Coopération forcée et méfiante

1515 Words
C’est une étape par laquelle je dois passer pour faire mes preuves ici, je n’ai pas le choix ! Je n’en ai pas du tout envie et je me fais violence pour leur avouer ce que je ressens et ce que j’ai subis au tréfond de moi…      Quand ils verront ma sincérité et toute la souffrance que j’ai enduré pour arriver jusqu’ici, ils n’auront pas d’autre possibilité que de me croire sur parole, peu importe leur opinion vis-à-vis de moi… Leur point de vue changera, j’en reste convaincue…      Matthew comprend d’un regard échangé avec moi, que je compte leur parler de tout ce que j’ai endurer. Je l’admire cet homme-là, vraiment… Il me laisse donc faire place devant lui et devant tous les autres. Je décide donc de me mettre à déballer tout ce que j’ai sur le cœur depuis mon horrible périple jusque maintenant…      Même si je n’en ai pas du tout envie, ce n’était vraiment pas prévu mais c’est la seule option qui me reste… ça fait rejaillir en moi toutes les émotions que j’ai cachées et enfouies en moi depuis longtemps déjà et les sanglots me montent soudain aux yeux.      Je les ravale immédiatement et je prends alors la parole, aussi douloureuse soit-elle : « - Je vais vous raconter quelque chose de très difficile pour moi. Quelque chose d’horrible que j’ai affronter difficilement pour survivre, pour le bien de mes filles… Je vais vous expliquer pourquoi je me retrouve dans ce piteux état dans un fauteuil roulant… Tout a commencé deux semaines et demie auparavant, je ne me souviens pas très bien de tous les détails, mais les grandes lignes je les connais. J’ai dû abandonner famille, maison, travail et enfants là-haut. Les extraterrestres m’avaient dans le collimateur depuis trois mois déjà, à cause de ma non-implantation. Un jour, ils ont débarqué à mon cabinet médical et interrogé ma secrétaire pour savoir où j’étais. A partir de là, les ennuis ne font que commencer. Ils ont commencé à me traquer, à me suivre et à me harceler sans relâche parce que je ne suis pas surhumaine. Et pour savoir où vous débusquer, mais ça je ne le saurais que plus tard. Lorsqu’ils décideront de me torturer des pires façons qui soient… »           Puis, je continu très péniblement à conter mon récit poignant et abominable devant la foule. Celle-ci est consternée, totalement choquée et offusquée par mon histoire qui sort tout droit d’un film d’horreur ! Le temps semblait s’être arrêté à chaque parole que je prononçais, mais que nenni…      Leurs faciès désapprobateur et haineux deviennent subitement plus doux, plus compréhensifs. Beaucoup affichent un visage grave, tendu et crispé nerveusement avec une culpabilité grandissante au fur et à mesure que je leur raconte mes moments de tortures innommables…      Mais certains ressentent encore du dédain à mon égard, je le lis dans leur regard. Cependant, la majorité reste de mon côté, ils doivent surement ressentir de la pitié ou de la compassion à mon égard. Tant pis, du moment qu’ils peuvent comprendre ne serait-ce qu’un dixième de ma souffrance pour leur prouver que je dis la vérité et à quel point les aliens sont dangereux, ça me va…      J’aperçois alors le visage grave de Matthew se décomposer à vue d’œil, au fur et à mesure que je raconte mon récit de vie. Il n’en croit pas ses yeux lui-aussi et n’ose pas me faire face, sûrement dû à la gêne de ne pas m’avoir secouru plus tôt…      Je m’interdis de fondre en larmes devant toutes ces personnes que je ne connais même pas, par fierté et par courage pour pouvoir leur montrer qu’on est tous digne de se relever, même dans les moments les plus sombres de notre vie à tous ! Même si c’est très difficile pour moi en ce moment-même.      Mais je suis plus forte qu’ils ne le pensent… Et je n’ai plus rien à perdre mais tout à y gagner ! Pour leur montrer aussi ma détermination et ma rage de vaincre ces aliens une bonne fois pour toutes, pour le bien de tous ici-bas !      