2.Premiers moments à deux

5903 Words
Une semaine passa. Je ne m'étais pas encore remise de la rencontre fortuite avec Alioune. Mais il n'était pas question que je donne à cette rencontre plus d'importance qu'elle ne méritait. Pour oublier Alioune, j'ai revu trois fois Modou en acceptant même de dîner avec lui mercredi. Bien sûr, j'ai menti à mon père avant d'y aller. J'ai expliqué que Mariama m'avait invitée à dîner. J'ai bien senti que Modou fut surpris de mon attitude, mais il en était aussi très heureux. Il m'a aussi relevée avec humour qu'il serait l'homme le plus heureux du monde s'il me voyait aussi souvent et que je me montrais toujours aussi entreprenante dans nos moments d'intimité. D'habitude, je le laisse faire le premier pas. Mais hier, je l'ai pris par surprise. Je l'avoue honteusement j'ai été fougueuse dans mes baisers. C'était une des résolutions que j'avais prises, lui donner plus d'attention et d'affection pour le rendre plus accro. J'espérais ainsi me rendre plus accro à lui. ********* Je trouvais maman dans sa chambre. Après les salutations d'usage, elle me désigna un grand sachet posé sur un coin de la chambre. Maman : Alioune est passé aujourd'hui, il a laissé ceci pour toi. Je le pris. Maman : Il dit que c'est un cadeau de Dieynaba. Tu ne m'avais pas dite qu'il était à Dakar. Moi : Oh, pardonnes-moi, j'avais oublié. Maman : Il te passe le bonjour. Moi : Ok ! Je vais prendre une douche. À tout à l'heure. Maman : Tu ne me montres pas ce qu'elle t'a offerte. J'ouvris la grande boîte qui se trouvait dans le sachet et en sortis une paire de chaussures décolletées à talons. Magnifique. Je trouvais aussi une paire de boucles d'oreilles dorées. Maman : Elles sont très belles. Moi : Oui. J'aime trop. J'y vais. Je sortis de la chambre toute joyeuse. Dieyna connaissait mon amour pour les chaussures et les boucles d'oreilles. J'étais aux anges. Je refermai les portes de ma chambre et sortis un bout de papier que j'avais remarqué dans le sachet. Je ne l'avais pas sorti devant ma mère pour éviter sa curiosité. "Mon numéro de téléphone 77....... Appelles-moi.Alioune." Surprise, je m'assis sur le lit. Il me laissait son numéro. Que devais-je faire l'appeler ou l'ignorer ? Pour me remettre les idées en place, je décidai d'aller prendre une bonne douche froide. ******************* Quelques jours après  Alioune, en souriant : Bonjour, Moi : Bonjour, Alioune. Je me levai et on se fit la bise. Je me rassis aussitôt sentant mes jambes défaillir. Son parfum m'enivrait. Alioune : J'espère que tu ne m'as pas longtemps attendu. Il enleva sa veste. Je le dévorai des yeux. Il accrocha sa veste sur la chaise et s'assit. Il était beau dans sa chemise blanche et son pantalon noir. Sa cravate noire nouait son cou Moi, troublée : Non ! Je viens juste d'arriver. Alioune : J'ai un peu duré dans mon entretien. De plus, je me suis perdu en venant. J'ai encore beaucoup de mal à me retrouver. Tout a changé dans la ville.  Moi : Ce n'est pas grave, je ne t'ai pas attendu longtemps.   Alioune : Oui ! Je sais, mais comme tous les américains, je déteste arriver en retard.   Je souris. Une serveuse s'approcha de nous et prit nos commandes.   Moi : Alors, dis-moi tu as besoin de moi ?   Alioune : Oui ! Tu sais, c'est bientôt l'anniversaire de ma mère. J'ai appris que tu travailles chez un concessionnaire. Je voudrais lui offrir une voiture. Tu pourrais me conseiller.   J'étais déçue. Quand je l'ai appelé et qu'il m'avait dit qu'il avait besoin de moi, je m'étais déjà imaginée en Pamela Anderson le sauvant de la noyade. Je fis un effort surhumain pour cacher ma déception.   Moi : Tu avais besoin de m'inviter au restaurant pour cela ? Tu aurais dû me le dire au téléphone, je t'aurais demandé de passer voir nos voitures. Il sourit.   Moi : J'avais besoin de me retrouver en tête à tête avec ma petite sœur qui est devenue une belle jeune femme. J'ai besoin d'une excuse valable pour te voir ? Je souris, honteuse. La serveuse apporta nos boissons. Quand elle partit, silencieusement, je le regardai boire son verre de soda. Il me surprit et aussitôt, je posai mes yeux ailleurs. Il sourit, amusé. Alioune : J'ai remarqué que tu vis toujours chez tes parents. Cela veut-il dire que tu n'es pas mariée ou que tu ne l'es plus ?   