📖 Chapitre 4 : Le Piège de Cristal

1094 Words
📖 Chapitre 4 : Le Piège de Cristal (Point de vue : Julien) Le trajet vers le domaine familial des De Vane se fit dans un silence chargé, interrompu seulement par le froissement du journal que Clara feuilletait avec un plaisir manifeste. Elle jubilait. Voir sa photo en couverture de tous les tabloïds parisiens semblait lui procurer une satisfaction presque indécente. Pour elle, c’était une victoire tactique ; pour moi, c’était le début d’une chute libre sans parachute. — Vous devriez sourire un peu plus, Julien. On dirait que vous allez à votre propre exécution plutôt qu'à l'annonce de vos fiançailles, lança-t-elle sans quitter le papier des yeux. — C’est sensiblement la même chose, répliquai-je en serrant le volant. Mon père a déjà invité la moitié du bottin mondain pour un cocktail improvisé. Il veut s’assurer que le piège se referme bien sur nous avant que je ne puisse changer d’avis. — Oh, ne soyez pas si dramatique. Regardez le bon côté des choses : la bague que vous m'avez donnée ce matin pèse au moins trois carats. C’est un excellent amortisseur pour ma dignité. Je jetai un regard à sa main droite. Le diamant étincelait sous le soleil de l'après-midi. Elle le portait avec une telle assurance qu'on aurait pu croire qu'elle était née pour ça. Clara n'était pas juste une secrétaire qui jouait un rôle ; elle était en train de devenir le centre de gravité de mon univers, et cette réalisation me terrifiait plus que la menace de mon père. (Point de vue : Arthur de Vane - Le Patriarche) Je les vis arriver depuis la terrasse du grand salon. Julien marchait avec cette raideur qui lui servait d'armure, mais Clara... Clara était parfaite. Elle avançait avec une élégance sauvage, son bras glissé sous celui de mon fils. Elle ne se contentait pas d'être à ses côtés, elle le dominait par sa simple présence. — Enfin ! m'exclamai-je en descendant les marches pour les accueillir. Le couple de l'année. Je serrai Julien dans mes bras — un geste qu'il détestait — avant de me tourner vers Clara. Je pris sa main et déposai un b****r sur ses doigts, sentant la pierre froide du diamant. — Ma chère Clara, vous avez réussi l'impossible. Vous avez enfin posé ce jeune fou. Je n'ai jamais vu mon fils aussi... distrait. C’est exactement ce dont cette famille avait besoin. Un peu de sang neuf, un peu de feu. Je vis le regard de Julien s'assombrir. Il savait que je lisais en lui comme dans un livre ouvert. Il ne l'avait pas épousée par amour, pas encore, mais le désir qu'il éprouvait pour elle était si palpable qu'il aurait pu mettre le feu aux rideaux. Mon petit-fils allait enfin s'installer, assurer la lignée, et tout cela grâce à cette petite "chatte sauvage" qui avait plus de cervelle que tous mes directeurs financiers réunis. — Nous sommes très heureux, Père, grinça Julien. Mais ne précipitons rien. — Ne sois pas modeste, Julien ! L'église est déjà réservée. Le monde attend de voir le mariage du siècle. (Point de vue : Clara) Le patriarche était un vieux renard, mais je savais comment caresser les renards dans le sens du poil. Je sentais la tension de Julien à côté de moi, son corps était dur comme de la pierre. Je décidai d'en rajouter une couche, juste pour le voir bouillir. — Oh, Monsieur de Vane, Julien est simplement timide, dis-je en me serrant contre lui, ma poitrine s'écrasant contre son bras. Il s'inquiète seulement de savoir si je vais pouvoir supporter son tempérament... exigeant. Mais je lui ai assuré que j'adorais les défis. Surtout ceux qui se règlent en privé. Je lançai un regard provocateur à Julien. Ses yeux brûlaient. Il comprit immédiatement le double sens. Sous mon air angélique, je lui rappelais la nuit dernière, la limousine, et la façon dont il avait supplié pour que je ne m'arrête pas. Le cocktail fut une succession de sourires hypocrites et de félicitations forcées. Mais à chaque fois qu'un homme s'approchait trop près de moi, je sentais la main de Julien se resserrer sur ma taille. Sa jalousie était primitive, délicieuse. Il ne jouait plus la comédie ; il marquait son territoire. Vers la fin de la soirée, Julien m'entraîna de force vers la bibliothèque, loin des invités. Il referma la porte et me plaqua contre les boiseries sombres avant même que j'aie pu dire un mot. — Vous jouez à un jeu très dangereux, Clara, murmura-t-il, son visage à quelques centimètres du mien. — Je croyais que c'était le but du contrat, Julien. Rendre votre père heureux. Regardez-le, il est aux anges. Il pense déjà aux futurs héritiers De Vane. — Ne parlez pas d'héritiers, grogna-t-il en enfouissant son visage dans mon cou. Vous me rendez fou. Cette robe, cette façon que vous avez de me défier devant tout le monde... Ses mains glissèrent sur mes hanches, soulevant légèrement le tissu de ma robe de cocktail. Je sentis l'air frais sur mes jambes, puis la chaleur de ses paumes. Mon cœur s'emballa. L'humour et la provocation s'effacèrent pour laisser place à ce besoin viscéral que lui seul savait éveiller. — On est dans la maison de votre père, Julien... murmurai-je, bien que mes mains soient déjà en train de défaire sa ceinture. — Il veut de la passion ? Il va en avoir, répondit-il en m'embrassant avec une faim dévorante. Il me souleva et m'installa sur le grand bureau en chêne, balayant des dossiers importants d'un revers de main. J'écartai les jambes, l'invitant à entrer dans mon espace le plus intime. Sans quitter mes yeux des siens, il fit glisser son majeur dans mon intimité déjà trempée, me faisant cambrer le dos de plaisir. — Dix millions, Clara... murmura-t-il contre mon oreille alors qu'il ajoutait un deuxième doigt, explorant ma chatte avec une précision diabolique. C'est le prix pour que je ne vous dévore pas ici même. — Alors vous feriez mieux de commencer à économiser, haletai-je, car je n'ai aucune intention de vous faciliter la tâche. Il rit, un son sombre et charnel, avant de s'acharner sur mon c******s avec son pouce, déclenchant une vague de chaleur qui me fit gémir son nom malgré moi. À cet instant, dans la bibliothèque du patriarche, le mariage forcé ressemblait de plus en plus à la meilleure décision de ma vie. Le vieil Arthur, à l'autre bout du couloir, trinquait à notre bonheur, ignorant que son fils était en train d'honorer le contrat de la manière la plus explicite qui soit.
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