Pdv de Billie...
Billie : " C'est encore loin ?"
Aaron : " Non, on arrive d'ici dix minutes."
Si j'avais su que mes parents m'envoyer vivre dans la cambrousse des États-Unis, j'aurais protesté plus énergiquement.
J'ai l'impression que nous roulons depuis des jours.
C'est vraiment à l'autre bout du monde son truc !
Aaron a proposé que nous fassions une pause sur le trajet, du moins le temps d'avaler un petit quelque chose.
J'avais faim, donc, c'est tout naturellement que j'ai accepté.
C'est ainsi que nous nous sommes arrêtés dans un restaurant au bord d'une route.
À peine entré que mes pauvres narines ont tout de suite été assailli par différentes odeurs.
C'était un mélange de nourriture, de transpiration et d'autres choses que je n'ai pas réussir à définir sur le coup, jusqu'à ce que Aaron dise sur le ton de la plaisanterie, mais malgré tout, je suis presque sûr qu'il le pensait réellement,
Ça sent le sexe là dedans !
Après réflexion, je pense qu'il s'agissait vraiment d'une odeur de sexe !
Oh mon dieu, mais dans quoi m'avait-il emmener manger ?!
J'ai vraiment cru qu'il nous avait conduit dans une maison close.
J'ai beau être aveugle, et toujours vierge, je ne suis pas encore totalement ignorante et je sais très bien comment on fait les bébés !
Maintenant, je peux vous le dire, je ne me sentais pas du tout à ma place dans ce lieu.
Aaron avait beau tout faire pour me détendre, je ne rêvais que d'une seule chose...
Remonter dans la voiture et repartir très vite .
Heureusement pour moi, sentant sans doute que j'étais mal à l'aise, Aaron s'est empressé d'avaler son déjeuner.
J'en ai fais autant.
Puis, nous avons repris nos places respectives en voiture et nous sommes reparti vers l'inconnu.
Sur le trajet, et entre deux siestes, j'en ai profité pour faire un peu plus connaissance avec Aaron.
Alors, j'ai appris qu'il a vingt quatre ans et qu'il est toujours célibataire.
Il est encore à la recherche de son grand amour, mais il ne désespère pas, il sait qu'il la trouvera tôt ou tard.
J'espère pour lui que ce sera tôt et non pas tard.
Ensuite, il aime les jeux vidéos mais par contre, il déteste perdre quand il joue.
C'est un mauvais perdant, tout comme moi.
Je n'ai jamais intérêt de jouer à des jeux de sociétés avec lui, ou ça pourrait se finir en bain de sang.
Oui oui, je joue à des jeux de sociétés malgré mon handicap.
Il en existe pour les aveugles vous savez ?
Nous ne sommes pas si différents que vous autres après tout.
Bref, il m'a également énormément parler de son patron, noté bien que j'insiste particulièrement sur le mot patron.
Il m'a dit de lui que c'est un homme respecter et respectable, et qu'avant d'être son patron, il est avant tout son meilleur ami.
Ils se connaissent depuis qu'ils ont l'âge de dix ans.
Malgré leur lien d'amitié, ceci ne les empêchent pas de se prendre la tête par moment, surtout si ils ne sont pas d'accord sur quelque chose.
Bref, vous comme vous l'avez très certainement compris, Aaron est vraiment un mec sympa, et j'espère sincèrement que tout le monde dans cette secte est comme lui.
Oui oui, je suis toujours intimement convaincu que mes parents m'ont envoyés dans une secte.
Je n'arrive pas à me sortir ça de la tête.
Pourquoi sinon à votre avis, ces gens vivraient tous ensemble au milieu de nulle part hein ?!
La voiture stoppe enfin son long périple.
J'ouvre la portière et, allez savoir pourquoi, je retrouve instantanément le sourire.
Vu les odeurs, je sais que nous sommes entourés par une forêt.
C'est fou, mais en posant un pied au sol, je ne peux m'empêcher de ressentir quelque chose de bizarre...
