Tina
Quelques jours se sont écoulés depuis ma petite mise au point avec Mike. D'ailleurs, il est est devenu bien serviable et j'en profite largement. J'ai à peine dormi 1 H que je suis déjà debout. Le nouvel actionnaire a prévu une réunion tôt ce matin, et tout le personnel y est convié. Je suis d'une humeur de chien et je n'ai qu'une envie retournée câliner mon oreiller. Qui à idée d'organiser une rencontre à cette heure matinale.
Pour ne pas perdre de temps, quand je suis rentrée ce matin, j 'ai pris ma douche et enfiler une robe, mes cheveux se coiffent facilement et pas besoin de lissage puisqu'ils sont courts. Heureusement que nous sommes en été, sinon j'aurai été dans la panade. Je finis à peine mon café que, quelqu'un frappe à la porte. Je suppose que c'est Mike, puisqu'il m'avait prévenu qu'il passerait me chercher.
- J'arrive !
- Dépêche-toi Tina, nous ne sommes pas en avance.
J'ouvre la porte et il est accueilli par Cookie qui lui bondit dessus. C'est une grande histoire d'amour entre ces deux-là.
- Salut ma grande, comment vas-tu ?
- C'est à moi que tu parles ou à Cookie ?
- Ha, ha, très drôle Tina. Allez, on y va dans 5 minutes, nous sommes en retard.
- Laisse-moi le temps de récupérer ma canne dans ma chambre.
- Pas le temps, je t'accompagnerai ne t'en fais pas. Tes lunettes sont à l'entrée. On y va. Plus que quatre minutes.
Nous partons en direction de l'ascenseur et il me remet mes lunettes de soleil. Nous arrivons dans la salle de réunion et nous installons à côté de Stacy qui nous avait gardé des places. Nous n'avons pas le temps de discuter qu'un groupe de personnes entre dans la salle. Ben prend la parole.
- Bonjour à toute et à tous. Merci d'être venu malgré l'heure, surtout ceux qui ont travaillé cette nuit. Monsieur POWEL ne va pas tarder à arriver, il est actuellement dans l'ascenseur. Il souhaite connaître toute l'équipe, mais... Justement, le voici.
Un mélange de parfum mentholé et boisé envahi la pièce. Je suppose qu'il est bel homme vu les gloussements que Stacy n'arrête pas de faire. Tout ce que je peux distinguer, c'est une carrure imposante et une taille immense.
- Bonjour à tous et à toute, je suis Monsieur POWEL,
Sa voix est grave et dure. Il dégage autre chose, mais pour l'instant, je suis incapable de dire quoi. La main de Stacy me ramène à la réalité.
- Mademoiselle ?
Comme personne ne répond et que mon amie me secoue la cuisse, je suppose qu'il s'adresse à moi.
- Oui ?
- Pouvez-vous enlever vos lunettes, je vous prie ?
- Mais Monsieur...
- Non ! Laisse Mike. Je vais les enlever. Après tout Monsieur POWEL ne peut pas savoir que je suis malvoyante. Est-ce mieux comme ça ?
J'enlève mes lunettes et fixe en direction des ombres que j'entrevois en espérant que c'est là qu'il se trouve. Un silence assourdissant alourdit l’atmosphère pendant quelques secondes, puis un raclement de gorge se fait entendre.
-Hem ! Merci Mademoiselle ?
- Tina MAC WELL DUPRÉ
- Nous pouvons continuer.
Jack
J'ai encore passé une très bonne nuit. J'ai écouté une partie de son émission et le sommeil m'a vite rattrapé. Je suis un homme de logique et je ne comprends pas comment la voix de cette femme peut me détendre et me relaxer à ce point. C'est pour cela que j'ai besoin de la rencontrer. Peut-être que si c'est une mocheté, ça m'aiderait a me remettre les idées en place. C'est vrai, elle ne peut pas avoir une voix si ensorceleuse et réconfortante et être magnifique.
Je suis en retard de dix minutes à cause de Mitchel et Martha. Il est arrivé au moment où ma chère gouvernante hurlait de joie, qu'elle ne savait pas si j'avais rencontré une femme, ou si je prenais de médicaments, mais qu'elle était ravi de me voir dormir d'un sommeil si profond pour la énième fois.
Mon calme est vite retombé à cause de l'interrogatoire de ces deux fouineurs. Je les ai laissés et je suis allé me préparer, mais je réalise maintenant que c'était une mauvaise idée, ils ont certainement déjà imaginé un plan. Je vais, je pense déménager dans ma chambre pendant un moment et fermer la porte à clef.
Nous arrivons devant l'immeuble et mon chauffeur m'ouvre la porte. Mes avocats et mon assistant sont déjà sur place. Je monte dans l'ascenseur et arrive devant la porte. Je resserre ma cravate et entre sans frapper. Après tout, c'est moi qui ai demandé cette réunion. Le doux parfum de la dernière fois me monte au nez. Je cherche dans la pièce une femme avec une canne ou un chien, mais rien. Elle est peut-être allée aux toilettes. À mon passage, j'entends un gloussement. Je regarde rapidement et remarque deux femmes, c'est certainement la femme qui porte des lunettes de soleil. Je vais vite la recadrer.
- Bonjour à tous et à toute, je suis Monsieur POWEL. Je tenais à vous rencontrer pour pouvoir faire un point avec vous tous. Mais avant tout, Mademoiselle, mademoiselle !
Elle prend quelques secondes pour réaliser que c'est à elle que je m'adresse. Vu les gloussements qu'elle a lâchés à mon passage, je ne veux même pas imaginer à quoi elle pensait. Quoi que, elle n'est pas mal du tout, si ça se trouve... Non, je dois reprendre mes esprits, je suis ici pour une chose bien précise, voir cette Tina.
- Mademoiselle !
- Oui ?
- Pouvez-vous enlever vos lunettes, je vous prie ?
- Mais Monsieur...
- Non ! Laisse Mike. Je vais les enlever. Après tout Monsieur POWEL ne peut pas savoir que je suis malvoyante. Est-ce mieux comme ça ?
Cette voix ! Non, ce n'est pas possible. Ça ne peut pas être elle. Elle n'était pas censée être aussi éblouissante. Son timbre chaud, mais à la fois dur, met mon corps en émoi, une vague d'électricité me traverse. Et quand mes yeux tombent dans les siens, je tombe dans les limbes.
Je m'imaginai avoir à faire à une blonde, mais j'ai devant moi une magnifique afro- américaine, sa peau est lisse et brillante. Elle semble grande et, de ce que je vois, elle a les formes où il faut . Un bonnet c, 90, 95? Elle a les cheveux courts d'un noir éclatant. Et ses yeux, je n'en ai jamais vu d'autres avant de la sorte. Rien ne pouvait montrer qu'elle était malvoyante. Rien sauf... Les lunettes. Je me sens idiot sur le coup.
- Hem ! Merci Mademoiselle ?
- Tina MAC WELL DUPRÉ
- Nous pouvons continuer.
Je passe le reste de la réunion à tenter d'éviter de croiser ce regard flamboyant qui me donne l'impression de lire à travers mon âme.