alors le hasard lui avait fait rencontrer mademoiselle du Prada, et pour la première fois, il avait compris que la fortune est impuissante à nous cuirasser co