C'est comme si j'avais le sentiment de rentrer enfin à la maison.
Je sais, c'est trop bizarre étant donné que je n'ai jamais mis un pied ici, mais je ne sais pas, en étant là, j'ai l'impression d'être...chez moi.
Je pense que cela est dû au fait que mes parents vivaient eux même en pleine forêt.
Oui, c'est forcément ça.
Je me lève définitivement puis je sors de la voiture.
J'entends Aaron se dépêcher de la contourner, puis il vient me prendre le bras.
J'ai horreur de ça d'être dépendante des autres, mais ne connaissant pas les lieux pour l'instant, je n'ai pas vraiment le choix que de le laisser faire.
Je dois le laisser me guider, au moins pour les premières minutes.
Je lui demande, après avoir tourner la tête dans sa direction
Billie : " Pouvez-vous me décrire les lieux, afin que je puisse me débrouiller seule par la suite, s'il vous plaît ?"
Aaron : " Bien sûr, mais avant, ce serait bien qu'on se tutoie étant donné que l'on va être amener à se côtoyer pour une certaine durée, tu ne crois pas ?"
J'avoue, je préfère moi aussi, après tout, nous n'avons que trois ans d'écart.
Billie : " Si tu veux."
Aaron : " Parfait.
Alors pour commencer sache qu'ici nous sommes à Wolfnight.
La forêt entoure intégralement nos maisons afin de nous protéger des personnes extérieurs."
Billie : " Et vous protégez de quoi exactement ?"
Aaron : " Ça, ce sera à Cayden de te l'expliquer."
Billie : " Cayden ?"
Aaron : " Mon al...mon patron."
Encore une fois, il s'est repris avant de dire les mots, son patron.
Il m'a déjà fait le coup plusieurs fois lors du trajet, c'est vraiment trop bizarre.
Il poursuit
Aaron : " Devant toi, se trouve la maison des invités.
C'est ici que nous installons nos..."
Je le coupe
Billie : " Vos invités."
Il rit brièvement avant de me répondre
Aaron : " Exactement, tu as tout compris.
Tu vois, on est déjà raccord tous les deux.
Je continue donc...
C'est une grande bâtisse faite entièrement en bois, comme toutes les maisons d'ici d'ailleurs.
Avant d'entrer dans la maison, tu as trois marches à monter."
Il me fait doucement avancer
Aaron : " On y est...
Une...
Deux...
Et trois."
Nous voilà sur un palier.
Aaron : " Sur la gauche il y a un petit banc.
Et juste en face de toi, il y a la porte d'entrée."
Je tends la main devant moi.
Mes doigts effleurent une poignée de porte, que j'abaisse.
L'odeur du bois et du propre est omniprésente.
Une autre odeur me parvient...
Des roses.
Billie : " Il y a des fleurs quelque part ?"
Aaron : " En effet, ton odorat fonctionne parfaitement.
Sylvia a dû aller les cueillir ce matin.
Elle les a mise dans un vase juste là, sur une petite étagère à l'entrée."
Billie : " Qui est Sylvia ?"
Une voix de femme retentit sur ma gauche
Sylvia : " C'est moi."
J'entends des pas s'approcher d'Aaron et moi.
C'est fou, j'ai l'impression qu'elle glisse sur le sol tellement ses pas sont discrets.
Une fois que je suis certaine qu'elle est bien devant moi, je prends à mon tour la parole
Billie : " Enchantée Sylvia, moi c'est Billie."
Son odeur est identique aux fleurs qu'elle a déposé.
C'est plutôt marrant.
À croire qu'elle s'est roulé dans les pétales de rose.
Sylvia : " J'ai préparé la maison comme me l'a demandé l'al..."
Aaron se racle la gorge avant qu'elle ne puisse terminer sa phrase.
Aaron : " Merci Sylvia, nous allons nous débrouiller maintenant.
Je vais me charger de la visite des lieux auprès de notre invitée en attendant l'arrivée de Cayden.
Il est en chemin."
Je tourne à nouveau la tête vers l'homme qui me tient toujours le bras.