Moi : Je ne suis pas mariée. Je ne l'ai jamais été d'ailleurs.   Alioune : Il attend quoi ton copain ? Il faudrait que tu me l'envoie. Je vais lui parler.   Moi : Qui te dis que j'ai un copain ?   Alioune : Une aussi belle femme que toi ne peut pas laisser les hommes insensibles. Je trouve déjà anormal que tu ne sois toujours pas mariée, alors si tu me dis que tu es célibataire, je ne te croirais pas. Je souris. Il me trouvait belle, oh, avais-je bien entendu ? Le souvenir de son américaine me revint en tête et cela me refroidit. Elle était bien plus jolie que moi.   Moi : Pourtant, hélas, dis-je, je n'ai rien de sérieux sur ce plan.   Il fit un non de la tête, incrédule.   Alioune : Ils sont aveugles ou quoi ?   Moi : Non ! C'est plutôt moi qui n'ai pas trouvé chaussure à mon pied. Je ne suis pas difficile, loin de là, mais sur ce point, je n'ai pas vraiment de chance. Tu vois ce que je veux dire. C'est le cœur qui voit et qui reconnaît celui pour qui on est fait. J'attends que quelqu'un fasse vibrer mon cœur. Réalisant que j'étais en train dévoiler une partie trop secrète de mon histoire, je me tus. Il me fixa silencieusement, puis me sourit.   Alioune : Tu rêves d'un prince charmant. Je ne te savais pas aussi romantique.   Ne supportant pas son regard, je gardais les yeux baissés. Subtilement, il changea de sujet.   Alioune : Et ton petit frère, il devient quoi ?   Moi : Omar ? Il est là. Tu sais qu'il s'est marié, il y a quelques mois ?   Alioune : Ah oui ?   Moi : Oui ! Mais sa femme écrit son mémoire. Elle est encore chez ses parents. Elle le rejoindra après sa soutenance.   Alioune : Oh ! Ça me fait vieillir. Je me rappelle quand tout petit, il jouait au foot avec les autres petits du quartier. Que de bêtises, il faisait ! Tu te rappelles du jour où il a voulu rentrer seul de l'école et qu'il s'est perdu.   J'éclatais de rire.   Moi : Ah, ne m'en parle pas. J'en ai encore des sueurs froides.   Alioune : Ta pauvre mère était inconsolable. Cette nuit - là, ma mère non plus n'avait pas dormi. On se demandait tous s'il n'avait pas fait une mauvaise rencontre. Quel soulagement quand on a appris qu'il avait été retrouvé et qu'il avait été recueilli pour la nuit par une famille honnête.   Moi : Il a compris la leçon. Il n'a plus retenté l'expérience.   On éclata de rire.   On passa une heure au restaurant à nous rappeler du passé, j'aurais voulu lui poser des questions sur son couple, mais la douleur que j'aurais ressentie en l'entendant faire les éloges de sa femme m'en dissuada. Lorsque ma montre afficha 14h moins, je dus repartir travailler. On se sépara en se promettant de nous refaire une autre sortie au restaurant.   ************* Samedi Finalement, on se revit le samedi qui suivit. En reparlant, au téléphone, du prochain anniversaire de Tata Mahawa, j'avais osé suggérer à Alioune de trouver un autre cadeau. Sa mère avait acheté sa voiture actuelle l'année dernière. C'était moi qui la lui avais vendue. Alioune avait suivi mon conseil et avait insisté pour que je l'accompagne acheter ce fameux cadeau. J'avais sincèrement tout fait pour décliner l'invitation. Mais il avait su être persuasif : 1.Seule une femme était capable de trouver le cadeau idéal pour une autre femme. 2. Dieyna était à des milliers de km et ses cousines, mères de famille, n'étaient pas forcément disponibles. 3. J'étais sa petite sœur, j'étais super disponible, j'avais bon goût et il aimait ma compagnie. Nous voilà donc tous les deux, arpentant les rues du centre-ville. Après presque deux heures de temps de shopping, nous choisîmes un beau tissu et un ensemble boucles d'oreilles, collier, bracelet et bague en or. Le prix était exorbitant mais Alioune avait insisté sur le fait qu'il avait prévu le budget équivalent au prix d'une voiture et que rien n'était trop cher pour le sourire de sa mère. Je n'eus pas beaucoup de mal à trouver ce qui plairait à Tata Mahawa. Elle aimait comme moi les choses belles, mais pas trop extravagants. Alors je me suis contentée de