J'entre dans le bureau de mon patron, il est assis et consulte son ordinateur.
-Monsieur vous voulez qu'on parle des dossiers que j'ai résumés aujourd'hui ? Je lui demande.
-Oui c'est cela Catalina.
Je souris en m'avançant vers le bureau je prends place.
-En fait, j'ai travaillé sur le dossier de l'université que vous voulez construire au Népal et...
-Qu'en pensez-vous ? Me demande-t-il en levant son regard gris vers moi.
Je le regarde perplexe.
-Quoi ? D'après le pourcentage...
-Non, je ne parle pas de ce que l'entreprise y gagne Catalina. Dit-il en se levant de son siège pour s'approcher de moi. Il s'appuie contre son bureau.
-Je veux que vous me disiez ce que vous, vous pensez de cela.
J'avale péniblement ma salive, il est trop proche de moi. Beaucoup trop proche. Je peux sentir son odeur masculine envahir mes narines.
-Je...je trouve que c'est bien. C'est bien que vous prenez le temps de penser aux autres.
Il sourit. Mon Dieu comme il est beau.
-Et qui vous dit que je fais ça par bon cœur, et non car je pense que c'est un bon investissement pour mon entreprise ? Me demande-t-il en me regardant intensément.
Mon corps tremble, mon cœur bat la chamade, et je ne parle même de ce qui est en train de se produire entre mes jambes.
William faisait ça pour le bien de son entreprise, Ryan Carter le fait car il a un bon cœur j'en suis sure, et pas que ça...
-Je le sais, c'est tout, je sais que vous avez un grand cœur.
Il hausse ses épaules en me fixant toujours.
-Peut-être que vous vous tromper. Me dit-il.
Je souris à mon tour.
-Non, je ne crois pas. Je ne me trompe jamais sur les personnes. Et je sais que vous faites cela car vous savez ce que ces enfants endurent. Après tout personne ne connait votre passé.
Il plisse les yeux. Ensuite il se redresse et se dirige vers la baie vitrée.
-Et est-ce mal d'avoir un passé douloureux ? Me demande-t-il le dos tourné.
-Tout dépend en fait. Dis-je.
Je ne sais pas quel est le passé de Ryan Carter, mais ce que je sais, c'est que ça n'aurait pas dû être facile.
Lui, debout, regardant New-York et toutes ses lumière est une image digne d'une œuvre d'art exceptionnelle.
-Développez. Dit-il en se tournant vers moi.
-Tout dépend de la façon dont on évoque notre passé. Si vous voulez tout savoir, vous n'oublierez jamais votre passé, ça sera une partie de vous qui vous hantera jusqu'à votre dernier souffle. Mais contrairement à d'autre personne, au lieu d'essayer d'effacer ce qu'on ne peut pas effacer, vous transformez le sens de votre vécu en offrant à ces pauvres enfants l'aide que vous n'avez pas eu.
Durant un instant je remarque que ses yeux brillent, c'est impressionnant et déroutant à la fois.
-Et vous savez tout ça alors qu'on se connaît depuis seulement quelques heures ? Me demande-t-il en affichant un faible sourire.
Je me lève et je souris à mon tour.
-Je vous l'ai dit, je ne me trompe jamais sur les personnes, c'est comme un sixième sens.
-Et vous alors ? Comment vous évoquer votre passé ? Me demande-t-il. Je sens mon cœur se serrer.
-Vous savez lorsqu'on reste trop longtemps tourné vers le passé, c'est difficile de s'en détacher. Au revoir monsieur Carter, passez une bonne soirée. Et vous trouverez toutes les informations du dossier Népal sur ce document. Dis-je en faisant allusion au dossier que je lui avais apporté.
-Merci, mais j'aimerai vous dire une chose Catalina. Dit-il en s'approchant de moi.
-Vous avez vu juste, mais ce que vous ne savez pas Catalina c'est ce qui m'a aidé à avancer est le fait que je considère le passé comme une bénédiction parce qu'il est riche d'enseignements.
