đź“– Chapitre 3 : Gueule de bois et Soie Fine
(Point de vue : Clara)
Le soleil parisien avait le don d'être insultant de bonne heure, surtout après une nuit où le mot "contrat" avait été joyeusement foulé aux pieds. Un rayon particulièrement agressif traversait les rideaux en velours de la suite de Julien, frappant directement mes paupières. Je grognai, cherchant à m'enfouir sous les draps qui sentaient... lui. Un mélange entêtant de bois de santal et de mon propre musc, résolument pas professionnel.
Le souvenir de la limousine me revint en pleine face comme une gifle de caféine. Merde. J'avais baisé mon patron. Enfin, techniquement, c'était ses doigts et sa bouche qui avaient fait le gros du travail pendant que je luttais pour ne pas hurler son nom à travers les vitres teintées de sa voiture à 300 000 euros. Dix millions de dollars. C'était le prix de ma dignité, et apparemment, j'étais bradée parce que j'en avais redemandé. Le corps est faible, n'est-ce pas ? Surtout quand il est sous le charme d'un s****d arrogant aux doigts de fée.
Je me redressai, la soie rouge de ma robe froissée gisant au pied du lit comme une flaque de sang. Julien, lui, était déjà debout. Il était devant la fenêtre, un espresso à la main, vêtu d'un peignoir sombre qui laissait deviner une musculature bien trop parfaite pour un homme qui passait ses journées derrière un bureau. Mes yeux s'attardèrent un instant sur la courbe de ses fesses sous la soie, avant que ma conscience ne me rappelle à l'ordre.
— Vous êtes enfin réveillée, lança-t-il sans se retourner. Je commençais à croire que j'avais achevé ma secrétaire.
— Dans vos rêves, De Vane. J'analysais juste la situation. Et la situation dit que vous me devez déjà un bonus pour "services exceptionnels rendus hors contrat". Et accessoirement, votre machine à café à cinquante mille euros fait un café qui a moins de goût que celui que je me faisais avec du soluble chez ma mère. C'est scandaleux pour ce prix.
Il se retourna, un sourcil levé, l'air redevenu ce PDG glacial que je détestais. Mais je vis son regard descendre sur mes épaules dénudées, puis plus bas, là où la couette glissait dangereusement.
— Le contrat ne mentionnait pas que vous prendriez autant de plaisir à briser la clause de non-toucher, Clara.
— Oh, ne soyez pas modeste. Vous étiez tellement désespéré de me toucher que vous auriez signé un chèque de vingt millions si je vous l'avais demandé pendant que vous aviez le nez entre mes jambes. Et vu le peu de sommeil que j'ai eu grâce à vos... explorations, je devrais probablement exiger le double.
(Point de vue : Julien)
Elle était insupportable. Magnifique, ébouriffée, provocante et absolument insupportable. Je brûlais d'envie de retourner dans ce lit et de lui prouver que c'était moi qui menais la danse, mais mon téléphone, posé sur la table de nuit, ne s'arrêtait plus de vibrer. Le nom de mon père s'affichait en lettres capitales. Je savais que la tempête allait frapper.
— Regardez ça, dis-je en lui lançant l'appareil.
Elle l'attrapa au vol. La Une de Paris-Scandale affichait une photo floue, mais sans équivoque : moi, la plaquant contre le cuir de la limousine, ma main disparaissant sous sa robe rouge. Le titre était écrit en lettres capitales : "L'HÉRITIER DE VANE SUCCOMBE À SA SECRÉTAIRE : UN MARIAGE OU UN SCANDALE ?"
— On dirait que votre père a eu ce qu'il voulait, commenta Clara, un sourire narquois aux lèvres. Mais ils ont raté mon meilleur profil.
Elle me rendit le téléphone. Je répondis. — Père, pas le moment...
— Pas le moment ? rugit-il à travers le combiné. Les titres ! Les actions grimpent en flèche ! C'est ce que je voulais ! Alors, quand est la date, Julien ? Et où est ma future belle-fille ? Qu'elle me parle !
