Cela faisait déjà quelques semaines que le détective enquêtait sur nos proches à Adaline et à moi. Rose et moi étions officiellement en couple. Tout allait bien dans le meilleur des mondes pour moi. Il ne me restait plus qu'à retrouver ma mère pour que mon bonheur soit complet, j'y croyais dur comme fer. J'avais enfin une petite amie que j'aimais vraiment mais je ne pouvais même pas partager cette nouvelle avec mon père. Il se serait sûrement dit que je suis passé de l'autre côté. Il aurait essayé d'empoisonner mon esprit en me disant que Rose me manipulait. J'ai donc préféré garder cette heureuse nouvelle pour moi. Je ne comptais pas cacher cette vérité à mon père indéfiniment, j'attendais le bon moment. J'attendais que le détective me dise qu'il a retrouvé ma mère afin de la réconcilier avec mon père. Ainsi donc, je pouvais annoncer à mes parents qu'il y avait une femme dans ma vie. C'était très difficile pour moi de cacher une telle vérité à mon père mais il le fallait. Je ne voulais perdre ni Rose, ni mon père. Donc je jouais à ce double jeu. Je redoutais juste une autre visite surprise de mon père. J'essayais de m'aménager autant que je pouvais. Je construisais un équilibre entre mon travail au centre et Rose, la femme de ma vie. Je m'investissais à fond dans cette relation car je voulais vraiment que ça marche. Je sais que ça peut paraître étrange mais je savais pertinemment que Rose ne m'aimait pas encore. Elle ne ressentais que de l'attirance envers moi. Du moins, c'est ce que je croyais. C'était à moi, de l'emmener à m'aimer. Et moi de mon côté, je ne pouvais pas expliquer ce que je ressentais pour elle. C'était si profond ! C'était ce qu'on appelait communément un coup de foudre. Je suis tombé amoureux au premier regard. Je savais pertinemment que la base d'une relation était la complicité car celle ci englobait la confiance et toutes les autres choses indispensables pour le bon développement d'une relation amoureuse. Je faisais donc beaucoup d'efforts pour que Rose me connaisse mieux. Je voulais connaître chacun de ses petits défauts et je voulais aussi qu'elle sache les miens. Un jour, alors que Rose passait le weekend chez moi, elle s'ouvrit à moi comme jamais une autre femme l'eût fait au paravent. Il était environ 23 heures et nous regardions un de ces horribles films mélodramatique qu'elle adorait. Subitement, Rose éteint la télévision.
- Toi aussi tu en avais marre de ce film à la noix? lui dis je en souriant.
- Mais non! Donc c'est l'opinion que tu as de mes films?
- Bah oui!
- Merci pour la sincérité ! me dit elle d'un ton sarcastique.
- Tout l'honneur était mien très chère !
Après lui avoir dis cela, je lui donnai un b****r.
- Mais pourquoi les regardes tu avec moi tout le temps si tu les trouves horribles?
- Et bien, parce que tu les aimes et moi je t'aime.
Quand je dis cela, Rose ne dit rien pendant quelques secondes et fondit en larmes. Ah! Les femmes! Je ne comprenais pas ce que j'avais dit de si grave pour susciter en elle de la tristesse au point de la faire pleurer. Je lui fit un câlin en lui murmurant " je suis désolé" à l'oreille. Elle se ressaisit.
- Ne sois pas désolé car je t'aime aussi, déclara Rose.
Je comprenais enfin la cause de cette réaction. Je lui avais dit que je l'aimais et quand j'y pense, c'était la toute première fois que je le lui disais. Certes je l'avais dit par inadvertance mais je le pensais vraiment.
- Excuse moi Viane de m'être effondrée ainsi. C'est juste que c'était la toute première fois que tu me disais que tu m'aimes. Ça m'a touchée de savoir que tu m'aimes au point de faire de choses que tu n'apprécies pas juste pour me faire plaisir.