Billie : " Comment sait-il que nous sommes arrivés ?"
Je le sens se tendre d'un coup contre moi
Aaron : " Il...quelqu'un a dû nous voir et l'a prévenu."
Je me contenterais de cette explication pour le moment, même si je vous assure, tout cela me semble très suspect.
Sylvia : " Très bien, je vous laisse.
Appelez moi si vous avez besoin d'aide."
À nouveau, ses pas glissent jusqu'à ce que j'entende derrière moi la porte d'entrée s'ouvrir puis se refermer.
Je m'adresse à nouveau à Aaron
Billie : " Qui est-elle ?"
Aaron : " C'est à la base la gouvernante de la maison principale, mais mon patron a jugé préférable de la mettre à ta disposition, au moins le temps que tu t'habitues au lieu."
Bien malgré moi, j'hausse le ton.
J'ai horreur qu'on me prenne pour une impotente !
Billie : " Je ne suis pas une incapable !
Je peux me débrouiller toute seule !"
Aaron : " Tout doux ma jolie.
Je te rassure, c'est simplement l'histoire de quelques jours, ne t'inquiètes pas.
J'ai bien compris que tu souhaitais tout faire par toi même, et ne t'en fais pas, Cayden le comprendra lui aussi très rapidement."
Je ne lui réponds rien, je suis contrariée.
J'ai toujours mis un point d'honneur à être un maximum indépendante, et ce patron m'impose sans même me connaître une femme à mes côtés !
Il commence très mal lui, si vous voulez mon avis !
Je ne l'ai pas encore rencontré, qu'il me sort déjà par tous les orifices !
Je pense qu'Aaron sent ma tension, car il s'empresse d'ajouter
Aaron : " Cayden voulait t'aider.
Il n'a pas pensé à mal.
Laisse lui une chance avant de le juger."
Je souffle un bon coup.
Il a raison.
Il a simplement voulu me rendre service.
Il ne me connaît pas, il ne pouvait donc pas savoir que je tenais à faire les choses par moi même.
Je lui réponds d'une voix plus calme
Billie : " Je sais.
Bon, on l'a reprend cette visite ?"
Je sens ses muscles se détendre à nouveau.
Il reprend sur son ton jovial
Aaron : " Directement devant toi, tu as la cuisine, ou trône un très gros îlot central.
Enfin gros, c'est un grand mot.
C'est un îlot quoi."
Je lâche son bras, puis j'avance droit devant moi tout en comptant mes pas.
Okay, donc de la porte d'entrée à cet îlot, il y a très exactement huit pas.
Mes mains se posent sur cet espace fait entièrement de granit.
Je le contourne.
Trois pas pour arriver au bout de la longueur et un pas et demi pour la largeur.
Aaron reprend sans bouger de sa place.
Aaron : " Juste derrière toi maintenant, tu as l'évier ainsi que tous les placards.
Tu y trouveras tout ce dont tu as besoin.
Pour ça, je te laisse le découvrir plus tard.
La cafetière est juste à côté de ta main gauche.
Elle fonctionne avec des dosettes, il n'y a pas plus simple pour toi."
Je l'entends ensuite se déplacer sur la droite.
Aaron : " Ici, tu as le salon ainsi que la salle à manger."
Je fais quinze pas avant d'arriver à proximité de lui.
Je m'arrête quand je sens à nouveau sa présence juste à côté de moi.
Billie : " Décris moi la pièce."
Aaron : " Tout au bout, juste en face de toi tu as un écran plat mural et juste en face de ce même écran plat, tu as un canapé.
Tends un peu le bras et tu pourras le toucher."
Je fais ce qu'il me dit et je tends le bras.
Mes doigts touchent tout de suite un bout de tissu très doux.
Il reprend la parole
Aaron : " Entre la télé et le canapé, tu t'en doutes, il y a une petite table basse en bois.
Sur ta droite, il y a une table pouvant accueillir jusqu'à six personnes, même plus si les gens se serrent.
Sur le mur du fond à gauche, il y a une cheminée.