Je levai les yeux au ciel. Clara, qui écoutait avec une oreille indiscrète, attrapa le téléphone et activa le haut-parleur.
— Bonjour, cher beau-père ! C'est Clara. Oh, Julien est juste... un peu occupé avec moi là . Il a du mal à se contrôler ce matin, vous savez. Trop d'énergie !
Elle se pencha vers le téléphone, puis vers moi. Sa main glissa sur ma cuisse sous le peignoir, remontant avec une lenteur exaspérante. Je sentis mes muscles se contracter.
— D'ailleurs, il est en train de me dire à quel point il est pressé de nous marier. N'est-ce pas, mon amour ? Hmmmm...
Elle appuya ma main contre elle, et je n'eus d'autre choix que de la faire glisser sur la douce courbe de sa hanche. L'effet fut immédiat : la voix de mon père, à l'autre bout du fil, se fit plus joviale.
— Ah, ça, c'est ce que j'aime entendre ! Passion ! Réservez le grand salon du Ritz. Et vite ! Je veux une annonce officielle avant ce soir !
Il raccrocha. Je fixai Clara, livide. — Vous avez manipulé mon père ! Et ma main !
— J'ai juste aidé le destin, chéri. Et votre main... elle semblait apprécier le paysage. Mais vous avez raison, nous avons une annonce à faire. Et pour cela, il faut sortir.
Je m'approchai d'elle, posant mes mains de chaque côté de ses hanches sur le matelas. L'odeur de la nuit passée flottait encore entre nous, plus enivrante que jamais.
— Vous vouliez de l'argent, Clara. Maintenant, vous allez avoir la célébrité. Mais rappelez-vous : devant les caméras, vous êtes à moi. Et après ce qui s'est passé dans cette voiture... je pense que nous devrions réviser la clause de "non-consommation".
Elle passa ses bras autour de mon cou, tirant sur les revers de mon peignoir pour m'attirer plus près. Sa poitrine effleura mon torse, et l'électricité revint instantanément.
— On peut la réviser, Julien. Mais chaque caresse au-delà de la ceinture vous coûtera une option d'achat d'actions supplémentaire. Vous êtes prêt à devenir pauvre pour b****r votre femme ?
Je ne répondis pas. Je fis glisser ma main sous les draps, trouvant la chaleur de sa chatte encore sensible. Elle laissa échapper un petit cri de surprise qui se transforma vite en un gémissement de plaisir lorsqu'elle sentit mon doigt pénétrer son intimité encore humide, effleurant son c******s gonflé.
— Je suis milliardaire, Clara, murmurai-je contre ses lèvres. Je peux me permettre de tout perdre, tant que je vous ai en dessous de moi à la fin de la journée. Et je crois que ça ne fait que commencer.
Elle haleta, ses hanches se soulevant inconsciemment pour mieux s'offrir à mes doigts. Mes yeux rencontrèrent les siens, et je vis l'étincelle de défi, mêlée d'un abandon pur.
— Habillez-vous, ordonnai-je, ma voix rauque. On sort. Je vous ai fait préparer une robe et une parure.
— Pour me faire pardonner d'avoir v***é le contrat ? fit-elle, un sourire coquin aux lèvres.
— Pour que vous ressembliez à la femme d'un milliardaire. Même si ce n'est qu'une façade.
Clara gloussa. — Une façade que votre main a adoré traverser, n'est-ce pas ?
Dix minutes plus tard, elle apparut vêtue d'une robe ajustée couleur saphir, assortie à une rivière de diamants autour du cou. Elle était à couper le souffle. J'ouvris la porte de la suite, et les flashes des paparazzis crépitèrent comme une mitraillette.
— C'est pour compenser la taille de votre... ego ? me glissa-t-elle à l'oreille, un rire contenu.
— C'est pour vous donner une illusion de choix, répliquai-je en la serrant contre moi pour la photo. Et croyez-moi, vous n'aurez pas d'autre choix que de m'aimer.
Elle me regarda, son sourire de prédatrice intact, et je sus que le jeu ne faisait que commencer. Et que j'étais déjà en train de perdre.