Chapitre 12

1174 Words
La maison de la Meute a vibré d'énergie, de rires et du rythme constant des pas alors que de plus en plus d'invités sont arrivés chaque jour qui passait. L'air était épais avec les odeurs mêlées des Meutes voisines, les couloirs vivants de salutations et de voix offrant des félicitations à Michael et Kathy. Pour les visiteurs, c'était une occasion joyeuse, un honneur d'assister à l'union du futur Alpha et de la future Luna de la Meute Silverblade. Pour Elaine, c'était une cage. Chaque nouvelle arrivée, chaque éclat de rire, chaque mot de félicitations a semblé être un autre barreau l'enfermant dans une prison dont elle ne pouvait s'échapper. Elle s'est déplacée silencieusement à travers les salles de rassemblement, son carnet de notes à la main, notant les horaires et relayant les messages. Elle a servi du vin, ajusté les dispositions des sièges et géré le flux constant de demandes avec une précision exercée. Pour les Alphas et Lunas en visite, elle n'était personne d'importance—simplement un visage serviable, une présence silencieuse s'assurant que tout se déroulait sans accroc. Et c'était exactement ce qu'elle voulait qu'ils voient. Son sourire était mesuré, poli, mais jamais chaleureux. Ses mots étaient efficaces, brefs, mais jamais impolis. Sa révérence était respectueuse, mais ses yeux ne s'attardaient jamais assez longtemps pour inviter à la conversation. Pour le monde extérieur, elle était une ombre, un rouage silencieux dans la grande machinerie des préparatifs de la cérémonie. Mais à l'intérieur, elle se brisait. Plus tard ce soir-là, alors que les chefs de Meute se sont mêlés dans le grand hall, Elaine s'est maintenue près du mur du fond. Elle s'est déplacée gracieusement entre les tables, remplissant les gobelets et griffonnant des notes pendant que les invités lui parlaient. Les rires et la musique ont gonflé autour d'elle, se moquant d'elle avec leur gaieté. Elle a senti cela presser contre sa poitrine, comprimant l'air de ses poumons jusqu'à ce que sa respiration devienne superficielle et contrôlée. Et pourtant, elle n'a jamais faibli. Elle a continué à bouger, une tâche après l'autre, comme si sa survie en dépendait. Le festin s'est étendu profondément dans la nuit. Les longues tables ont brillé sous le scintillement de la lumière des bougies, le grand hall résonnant du son des voix et des gobelets tintant en célébration. Les Alphas et Lunas en visite se sont penchés proches les uns des autres, partageant des histoires de leurs Meutes, renforçant les alliances autour de la nourriture et des boissons. De temps en temps, leurs regards se sont tournés vers le couple honoré—Michael et Kathy—et leurs sourires se sont élargis avec approbation. Elaine a attrapé ces regards aussi. Elle a vu la façon dont Michael s'est assis grand et fier à côté de sa sœur, sa main reposant nonchalamment sur le bras de Kathy. Elle a vu comment les joues de Kathy ont rougi joliment quand une autre Luna l'a complimentée, comment les lèvres de Michael se sont courbées en un sourire fier quand il l'a présentée. Chaque fois qu'Elaine est passée devant leur table, sa poitrine s'est contractée, une douleur physique fleurissant juste sous ses côtes. Mais son visage est resté serein, son expression vide de tout ce qu'elle ressentait vraiment. Elle ne les laisserait pas voir. Et personne n'a remarqué. Personne n'a vu la façon dont ses mains ont tremblé brièvement quand elle s'est détournée. Personne n'a senti le bord déchiqueté du hurlement de sa louve à l'intérieur de sa poitrine. Personne ne se souciait assez de regarder au-delà du masque. Quand enfin le festin s'est terminé et que le dernier invité a été escorté à ses quartiers, Elaine s'est attardée derrière. Ses pas ont été lents mais fermes alors qu'elle s'est déplacée de table en table, ramassant les gobelets et les assiettes à moitié vides. Ses mains ont plié les linges avec un soin exercé, chaque mouvement mécanique, comme si elle était faite de rouages d'horloge. L'épuisement tirant sur son corps ne venait pas de la longue nuit de travail mais de l'effort constant de se tenir ensemble. Alors qu'elle s'est tournée avec un plateau dans les bras, ses yeux ont scintillé vers le bout du hall. Michael était toujours là. Le futur Alpha se tenait près de la table principale, son bras négligemment autour des épaules de Kathy pendant qu'il parlait à voix basse. Mais ses yeux—ses yeux n'étaient pas sur sa Compagne. Ils étaient sur Elaine. Même à travers le large hall, elle a senti le poids de son regard suivant chacun de ses pas. Son cœur a vacillé, pris entre un battement sauvage de désir et la piqûre aiguë de la trahison. Pendant une dangereuse seconde, elle a presque faibli, presque s'est laissée croire qu'il y avait quelque chose dans ses yeux qui n'était pas de la fierté pour Kathy, mais du regret—pour elle. Mais Elaine a écrasé la pensée avant qu'elle ne puisse prendre racine. Elle a resserré sa prise sur le plateau, redressé ses épaules et a marché fermement vers la porte. Elle n'a pas regardé en arrière. Elle ne pouvait pas. Elle n'avait pas de place pour l'espoir. Plus maintenant. Au moment où elle a atteint la sortie, ses poumons ont brûlé de retenir le sanglot se frayant un chemin dans sa gorge. Au moment où la porte s'est fermée derrière elle, elle a couru. Ses pieds l'ont portée sur le chemin familier à travers la forêt, les feuilles craquant sous ses bottes, les branches griffant ses bras comme si elles essayaient de la retenir. Mais rien ne pouvait l'empêcher d'atteindre le seul endroit où elle pouvait respirer—la cascade. Le rugissement de l'eau s'écrasant a atteint ses oreilles avant que la clairière ne s'ouvre. Le son était un baume, un bouclier qui noyait les échos des mots cruels et des faux sourires. Elle a trébuché à genoux sur la terre humide, son corps trahissant finalement la force qu'elle avait essayé de tenir. Le sanglot s'est arraché de sa poitrine, brut et sans retenue. Sa louve a hurlé à l'intérieur d'elle, le son vibrant dans ses os, plaintif et furieux. 'Ce n'est pas juste. Ce n'est pas ce que la Déesse voulait pour nous.' Elaine a pressé ses paumes dans le sol, les larmes coulant librement. "Je sais," a-t-elle murmuré d'une voix brisée. "Je sais, mais quel choix avons-nous ? Ils nous ont tout pris." Sa louve a grogné, agitée, brûlant de se battre, de déchirer l'injustice. Mais Elaine n'avait plus de combat en elle. Pas maintenant. Pas quand chaque jour semblait saigner lentement d'une blessure qui refusait de se refermer. L'eau a tonné devant elle, impitoyable, constante, comme si elle se moquait de sa petitesse face au destin. Pendant longtemps, elle s'est laissée se briser, a laissé les sanglots secouer son corps jusqu'à ce qu'elle puisse à peine respirer. Elaine s'est endormie d'épuisement, de toute la journée de simulation, et de la douleur constante de voir son Compagnon avec une autre. Et puis— Une brindille a craqué derrière elle.
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