choisir des choses que je pourrais choisir pour moi - même. Après avoir acheté les cadeaux de sa mère, Alioune insista pour que je l'aide à choisir un tissu pour lui. Un de ses cousins se mariaient dans 20 jours. Il voulait se coudre un habit traditionnel. Volontiers, je lui conseillai un Bazin bleu qu'il acheta les yeux fermés. Puis on se rendit dans mon fast-food préféré sur l'avenue Pompidou pour un succulent hamburger que l'on mangea joyeusement avant de rentrer. Arrivée à la maison, je m'enfermai dans ma chambre et repensai aux merveilleux moments que j'avais passé avec Alioune. Il avait prévu d'assister au mariage de son cousin, j'en déduisais qu'il ne rentrerait pas avant 20 jours. Je devais en profiter. On n'avait jamais eu l'occasion de passer des moments seuls, j'allais en profiter. Je ne faisais rien de mal. Il repartirait dans quelques semaines et peut être que je ne le reverrais jamais, je devais me fournir un maximum de souvenirs avec lui, des souvenirs heureux qui me consoleraient de la douleur de ne l'avoir jamais eu pour moi. On frappa à la porte. J'ouvris Fatou me tendit un sac en papier.   Fatou : Mr Alioune m'a donnée ceci pour vous.   Je le pris , surprise et refermai la porte. Je l'ouvris. Je le reconnus. C'était un des ensembles de bijoux que j'avais remarqué à la bijouterie. J'avais longtemps hésité entre cet ensemble et celui que j'avais finalement choisi pour Tata Mahawa. Je pris mon portable et appelai Alioune.   Alioune : Allô !   Moi : Allô ! Alioune, les bijoux ...   Alioune : C'est un cadeau. J'ai vu qu'ils te plaisaient.   Moi : Mais tu es fou, ça coûte une fortune.   Alioune : L'argent ne compte pas pour moi. L'important, c'est que ça te plaise. Je t'ai prise toute ta journée. Alors en retour, je t'offre ces bijoux. Chaque fois que tu le porteras tu te rappelleras que ça vient de moi.   Moi : Mais quand les as-tu achetés ? Alioune : Quand tu me choisissais le tissu, je suis sorti en te disant que j'allais passer un coup de fil. En fait, je suis retourné à la bijouterie.   Moi : Tu es fou.   Alioune : Oui ! Je sais.   Moi : Mais je ne peux pas accepter ces bijoux.   Alioune : Tu n'oses pas refuser mon cadeau.   Moi : ....   Alioune : Cela me vexerait.   Moi : Ok. Je les garde. Merci.   Alioune : Oh, c'est moi qui te remercie pour le shopping.   Une idée me trotta l'esprit.   Moi : Au fait, Alioune, tu es libre demain ?   Alioune : Oui, pourquoi ?   Moi : Tu as déjà visité le monument de la renaissance ?   Alioune : Non !   Moi : On pourrait y aller, il y a une vue imprenable là-haut.   Alioune : Oh oui ! Je veux bien. Moi : Alors rendez-vous demain devant chez moi. N'oublie pas ton appareil photo. Tu verras Dakar, comme tu ne l'as jamais vu.   Alioune : Je ne l'oublierais pas.   Moi : Bon, je te laisse. A demain.   Alioune : A demain.   Je raccrochai toute excitée. Je l’amènerai au monument, puis on ira manger une glace dans une glacerie aux almadies ou on irait manger du poisson grillé à la pointe des Almadies. Tout d'un coup, je sursautai. J'avais oublié le rendez-vous que j'avais déjà confirmé avec Modou. Oh purée, que vais-je faireeureux du monde s' il me voyait aussi souvent et que je me montrais toujours aussi entreprenante dans nos moments d'intimité. D'habitude, je le laisse faire le premier pas. Mais hier, je l'ai pris par surprise. Je l'avoue honteusement j'ai été fougueuse dans mes baisers. C'était une des résolutions que j'avais prises, lui donner plus d'attention et d'affection pour le rendre plus accro. J'espérais ainsi me rendre plus accro à lui. ********* Je trouvais maman dans sa chambre. Après les salutations d'usage, elle me désigna un grand sachet posé sur un coin de la chambre. -Alioune est passé aujourd'hui, il a laissé ceci pour toi. Je le pris. - Il dit que c'est un cadeau de Dieynaba. Tu ne m'avais pas dite qu'il était à Dakar. -Oh, pardonnes-moi, j'avais oublié. - Il te passe le bonjour. - Ok! Je vais prendre une douche.A tout à l'heure. - Tu ne me montres pas ce qu'elle t'a offerte. J'ouvris la grande boîte qui se trouvait dans le sachet et en sortis une père de chaussures décolletées à talons. Magnifique. Je