Elle est éteinte actuellement, mais si tu le souhaites, je pourrais te l'allumer tout à l'heure.
Les nuits sont plutôt fraîches par ici.
Devant cette même cheminée, il y a une peau d'ours et..."
Je l'interrompt
Billie : " Une vraie ?"
Aaron : " Cent pour cent.
Nous l'avons chassé Cayden et moi."
Je ressens de la fierté dans sa voix.
J'avance de cinq pas, jusqu'a ce que mon pied gauche se pose sur une matière.
Je me baisse afin de pouvoir caresser des poils tout doux.
Je glousse
Billie : " Ça fait bizarre.
C'est la première fois que je caresse une fourrure."
Je l'entends se déplacer et venir juste à côté de moi.
Il s'accroupit à son tour afin de se mettre à ma hauteur.
Aaron : " Tu n'as jamais été en contact avec des animaux ?"
Billie : " Non jamais.
Mon père a des chiens pourtant, mais à part sentir leurs odeurs sur lui, je n'ai jamais voulu les rencontrer."
Aaron : " C'est bizarre pour une fille qui a toujours vécu au milieu de la forêt."
Billie : " Je suis une fille très bizarre.
Tu auras l'occasion de t'en rendre compte.
En faites, j'avais peur qu'en allant à la rencontre des chiens, je tombe sur un cousin de notre ami ici présent."
Je lui désigne de la main la peau de l'ours.
Nous commençons à rire et je vous avoue que ça me fait du bien.
Machinalement, il pose sa main sur mon bras pour se stabiliser.
Au même moment, une porte s'ouvre avec fracas et des pas s'approchent vivement de notre position.
..... : " Éloigne toi d'elle !"
Cette voix me trouble pour je ne sais quelle raison.
Cette phrase à peine prononcé que je sens Aaron être violemment attrapé puis propulsé en arrière.
Un bruit sourd retentit en même temps que quelque chose se brise au sol.
Je me relève d'un bond afin de faire face à ce malade mental !
J'entends Aaron s'adresser à son agresseur
Aaron : " p****n Cayden, mais t'es malade ou quoi !?
Il t'arrive quoi là ?!"
C'est lui le patron ?!
J'avais raison, c'est bien un psychopathe !
Pour la deuxième fois, j'entends sa voix, sauf que cette fois, il est juste devant moi et qu'il me fait face tout en répondant à Aaron
Cayden : " Ne la touche pas !"
Sa voix me fait frissonner, mais pas de peur non, ce n'est pas ça, c'est autre chose.
Puis je réalise ce qu'il vient de dire...
Qu'est-ce qu'il a dit là au faites ?!
Pourquoi Aaron ne pourrait-il pas me toucher ?!
Je n'ai pas la peste non plus !
J'allais lui dire ma façon de penser quand son odeur me frappe de plein fouet.
Cette odeur...
Je connais cette odeur.
Il sent la forêt et les pins.
J'ai l'impression de l'avoir déjà senti sur quelqu'un, mais qui ?
Je m'apprête à dire quelque chose, mais je n'en ai pas le temps, une vague pire qu'un tsunami me submerge et je m'écroule.
Je suis rattrapé par deux bras forts qui m'encerclent.
J'ai le temps de dire avant de sombrer
Billie : " Cette odeur...
Je vous connais."
Plus tard ce jour là, je me réveille tout doucement.
Je ne sais pas du tout où je suis, ni comment je suis arrivé là, tout ce que je sais, c'est que je ne reconnais pas l'odeur des draps.
Ce n'est pas l'odeur de lessive caractéristique que ma mère utilise d'habitude.
Et d'un seul coup, je me souviens.
Je suis dans une secte avec un mec super colérique et je suis tombé dans les vapes.
Mais pourquoi je suis tombée dans les vapes déjà ?
Ne cherche pas Billie, ce doit être dû à la fatigue.
Ça, plus le fait que tu as eu la trouille en entendant Aaron voltiger à travers toute la pièce, c'est bien trop à supporter.