Un lourd silence étouffant s’installe alors dans toute la pièce. On entend une mouche voler. Sur mes dernières paroles prononcées, ils se mettent soudainement à me parler.      Les cinq cents personnes dans la salle commune basculent la tête la première en avant et crient, leurs jactances résonnent tel l’échos du pardon du paradis même : « - Excuse-nous ! Nous avons été très impolis et méchants avec toi alors même que tu es déjà en situation de grande souffrance ! Nous te demandons pardon pour notre comportement petit et vicieux ! Nous ne savions pas que tu as endurée toutes ces épreuves difficiles, et nous t’avons blâmée pour toutes les pertes humaines subis avant ton arrivée. Notre tristesse et notre haine ont pris le pas sur notre raison et sur tout le reste. Sache que c’est difficile pour nous de faire confiance à nouveau à quelqu’un de la surface. Pour nous c’est inconcevable, mais nous allons travailler dessus et essayer de coopérer malgré tout avec toi. Ça risque d’être difficile pour nous cependant, nous préférons te prévenir, il faudra un temps d’adaptation pour que nous puissions te faire pleinement confiance ça te va ? -         Bien-sûr, ce que je comprends tout à fait ne vous en faites pas. M’adressais-je à la communauté. Mais nous avons besoin de toutes les forces et les ressources disponibles pour pouvoir les vaincre ces foutus aliens, vous comprenez ? Il faut qu’on unisse nos forces si nous voulons avoir une chance de les vaincre une bonne fois pour toute ! -         Ça fait trop longtemps que nous vivons reclus sous terre comme des rats et ces bâtards nous ont déjà fait trop souffrir, nous allons vous aider. Ils nous ont déjà tout pris, même la terre. Il faut qu’on agisse maintenant sinon ça sera trop tard, ils nous débusqueront bien un jour ou l’autre, ce n’est qu’une question de temps… Nous prendrons les armes pour vous, mais on espère que le jeu en vaudra la chandelle et que vous ne nous trahirez pas par la suite sinon vous le regretterez amèrement… Croyez-nous… -         Bien-sûr que ça en vaudra la peine et je prends bien note de vos réticences à me croire et à me faire confiance. Mais sachez que vous ne le regretterez pas, jamais mais ça vous le verrez par la suite. On ne peut plus se laisser faire, il faut agir tant qu’il est encore temps. Et puis j’ai peur pour mes filles là-haut, peur qu’ils leurs fasse du mal… Il faut agir vite… -         Dans votre état actuel vous ne pourrez pas faire grand-chose et puis elles sont chez votre ex-mari, elles ne risquent rien pour le moment. Prenez le temps de vous remettre de vos blessures critiques tranquillement pendant qu’avec Matthew, nous établirons un plan de bataille à mettre au point et à peaufiner tous ensemble par la suite. Car ça risque de mettre du temps à préparer si nous envisageons un assaut offensif. Les tactiques et le plan de bataille doivent être maîtrisés et au point, ce sera notre seule et unique chance de réussite donc préparons-là minutieusement… -         Vous avez raison, comme ça là maintenant je ne peux rien faire. Attendons un peu que l’orage passe et me remettre de mes blessures pour être fin prête le jour où nous déciderons d’attaquer ! De plus, j’ai également un plan bien précis en tête dont je vous ferais part bientôt. -         Très bien, si tout est dit alors restons en là pour ce soir. Marché conclu alors, notre pacte est scellé. Reposez-vous bien surtout et à bientôt. -       Oui en effet. Merci à vous aussi. Et d’un geste de la main, je leurs fais signe d’un au revoir discret.     Très bien, vous pouvez tous partir à présent nous en avons finis pour aujourd’hui. souligne Matthew. La séance est levée ! Bonne journée à tous et chacun sait ce qu’il a à faire maintenant. Il leur indique la sortie par un revers du bras. »        Ils partent tous dans des directions opposées les uns des autres comme ils sont venus. C’est-à-dire sans le moindre heurt ou agitation...
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