trouvais aussi une paire de boucles d'oreilles dorées. - Elles sont très belles . - Oui. J'aime trop. J'y vais. Je sortis de la chambre toute joyeuse. Dieyna connaissait mon amour pour les chaussures et les boucles d'oreilles. J'étais aux anges . Je refermai les portes de ma chambre et sortis un bout de papier que j'avais remarqué dans le sachet. Je ne l'avais pas sorti devant ma mère pour éviter sa curiosité. "Mon numéro de téléphone 77....... Appelles-moi.Alioune." Surprise, je m'assis sur le lit. Il me laissait son numéro. Que devais-je faire l'appeler ou l'ignorer? Pour me remettre les idées en place, je décidai d'aller prendre une bonne douche froide. ********* - Bonjour, me dit-il tout souriant - Bonjour, Alioune. Je me levai et on se fit la bise. Je me rassis aussitôt sentant mes jambes défaillir. Son parfum m'enivrait. -J'espère que tu ne m'as pas longtemps attendu. Il enleva son veste. Je le devorai des yeux. Il accrocha sa veste sur la chaise et s' assit.Il était beau dans sa chemise blanche et son pantalon noir.Sa cravate noire nouait son cou -Non! Je viens juste d'arriver. Arrivai-je à dire. -J'ai un peu duré dans mon entretien. De plus, je me suis perdu en venant. J'ai encore beaucoup de mal à me retrouver. Tout a changé dans la ville.  -Ce n'est pas grave, je ne t'ai pas attendu longtemps. -Oui! Je sais, mais comme tous les américains, je déteste arriver en retard. Je souris. Une serveuse s'approcha de nous et prit nos commandes. - Alors, dis-moi tu as besoin de moi? - Oui! Tu sais, c'est bientôt l'anniversaire de ma mère. J'ai appris que tu travailles chez un concessionnaire. Je voudrais lui offrir une voiture . Tu pourrais me conseiller. J'étais déçue. Quand je l'ai appelé et qu'il m'avait dit qu'il avait besoin de moi, je m'étais déjà imaginée en Pamela Anderson le sauvant de la noyade. Je fis un effort surhumain pour cacher ma déception. -Tu avais besoin de m'inviter au restaurant pour cela? Tu aurais dû me le dire au téléphone, je t'aurais demandé de passer voir nos voitures. Il sourit. - J'avais besoin de me retrouver en tête à tête avec ma petite soeur qui est devenue une belle jeune femme. J'ai besoin d'une excuse valable pour te voir? Je souris, honteuse. La serveuse apporta nos boissons. Quand elle partit, silencieusement, je le regardai boire son verre de soda.  Il me surprit. Je posai mes yeux ailleurs. Il sourit, amusé. - J'ai remarqué que tu vis toujours chez tes parents. Cela veut-il dire que tu n'es pas mariée ou que tu ne l'es plus? -Je ne suis pas mariée. Je ne l'es jamais été d'ailleurs. -Il attend quoi ton copain?Il faudrait que tu me l'envoie. Je vais lui parler. - Qui te dis que j'ai un copain? - Une aussi belle femme que toi ne peut pas laisser les hommes insensibles. Je trouve déjà anormal que tu sois toujours pas mariée, alors si tu me dis que tu es célibataire, je ne te croirais pas. Je souris. Il me trouvait belle, oh, avais-je bien entendu? Le souvenir de son américaine me revint en tête et cela me refroidit . Elle était bien plus jolie que moi. - Pourtant, hélas, dis-je, je n'ai rien de sérieux sur ce plan. Il fit un non de la tête, incrédule. - Ils sont aveugles ou quoi? - Non.! C'est plutôt moi qui n'ai pas trouvé chaussure à mon pied. Je ne suis pas difficile, loin de là, mais sur ce point, je n'ai pas vraiment de chance. Tu vois ce que je veux dire. C'est le coeur qui voit et qui reconnaît celui pour qui on est fait. J'attends que quelqu'un fasse vibrer mon coeur. Réalisant que j'étais en train dévoiler une partie trop secrète de mon histoire, je me tus. Il me fixa silencieusement, puis me sourit. - Tu rêves d'un prince charmant. Je ne te savais pas aussi romantique. Ne supportant pas son regard, je gardais les yeux baissés. Subtilement, il changea de sujet. - Et ton petit frère, il devient quoi? - Omar? Il est là. Tu sais qu'il s'est marié, il y a quelques mois? - Ah oui? - Oui! Mais sa femme écrit son mémoire. Elle est encore chez ses parents. Elle le rejoindra après sa soutenance. - Oh! Ça me fait vieillir. Je me rappelle quand tout petit, il jouait au foot avec les autres petits du quartier. Que de bêtises, il