L’idéal

2298 Words

L’idéal Montaldo aimait à passer le mois de septembre à Paris à cause de la ville un peu déserte. Riche, désœuvré, misanthrope, il s’y livrait mieux à un dilettantisme d’une sorte très particulière : la flânerie, qu’il s’était mis à pratiquer comme un art, un art très subtil, prétendait-il, complexe et amer, qui avait aussi ses délices, ses affres, ses trouvailles. Quel émoi de diagnostiquer les passants, la mer des passants, la forêt des passants, qui seuls pouvaient consoler de ne pas vivre près de la vraie mer, près de la vraie forêt, et rendaient les grandes cités habitables. Donc, en ses sagaces promenades, il prenait plaisir à conjecturer l’inconnu sur les visages, à sonder l’eau des yeux, à ausculter les âmes. Il y a ainsi bien des drames intérieurs, des mystères d’existence, des p

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