Oh mon dieu, Aaron !
J'espère qu'il va bien !
Instinctivement, je passe ma main sur mes yeux.
Mes lunettes ?
Ou sont mes lunettes ?
J'ai promis à ma mère de garder mes lunettes afin de cacher le violet de mes yeux.
Je tâte à côté de moi, tout en gardant les yeux obstinément fermer, afin de trouver une table de chevet ou autre et avec un peu de chance, mes lunettes posaient dessus qui m'attende bien sagement.
Je retiens un cri de joie, quand je sens sous ma main le sacrô saint objet.
Je pose directement mes lunettes sur mon nez, avant de me redresser dans le lit.
Là, je suis dans la merde !
Je n'ai pas eu le temps de visiter cette pièce avant de tomber dans les pommes, alors je ne sais pas du tout comment me repérer.
Allez ma grande, quand faut y'allez, faut y'allez.
Je m'assois au bort du lit et je m'apprête à me lever quand j'entends la porte s'ouvrir, et aussitôt, cette odeur de forêt et de pins me revient aux narines.
Cette odeur m'attire, c'est un truc de fou !
C'est une odeur habituelle quand nous vivons dans une forêt, mais ce n'est en aucun cas habituel qu'un homme soit entièrement imprégné de cette odeur.
C'est la première fois de ma vie que je suis autant attiré par une odeur.
Mais qu'est-ce qu'il m'arrive ?
Cayden : " Tu es réveillée ?
Ça va mieux ?"
Euuuuuh, à qui a t'il demandé l'autorisation pour me tutoyer ?
Pas à moi en tout cas !
Billie : " Où suis-je ?"
Cayden : " Je t'ai porté jusqu'à la chambre quand tu t'es écroulé dans mes bras."
Billie : " Et vous êtes ?"
Je l'entends avancer, puis je le sens s'accroupir devant moi.
Je peux sentir son regard sur moi, c'est vraiment trop trop trop bizarre.
Cayden : " Tu ne me reconnais pas ?"
Billie : " Je devrais ?"
Cayden : " Je ne sais pas...
Peut-être..."
Billie : " Et bien non, je ne vous reconnais pas.
Je vous rappelle que c'est la première fois que je mets les pieds ici, et au cas ou vous ne l'auriez pas encore remarquer, je suis aveugle."
J'ai l'impression de ressentir d'un coup une profonde tristesse.
Alors que non, je ne suis pas triste, je suis juste perdue et désorientée.
Cayden : " Tu...tu es sûr que tu ne te souviens de rien ?"
Mais qu'est-ce qu'il veut me faire dire à la fin ?!
Billie : " Sûr de quoi ?
De ne pas vous reconnaître ou que je suis aveugle ?"
Cayden : " Que tu ne me reconnais pas bien entendu."
Billie : " Certaine."
Cayden : " Tu peux enlevé tes lunettes s'il te plaît ?"
Billie : " Non.
Pourquoi voulez vous que j'enlève mes lunettes ?"
Cayden : " Pour pouvoir voir tes yeux."
Billie : " Et bien, vous les voyez là."
Cayden : " Je ne peux pas voir leurs couleurs à travers ses lunettes noires."
Billie : " Et pourquoi voulez vous voir leurs couleurs ?"
Cayden : " J'ai besoin de la confirmation de quelque chose."
Billie : " Et de la confirmation de quoi ?"
Cayden : " Tu poses toujours autant de question ?"
Billie : " Et vous ?
Vous évitez toujours autant d'y répondre ?"
Cayden : " S'il te plaît...Billie."
Il a dit mon prénom avec une telle émotion, que j'ai bien cru que j'allais pleurer.
Ce mec m'a envoûté !
Je sens toujours son regard poser sur moi, et je ne sais pas pourquoi, je me mets à rougir comme une collégienne.
Je reprends d'une voix, tout sauf assurée
Billie : " Ils sont marrons."
Il ne dit rien pendant quelques secondes.
J'ai l'impression qu'il est parti loin dans ses souvenirs.