faisait! Tu te rappelles du jour où il a voulu rentrer seul de l'école et qu'il s'est perdu. J'éclatais de rire. - Ah, ne m'en parle pas. J'en ai encore des sueurs froides. - Ta pauvre mère était inconsolable. Cette nuit - là,ma mère non plus n'avait pas dormi . On se demandait tous s' il n'avait pas fait une mauvaise rencontre. Quel soulagement quand on a appris qu'il avait été retrouvé et qu'il avait été recueilli pour la nuit par une famille honnête. - Il a compris la leçon.Il n'a plus retenté l'expérience. On éclata de rire. On passa une heure au restaurant à nous rappeler du passé,j'aurais voulu lui poser des questions sur son couple, mais la douleur que j'aurais ressentie en l'entendant faire les éloges de sa femme m'en dissuada. Lorsque ma montre afficha 14h moins, je dûs repartir travailler. On se sépara en se promettant de nous refaire une autre sortie au restaurant. ************* Finalement, on se revit le samedi qui suivit. En reparlant, au téléphone, du prochain anniversaire de Tata Mahawa, j'avais osé suggérer à Alioune de trouver un autre cadeau. Sa mère avait acheté sa voiture actuelle l'année dernière. C'était moi qui le lui avais vendue. Alioune avait suivi mon conseil et avait insisté pour que je l'accompagne acheter ce fameux cadeau. J'avais sincèrement tout fait pour décliner l'invitation. Mais il avait su être persuasif: 1.Seule une femme était capable de trouver le cadeau idéal pour une autre femme. 2. Dieyna était à des milliers de km et ses cousines, mères de famille, n'étaient pas forcément disponibles. 3. J'étais sa petite soeur, j'étais super disponible , j'avais bon goût et il aimait ma compagnie. Nous voilà donc tous les deux, arpentant les rues du centre-ville. Après presque deux heures de temps de shopping, nous choisimes un beau tissu et un ensemble boucles d'oreilles, collier ,bracelet et bague en or. Le prix était exorbitant mais Alioune avait insisté sur le fait qu'il avait prévu le budget équivalent au prix d'une voiture et que rien n'était trop cher pour le sourire de sa mère. Je n'eus pas beaucoup de mal à trouver ce qui plairait à Tata Mahawa. Elle aimait comme moi les choses belles, mais pas trop extravagants. Alors je me suis contentée de choisir des choses que je pourrais choisir pour moi - même. Après avoir acheté les cadeaux de sa mère, Alioune insista pour que je l'aide à choisir un tissu pour lui.Un de ses cousins se mariaient dans 20 jours. Il voulait se coudre un habit traditionnel. Volontiers, je lui conseillai un bazin bleu qu'il acheta les yeux fermés. Puis on se rendit dans mon fast-food préféré sur l'avenue Pompidou pour un succulent hamburger que l'on mangea joyeusement avant de rentrer. Arrivée à la maison, je m'enfermai dans ma chambre et repensai aux merveilleux moments que j'avais passé avec Alioune. Il avait prévu d'assister au mariage de son cousin ,j'en déduisais qu'il ne rentrerait pas avant 20 jours. Je devais en profiter. On n'avait jamais eu l'occasion de passer des moments seuls, j'allais en profiter. Je ne faisais rien de mal. Il repartirait dans quelques semaines et peut être que je ne le reverrais jamais, je devais me fournir un maximum de souvenirs avec lui, des souvenirs heureux qui me consoleraient de la douleur de ne l'avoir jamais eu pour moi. On frappa à la porte. J'ouvris Fatou me tendit une sac en papier. - Mr Alioune m'a donnée ceci pour vous. Je le pris surprise et refermai la porte. Je l'ouvris. Je le reconnu.C'était un des ensemble de bijoux que j'avais remarqué à la bijouterie. J'avais longtemps hésité entre cet ensemble et celui que j'avais finalement choisi pour Tata Mahawa. Je pris mon portable et appelai Alioune. - Allô! - Allô! Alioune, les bijoux. .. -C'est un cadeau. J'ai vu qu'ils te plaisaient. -Mais tu es fou, ça coûte une fortune. - L'argent ne compte pas pour moi. L'important, c'est que ça te plaise. Je t'ai prise toute ta journée. Alors en retour, je t'offre ces bijoux. Chaque fois que tu le porteras tu te rappeleras que ça vient de moi. -Mais quand les as-tu achetés? -Quand tu me choisissais le tissu, je suis sorti en te disant que j'allais passer un coup de fil. En