Quoique Simbad eût prononcé ces mots avec le plus grand sang-froid, ses yeux avaient lancé un regard de férocité étrange. « Vous avez beaucoup souffert monsieur ? » lui dit Franz. Simbad tressaillit et le regarda fixement. « À quoi voyez-vous cela ? demanda-t-il. — À tout, reprit Franz : à votre voix, à votre regard, à votre pâleur, et à la vie même que vous menez. — Moi ! je mène la vie la plus heureuse que je connaisse, une véritable vie de pacha ; je suis le roi de la création : je me plais dans un endroit, j’y reste ; je m’ennuie, je pars ; je suis libre comme l’oiseau, j’ai des ailes comme lui ; les gens qui m’entourent m’obéissent sur un signe. De temps en temps, je m’amuse à railler la justice humaine en lui enlevant un bandit qu’elle cherche, un criminel qu’elle poursuit. Puis