Puis, j'entends de légers bruits de tissus, à mon avis, il est en train de secouer la tête afin de reprendre ses esprits.
Cayden : " Pardon ?
Tu disais ?"
Billie : " Mes yeux, ils sont marrons.
Mais je ne les montre jamais parce qu'ils partent dans tous les sens."
Si c'est un gars bien, il n'insistera pas.
Il ne voudrait pas me mettre mal à l'aise, si ?
Même si c'est totalement faux, mes yeux ne font en aucun cas la toupie dans leurs orbites, mais je n'ai trouvé que ça à dire pour éviter d'avoir à les lui montrer.
Cayden : " Tu...tu es sûr ?"
Billie : " Absolument."
Pourquoi ai-je l'impression que mon cœur est en train de se briser ?
Je ressens des choses qui me dépasse au contact de cet homme alors que je ne sais même pas à quoi il ressemble.
Imaginez un peu si je le savais.
Soudain, je sens ses doigts sur mon visage.
Plus particulièrement sur mon affreuse cicatrice.
Il la contourne doucement du bout des doigts sur toute sa longueur.
Une chaleur qui me prend aux tripes suit le même chemin.
Ce n'est pas une chaleur désagréable, bien au contraire.
En vérité, je voudrais que ses doigts ne cessent jamais de me toucher.
Oh mais non, qu'est-ce que je raconte moi ?!
Je ne le connais même pas cet homme !
Cayden : " Qu'est-ce que tu t'es fais ?"
Billie : " Je suis tombé d'un arbre."
Cayden : " Quand ?"
Billie : " Quand j'étais petite."
Cayden : " Quel âge avais tu quand s'est arrivé ?"
Billie : " Cinq ans, mais arrêtez de la regarder s'il vous plaît, elle est horrible."
Ses doigts cessent leurs parcours, mais ce n'est pas pour autant qu'il les enlève.
Cayden : " Non, elle est magnifique...tout comme toi."
Oh bordel de merde !
Change de sujet Billie, sinon, tu es f****e !
Je me racle la gorge
Billie : " Ou est Aaron ?"
Je le sens se crisper en m'entendant demander après son ami.
Il enlève vivement ses doigts, et un froid vient aussitôt prendre place sur ma joue.
Cayden : " Pourquoi tu veux savoir ça ?!"
Ola changement de ton.
Il a l'air légèrement énervé par ma question.
Il est bipolaire en plus du reste ?!
Billie : " Le dernier souvenir que j'ai de lui, c'est quand je l'ai entendu atterrir contre un mur suite à votre...intervention.
J'aimerais être sûr qu'il va bien."
Le fameux Cayden se remet debout, mais reste tout de même planter en face de moi
Cayden : " Il va bien, ne t'en fais pas pour lui."
Il commence à s'éloigner, mais je l'interpelle avant qu'il ne sorte de la chambre
Billie : " J'aimerais le voir."
...... : " Grrrrrrrr."
Je sursaute en entendant ce que j'ai cru entendre.
Billie : " Est-ce que...est-ce que vous venez de grogner ?"
Cayden : " Non.
Aaron est occupé pour l'instant.
Sylvia se chargera elle même de te faire visiter le reste de la maison."
Je me sens une audace insoupçonnée quand je lui réponds sans même savoir pourquoi je le fais
Billie : " Pourquoi ne le faites vous pas vous même ?"
Et une nouvelle fois, une tristesse s'abat sur mes épaules.
Cayden : " Parce que j'ai peur de ne pas réussir à me contrôler si je reste trop longtemps près de toi.
Tu m'attires déjà énormément, mais c'est beaucoup trop tôt.
Tu n'es pas encore prête."
Se contrôler pourquoi ?!
Et trop tôt pour quoi ?!
Merde, je n'y comprends rien !
Toute personne normalement constitué paniquerait face à ses paroles, mais moi, je suis tout sauf une personne normalement constitué, donc ses paroles viennent directement se répercuté dans mon cœur.
Il sort de la chambre me laissant seule...