Je souris faiblement. S'il savait...s'il savait que ma vie a été un tourment de douleur et de souffrance que je ne souhaiterai à personne, pas même à mon pire ennemi.
-Malheureusement, je n'ai pas eu de bons professeurs. Dis-je en quittant son bureau le cœur lourd. Mon passé, je préfère juste l'oublier et passer à autre chose.
Qu'est-ce qu'il vient de se passé avec mon patron ? Notre discussion était plutôt intime. Avec lui, je me sens bizarre, comme si je le connaissais depuis longtemps et que j'étais prête à lui dévoiler la partie que je n'aimerai montrer à personne.
Lorsque je quitte le building j'inspire profondément l'air frais de la soirée. Puis je commence à marcher, je vois que la ville de New-York est toujours active. Même à cette heure-ci les rues sont pleines.
Une fois à mon appartement, je referme la porte à clef en me souvenant de la voiture qui m'avait suivi ce matin. Un vrai supplice !
J'entre dans ma cuisine pour chercher quelque chose à manger. Je me sens fatiguée pour cuisiner quoi que ce soit, et le frigo est vide.
J'ouvre le placard et je sors un paquet de biscuits fourrés aux chocolats, je l'ouvre te j'en prends un que je commence à croquer. Ensuite je prends mon téléphone pour envoyer un sms à Crystal.
Ça c'est bien passé finalement, j'ai travaillé tard.
Ps : tu n'as dit à personne que j'étais à NY ?
Une minute après mon téléphone vibre. Un sms de Crystal.
Super ! Tu me raconteras les détails.
Non, pourquoi ?
Je soupire, et si c'était moi qui me faisais des idées. Si cette voiture ne me suivait pas ?
Je tape un autre sms.
Non, pour rien.
Je m'assieds sur le plan de travail et je continue à grignoter mes biscuits en me connectant sur mon nouveau compte f*******:.
Trois minutes après mon téléphone commence à sonner. Crystal.
Je réponds.
-Qu'est-ce qu'il y'a ? Demande-t-elle à l'autre bout du fil.
-Rien du tout, tout à l'heure j'ai cru qu'une voiture me suivait. Mais je me suis trompé peut-être. Tu sais le stress...
Je l'entends soupirer.
-Kat écoute, je sais que ce n'est pas évident de tout recommencer, et le fait que tu es stressée, c'est tout à fait normal. Par contre, si tu as cru que cette voiture te suivait c'est qu'il y'a une raison.
Je repose le paquet de biscuit.
-Tu crois qu'elle me suivait vraiment ?
-Je ne sais pas, mais si tu as un autre doute que quelqu'un te suit va voit la police.
Je ris nerveusement.
-Tu crois vraiment que la police pourra faire quelque chose ?
-Non, je sais que non, mais elle les ralentira le temps que...
-Quoi ? Que je m'enfuie ? Encore une fois ? Tu veux dire que je vais passer ma vie à fuir mon passé ? Non Crystal, pas cette fois-ci.
-Il est dangereux Kat...
-Je sais, mais je peux le gérer.
-Kat...promets-moi que tu feras attention.
-Je te le promets. Lui dis-je.
-Bien, et maintenant raconte-moi ta journée !
Nous discutons comme on le fait souvent. Je lui raconte tout ce qui s'est passé aujourd'hui, je lui demande des conseils sur le dossier Stevens, car Crystal est une grande avocate, elle gère souvent des dossiers semblables, et je pense qu'elle n'a jamais perdue une affaire.
Avant de me coucher je repense à la discussion que j'ai eue avec monsieur Carter. C'était étrange, je ne saurai décrire ce qui c'était passé, j'ai trouvé la situation très profonde. Quand je ferme les yeux, le regard gris puissant et profond de Ryan Carter me fixe, il me fixe comme si j'étais une chose exotique. Rien que de ressentir ça mon corps tremble de frissons et mon cœur bat la chamade.