fait, je suis retourné à la bijouterie. -Tu es fou. -Oui! Je sais. - Mais je ne peux pas accepter ces bijoux. - Tu n'oses pas refuser mon cadeau. -..... - Cela me vexerait. -Ok. Je les garde. Merci. -Oh, c'est moi qui te remercie pour le shopping . Une idée me trotta l'esprit. - Au fait, Alioune, tu es libre demain? - Oui, pourquoi? - Tu as déjà visité le monument de la renaissance? -Non! - On pourrait y aller, il y a une vue imprenable là-haut. - Oh oui! Je veux bien. - Alors rendez-vous demain devant chez moi. N'oublie pas ton appareil photo. Tu verras Dakar, comme tu ne l'as jamais vu. -Je ne l'oublierais pas. -Bon, je te laisse. A demain. - A demain. Je raccrochai toute excitée. Je l'amenerai au monument, puis on ira manger une glace dans une glacerie aux almadies ou on irait manger du poisson grillé à la pointe des Almadies. Tout d'un coup, je sursautai. J'avais oublié le rendez-vous que j'avais déjà confirmé avec Modou . Oh purée, que vais-je faire?Une semaine passa. Je ne m'étais pas encore remise de la rencontre fortuite avec Alioune. Mais il n'était pas question que je donne à cette rencontre plus d'importance qu'elle ne méritait. Pour oublier Alioune, j'ai revu trois fois Modou en acceptant même de dîner avec lui mercredi. Bien sûr, j'ai menti à mon père avant d'y aller. J'ai expliqué que Mariama m'avait invitée à dîner. J'ai bien senti que Modou fut surpris de mon attitude, mais il en était aussi très heureux. Il m'a aussi relevée avec humour qu'il serait l'homme le plus heureux du monde s'il me voyait aussi souvent et que je me montrais toujours aussi entreprenante dans nos moments d'intimité. D'habitude, je le laisse faire le premier pas. Mais hier, je l'ai pris par surprise. Je l'avoue honteusement j'ai été fougueuse dans mes baisers. C'était une des résolutions que j'avais prises, lui donner plus d'attention et d'affection pour le rendre plus accro. J'espérais ainsi me rendre plus accro à lui.   *********   Je trouvais maman dans sa chambre. Après les salutations d'usage, elle me désigna un grand sachet posé sur un coin de la chambre.   Maman : Alioune est passé aujourd'hui, il a laissé ceci pour toi.   Je le pris.   Maman : Il dit que c'est un cadeau de Dieynaba. Tu ne m'avais pas dite qu'il était à Dakar.   Moi : Oh, pardonnes-moi, j'avais oublié.   Maman : Il te passe le bonjour.   Moi : Ok ! Je vais prendre une douche. À tout à l'heure.   Maman : Tu ne me montres pas ce qu'elle t'a offerte.   J'ouvris la grande boîte qui se trouvait dans le sachet et en sortis une paire de chaussures décolletées à talons. Magnifique. Je trouvais aussi une paire de boucles d'oreilles dorées.   Maman : Elles sont très belles.   Moi : Oui. J'aime trop. J'y vais.   Je sortis de la chambre toute joyeuse. Dieyna connaissait mon amour pour les chaussures et les boucles d'oreilles. J'étais aux anges. Je refermai les portes de ma chambre et sortis un bout de papier que j'avais remarqué dans le sachet. Je ne l'avais pas sorti devant ma mère pour éviter sa curiosité.   "Mon numéro de téléphone 77....... Appelles-moi. Alioune."   Surprise, je m'assis sur le lit. Il me laissait son numéro. Que devais-je faire l'appeler ou l'ignorer ? Pour me remettre les idées en place, je décidai d'aller prendre une bonne douche froide. *********   Quelques jours après   Alioune, en souriant : Bonjour, Moi : Bonjour, Alioune. Je me levai et on se fit la bise. Je me rassis aussitôt sentant mes jambes défaillir. Son parfum m'enivrait. Alioune : J'espère que tu ne m'as pas longtemps attendu. Il enleva sa veste. Je le dévorai des yeux. Il accrocha sa veste sur la chaise et s'assit. Il était beau dans sa chemise blanche et son pantalon noir. Sa cravate noire nouait son cou Moi, troublée : Non ! Je viens juste d'arriver. Alioune : J'ai un peu duré dans mon entretien. De plus, je me suis perdu en venant. J'ai encore beaucoup de mal à me retrouver. Tout a changé dans la ville.  Moi : Ce n'est pas grave, je ne t'ai pas attendu longtemps.   Alioune : Oui ! Je sais, mais comme tous les américains, je déteste arriver en retard.   Je souris. Une serveuse s'approcha de nous et prit nos commandes.   