Je hochai la tête. Mon cœur battait trop fort.
2. Safewords — règle fondamentale
2.1 — Jaune signifie : ralentis, ajuste, je suis près de ma limite.
2.2 — Rouge signifie : arrête immédiatement. Toute activité cesse, sans discussion, sans question, sans délai.
2.3 — L’usage du safeword n’entraîne jamais de punition, ni de reproche, ni de sanction d’aucune sorte.
« Pourquoi tu insistes là-dessus ? » demandai-je.
« Parce que c’est la seule règle qui ne se négocie pas. Si tu dis Rouge et que je continue, ou si je te punis pour l’avoir dit, alors je suis un agresseur, pas un Dominant. Il n’y a pas de zone grise. »
3. Limites strictes (interdits absolus, non négociables)
Aucune des pratiques suivantes ne pourra avoir lieu, sous aucun prétexte :
Tout acte avec un mineur ou impliquant des mineurs, même en jeu de rôle.
Tout acte avec un animal.
Tout acte impliquant scatologie, urophilie.
Tout acte impliquant le sang, la perforation, les coupures, les aiguilles.
Tout acte de contrôle de la respiration.
Tout acte laissant des marques permanentes (cicatrices, brûlures, tatouages non consentis).
Tout acte sous l’emprise de l’alcool ou de drogues altérant le consentement.
Je m’arrêtai à la section 4. Limites négociées :
Bondage (limites de durée, points de pression, signal de circulation).
Fessée, cravache, martinet (intensité graduée, mots de passe systématiques).
Humiliation verbale (mots autorisés et mots interdits listés en annexe).
Partage avec un autre partenaire (uniquement avec accord préalable et révocable de la soumise jamais imposé).
Je relevai la tête.
« Cette ligne. Partage avec un autre partenaire. »
« Quoi ? »
« Tu pensais à Claire. »
Il soutint mon regard.
« Je ne pensais à personne. La clause existe parce qu’elle doit exister, pour que ce soit clair que ça ne se ferait jamais sans ton accord. Si tu veux, on la raye. C’est toi qui décides. »
« Et Claire ? »
Là, il posa les mains à plat sur le bureau.
« On va en arriver à Claire. Finis de lire. »
Je refermai la chemise. J’avais les mains moites.
« C’est différent de ce que je pensais. »
« Différent comment ? »
« Plus… je ne sais pas. Plus prudent. »
Marc eut un demi-sourire — le premier de la matinée.
« Il y a deux types de Dominants, Emma. Ceux qui veulent une soumise, et ceux qui veulent une victime. Si tu cherches le second, tu t’es trompée d’homme. Pars maintenant, je ne t’en voudrai pas. »
Je le regardai. Vraiment.
« Et… nous deux, alors ? Qu’est-ce que c’est ? »
Là, sa voix changea. Plus basse.
« C’est exactement ce qui est écrit dans le contrat. Pas plus. »
« Pas d’amour. »
« Non. »
« Pas de "on verra plus tard". »
« Non. Je ne vais pas tomber amoureux de toi, Emma. Je ne te le promets pas, parce que je n’ai aucune intention d’essayer. Si tu signes en espérant le contraire, tu vas te faire mal et je vais te faire mal sans le vouloir, et c’est précisément ce que ce contrat existe pour empêcher. »
J’avalai ma salive.
« D’accord. »
« D’accord quoi ? »
« D’accord, j’ai compris. »
Il hocha la tête.
« Alors la dernière chose. Claire. »
« Claire est ma soumise depuis quatre ans. Notre contrat est en cours. Je ne le romps pas pour toi. »
« Pourquoi ? » Ma voix est plus dure que je ne le voulais.