- Je suis ravi aussi de savoir que tu m'aimes mon amour. Si seulement tu pouvais entrer en moi et ressentir le festival d'émotions qui bouillonnent en moi en ce moment !
- Puis que nous en sommes à ce stade là, je pense que tu devrais me connaître d'avantage. Je n'aimerais rien te cacher. Il y'a un truc sur moi que je ne t'ai pas dit. Je cherchais le bon moment mais je me rend compte aujourd'hui qu'il n'y a pas de bon moment. Et si tu décides de rompre avec moi après avoir entendu ce que j'ai à te dire, alors je ne t'en tiendrai pas rigueur.
- Mais que dis tu ma chérie ! Je suis prêt à te soutenir peu importe la situation. Regarde moi et grave toi dans la tête que je t'aime et je suis prêt à tout pour rester à tes côtés.
- Te souviens tu de notre première rencontre ? me demanda t- elle.
J'hésitais quelque peu à lui donner ma réponse. Je savais que notre première rencontre avait été très embarrassante pour elle. Mais je voulais tellement savoir ce qui lui arrivait à cette époque que je ne croyais pas que j'étais sur le point de le savoir.
- Oui, je m'en souviens. C'était la fois où je t'ai trouvé en larmes dans un coin sombre du centre.
- Effectivement, si j'étais dans cet état, c'était pour une raison particulière.
Elle hésitait beaucoup à continuer sa phrase. Quand je la vis dans cet état, je su que c'était plus grave que ce que j'avais pu imaginer. Je ne voulais donc pas la brusquer, j'avais envie qu'elle me le dise tout naturellement. Voilà pourquoi je lui tenait la main et surtout, je ne disais rien. Je savais très bien qu'il fallait qu'elle ressente qu'elle a du soutien. Après tout, j'étais médecin et je savais m'y prendre avec les gens. Elle garda le silence pendant un long instant et puis, elle se lança.
- En fait, ce que je veux te dire c'est que j'ai appris ce jour là que j'étais atteinte d'une pathologie cardiaque assez rare.
J'avais tout plein de questions. Je voulais savoir de quel maladie cardiaque elle souffrait mais je ne voulais pas la brusquer non plus. Alors, je la serrai très fort dans mes bras afin de la réconforter.
- Pardonne moi Viane de t'avoir cacher une telle vérité. Je sais que je suis égoïste car je t'ai laissé tomber amoureux d'une femme malade. Me disait elle en pleurant à chaudes larmes.
- Shut... ne dis pas ça Rose. Qui t'a dit que ça me dérangeais que tu sois malade! Je ne te l'ai jamais dit mais je t'aime depuis la première fois que j'ai posé mon regard sur toi. Ce jour là au centre, quand tu t'ai jeté sur moi pour me serrer dans tes bras, j'ai su que tu étais celle qu'il me manquait. Sache que je t'aime malgré tout.
- Je suis désolée... Je suis désolée chéri.
Je l'enlaçai puis je lui donnai à nouveau un b****r. J'avais besoin qu'elle se sente aimé et soutenu. J'avais déjà tout au long de ma vie annoncé aux gens de mauvaises nouvelles donc je savais très bien comment m'y prendre avec Rose. Néanmoins, je me sentais très mal de la savoir malade car elle était la femme que j'aimais.
- J'allais oublié, la fois où j'étais en voyage humanitaire, c'était ma toute dernière mission en tant que enseignante de cette organisation. J'ai déposé ma démission ensuite en présentant mon carnet médical.
- Je t'aime Rose.
J'étais profondément touché de savoir qu'elle s'était ouverte à moi ainsi. Ce n'est qu'en ce moment que je compris l'étendu de son amour pour moi. Je me sentais donc obligé de lui ouvrir mon coeur aussi. Mais une autre fois peut être car elle était très éprouvée ce jour là, je ne voulais pas en rajouter. Je comptais bien lui demander de quelle pathologie spécifique elle souffrait mais pas ce soir là. Je montai dans ma chambre pour chercher un drap de lit et on dormit tous les deux sur le fauteuil du salon.