Moi : Alors, dis-moi tu as besoin de moi ?   Alioune : Oui ! Tu sais, c'est bientôt l'anniversaire de ma mère. J'ai appris que tu travailles chez un concessionnaire. Je voudrais lui offrir une voiture. Tu pourrais me conseiller.   J'étais déçue. Quand je l'ai appelé et qu'il m'avait dit qu'il avait besoin de moi, je m'étais déjà imaginée en Pamela Anderson le sauvant de la noyade. Je fis un effort surhumain pour cacher ma déception.   Moi : Tu avais besoin de m'inviter au restaurant pour cela ? Tu aurais dû me le dire au téléphone, je t'aurais demandé de passer voir nos voitures. Il sourit.   Moi : J'avais besoin de me retrouver en tête à tête avec ma petite sœur qui est devenue une belle jeune femme. J'ai besoin d'une excuse valable pour te voir ? Je souris, honteuse. La serveuse apporta nos boissons. Quand elle partit, silencieusement, je le regardai boire son verre de soda. Il me surprit et aussitôt, je posai mes yeux ailleurs. Il sourit, amusé. Alioune : J'ai remarqué que tu vis toujours chez tes parents. Cela veut-il dire que tu n'es pas mariée ou que tu ne l'es plus ?   Moi : Je ne suis pas mariée. Je ne l'ai jamais été d'ailleurs.   Alioune : Il attend quoi ton copain ? Il faudrait que tu me l'envoie. Je vais lui parler.   Moi : Qui te dis que j'ai un copain ?   Alioune : Une aussi belle femme que toi ne peut pas laisser les hommes insensibles. Je trouve déjà anormal que tu ne sois toujours pas mariée, alors si tu me dis que tu es célibataire, je ne te croirais pas. Je souris. Il me trouvait belle, oh, avais-je bien entendu ? Le souvenir de son américaine me revint en tête et cela me refroidit. Elle était bien plus jolie que moi.   Moi : Pourtant, hélas, dis-je, je n'ai rien de sérieux sur ce plan.   Il fit un non de la tête, incrédule.   Alioune : Ils sont aveugles ou quoi ?   Moi : Non ! C'est plutôt moi qui n'ai pas trouvé chaussure à mon pied. Je ne suis pas difficile, loin de là, mais sur ce point, je n'ai pas vraiment de chance. Tu vois ce que je veux dire. C'est le cœur qui voit et qui reconnaît celui pour qui on est fait. J'attends que quelqu'un fasse vibrer mon cœur. Réalisant que j'étais en train dévoiler une partie trop secrète de mon histoire, je me tus. Il me fixa silencieusement, puis me sourit.   Alioune : Tu rêves d'un prince charmant. Je ne te savais pas aussi romantique.   Ne supportant pas son regard, je gardais les yeux baissés. Subtilement, il changea de sujet.   Alioune : Et ton petit frère, il devient quoi ?   Moi : Omar ? Il est là. Tu sais qu'il s'est marié, il y a quelques mois ?   Alioune : Ah oui ?   Moi : Oui ! Mais sa femme écrit son mémoire. Elle est encore chez ses parents. Elle le rejoindra après sa soutenance.   Alioune : Oh ! Ça me fait vieillir. Je me rappelle quand tout petit, il jouait au foot avec les autres petits du quartier. Que de bêtises, il faisait ! Tu te rappelles du jour où il a voulu rentrer seul de l'école et qu'il s'est perdu.   J'éclatais de rire.   Moi : Ah, ne m'en parle pas. J'en ai encore des sueurs froides.   Alioune : Ta pauvre mère était inconsolable. Cette nuit - là, ma mère non plus n'avait pas dormi. On se demandait tous s'il n'avait pas fait une mauvaise rencontre. Quel soulagement quand on a appris qu'il avait été retrouvé et qu'il avait été recueilli pour la nuit par une famille honnête.   Moi : Il a compris la leçon. Il n'a plus retenté l'expérience.   On éclata de rire.   On passa une heure au restaurant à nous rappeler du passé, j'aurais voulu lui poser des questions sur son couple, mais la douleur que j'aurais ressentie en l'entendant faire les éloges de sa femme m'en dissuada. Lorsque ma montre afficha 14h moins, je dus repartir travailler. On se sépara en se promettant de nous refaire une autre sortie au restaurant.   *************   Samedi Finalement, on se revit le samedi qui suivit. En reparlant, au téléphone, du prochain anniversaire de Tata Mahawa, j'avais osé suggérer à Alioune de trouver un autre cadeau. Sa mère avait acheté sa voiture actuelle l'année dernière. C'était moi qui la lui avais vendue. Alioune avait suivi mon conseil et avait insisté pour que je l'accompagne acheter ce fameux cadeau. J'avais sincèrement tout fait pour décliner l'invitation. Mais il avait su être persuasif : 1.Seule une femme était capable de trouver le cadeau idéal pour une autre femme. 