« Parce qu'elle n'a rien fait de mal. Parce que je ne traite pas les gens comme des choses qu'on remplace quand quelque chose de plus jeune arrive. Et parce que si je rompais avec elle pour toi, le message que ça t'enverrait serait : je peux disposer des autres pour toi, et c'est précisément le genre de message qui pourrirait ce qu'on essaie de construire. »
« Donc tu nous gardes toutes les deux. »
« Si tu signes, oui. Avec le consentement explicite des deux parties. Claire est au courant que je te parle aujourd'hui. Elle sait que je te propose un contrat. Elle a son mot à dire — pas un droit de veto sur toi, mais un droit de renégocier son contrat avec moi à la lumière de ce changement. C'est ce qu'on fait ce soir. »
Je serre les poings.
« Et si je veux l'exclusivité ? »
« Alors tu ne signes pas ce contrat-là. Tu peux refuser. Tu peux me dire : je veux quelqu'un qui ne soit qu'à moi, et je te répondrai : tu as raison, et ce n'est pas moi. On se serrera la main. Tu trouveras quelqu'un d'autre. »
Je détourne les yeux. Une larme tombe sur la chemise cartonnée. Je l'essuie.
« Je ne veux pas trouver quelqu'un d'autre. »
« Je sais. »
« Mais je ne veux pas partager non plus. »
« Je sais ça aussi. Et c'est pour ça que ttu vas réfléchir. Pas une heure. Pas une nuit. Une semaine. Tu reviendras, ou tu ne reviendras pas. Si tu reviens, on signe. Si tu ne reviens pas, on se croise au prochain dîner et on se sourit poliment. »
« Une semaine. »
« Une semaine. »
Je me lève. Mes jambes tiennent à peine.
« Et hier soir ? » Je n'arrive pas à le regarder.
Il prend son temps avant de répondre.
« Hier soir était une erreur, Emma. Pas parce que tu ne le voulais pas — tu le voulais. Pas parce que je ne le voulais pas — je le voulais. Mais parce qu'on l'a fait sans rien de tout ça. » Il pose la main sur la chemise. « Et je ne recommence pas tant que ça n'est pas signé. »
« Donc ce qui est arrivé hier— »
« N'arrivera plus avant que tu aies décidé, en pleine conscience, dans une semaine. »
Je suis presque à la porte quand je m'arrête.
« Tu m'as dit, tout à l'heure… que je m'étais assise sans permission. »
« Oui. »
« Tu ne… ? »
Il lève un sourcil.
« Je ne quoi ? »
« Tu ne me punis pas pour ça ? »
Marc me regarde longtemps. Et puis il rit — un rire bref, un peu triste.
« Emma. On n'a pas signé. Tu n'es pas ma soumise. Je n'ai aucun droit sur ton corps. M'asseoir sans permission, dans la vie normale, ce n'est pas une faute. Ce n'est même pas impoli. C'est juste… s'asseoir. »
« Mais quand on aura signé— »
« Quand on aura signé, et si on signe, alors il y aura des codes. Tu apprendras à attendre que je te le demande. Et si tu ne le fais pas, oui, il y aura une correction, parce que tu auras choisi d'entrer dans un cadre où ce geste-là a un sens particulier. Mais aujourd'hui, ce cadre n'existe pas. Aujourd'hui tu es Emma, et tu t'es assise dans un fauteuil. C'est tout. »
Je reste figée à la porte.
« Alors hier soir— »
« Hier soir, je t'ai dit, était une erreur. La fessée d'hier soir était une erreur et tout ce qu'il a eu . Pas parce qu'elle t'a déplu je sais qu'elle ne t'a pas déplu. Mais parce qu'on l'a faite sans cadre. C'est exactement ce que je n'aurais pas dû faire, et c'est pour ça que je veux qu'on signe avant de continuer. » je ne regrette pas mais une bonne reflexion de ton coté et le mien s 'impose si vraiment nous souhaito,s poursuivre dans cette lancée.
Ma main est sur la poignée.
« Marc. »
« Oui. »
« Si je reviens dans une semaine. »
« Oui. »
« Tu seras là ? »
« Je serai là. »