2. Dieyna était à des milliers de km et ses cousines, mères de famille, n'étaient pas forcément disponibles. 3. J'étais sa petite sœur, j'étais super disponible, j'avais bon goût et il aimait ma compagnie. Nous voilà donc tous les deux, arpentant les rues du centre-ville. Après presque deux heures de temps de shopping, nous choisîmes un beau tissu et un ensemble boucles d'oreilles, collier, bracelet et bague en or. Le prix était exorbitant mais Alioune avait insisté sur le fait qu'il avait prévu le budget équivalent au prix d'une voiture et que rien n'était trop cher pour le sourire de sa mère. Je n'eus pas beaucoup de mal à trouver ce qui plairait à Tata Mahawa. Elle aimait comme moi les choses belles, mais pas trop extravagants. Alors je me suis contentée de choisir des choses que je pourrais choisir pour moi - même. Après avoir acheté les cadeaux de sa mère, Alioune insista pour que je l'aide à choisir un tissu pour lui. Un de ses cousins se mariaient dans 20 jours. Il voulait se coudre un habit traditionnel. Volontiers, je lui conseillai un Bazin bleu qu'il acheta les yeux fermés. Puis on se rendit dans mon fast-food préféré sur l'avenue Pompidou pour un succulent hamburger que l'on mangea joyeusement avant de rentrer. Arrivée à la maison, je m'enfermai dans ma chambre et repensai aux merveilleux moments que j'avais passé avec Alioune. Il avait prévu d'assister au mariage de son cousin, j'en déduisais qu'il ne rentrerait pas avant 20 jours. Je devais en profiter. On n'avait jamais eu l'occasion de passer des moments seuls, j'allais en profiter. Je ne faisais rien de mal. Il repartirait dans quelques semaines et peut être que je ne le reverrais jamais, je devais me fournir un maximum de souvenirs avec lui, des souvenirs heureux qui me consoleraient de la douleur de ne l'avoir jamais eu pour moi. On frappa à la porte. J'ouvris Fatou me tendit un sac en papier.   Fatou : Mr Alioune m'a donnée ceci pour vous.   Je le pris , surprise et refermai la porte. Je l'ouvris. Je le reconnus. C'était un des ensembles de bijoux que j'avais remarqué à la bijouterie. J'avais longtemps hésité entre cet ensemble et celui que j'avais finalement choisi pour Tata Mahawa. Je pris mon portable et appelai Alioune.   Alioune : Allô !   Moi : Allô ! Alioune, les bijoux ...   Alioune : C'est un cadeau. J'ai vu qu'ils te plaisaient.   Moi : Mais tu es fou, ça coûte une fortune.   Alioune : L'argent ne compte pas pour moi. L'important, c'est que ça te plaise. Je t'ai prise toute ta journée. Alors en retour, je t'offre ces bijoux. Chaque fois que tu le porteras tu te rappelleras que ça vient de moi.   Moi : Mais quand les as-tu achetés ? Alioune : Quand tu me choisissais le tissu, je suis sorti en te disant que j'allais passer un coup de fil. En fait, je suis retourné à la bijouterie.   Moi : Tu es fou.   Alioune : Oui ! Je sais.   Moi : Mais je ne peux pas accepter ces bijoux.   Alioune : Tu n'oses pas refuser mon cadeau.   Moi : ....   Alioune : Cela me vexerait.   Moi : Ok. Je les garde. Merci.   Alioune : Oh, c'est moi qui te remercie pour le shopping.   Une idée me trotta l'esprit.   Moi : Au fait, Alioune, tu es libre demain ?   Alioune : Oui, pourquoi ?   Moi : Tu as déjà visité le monument de la renaissance ?   Alioune : Non !   Moi : On pourrait y aller, il y a une vue imprenable là-haut.   Alioune : Oh oui ! Je veux bien. Moi : Alors rendez-vous demain devant chez moi. N'oublie pas ton appareil photo. Tu verras Dakar, comme tu ne l'as jamais vu.   Alioune : Je ne l'oublierais pas.   Moi : Bon, je te laisse. A demain.   Alioune : A demain.   Je raccrochai toute excitée. Je l’amènerai au monument, puis on ira manger une glace dans une glacerie aux almadies ou on irait manger du poisson grillé à la pointe des Almadies. Tout d'un coup, je sursautai. J'avais oublié le rendez-vous que j'avais déjà confirmé avec Modou. Oh purée, que vais-je faire ?    
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