Chapitre 13 — Une inconnue familière

1030 Words
Le bruit de la salle n’avait pas disparu. Il s’était simplement déplacé. Fragmenté. Transformé en dizaines de conversations urgentes, d’analyses précipitées, de projections déjà en marche. Mais au centre de tout cela… Une seule chose comptait encore. Elle. Avalina. Ou plutôt… La femme qui venait de se présenter au monde. …. Dans les coulisses, l’atmosphère était différente. Plus contrôlée. Plus fermée. Mais pas moins intense. Des assistants passaient rapidement, des voix basses échangeaient des informations, des regards calculaient déjà les prochaines étapes. Et au milieu de ce flux organisé… Avalina avançait. Sans se presser. Sans regarder autour. Sa présence suffisait à créer un espace autour d’elle. Instinctivement. Personne ne la touchait. Personne ne l’arrêtait sans nécessité. Elle ne demandait rien. Elle n’attendait rien. Et c’était précisément ce qui imposait autant. Sa silhouette était élancée, parfaitement droite, chaque mouvement mesuré avec une précision naturelle. Sa tenue, toujours aussi maîtrisée, soulignait sa posture sans jamais la rendre accessible. Les lignes étaient nettes, les couleurs sobres, mais l’ensemble créait un contraste saisissant avec l’agitation environnante. Son visage, lui, restait calme. Trop calme. Ses traits étaient fins, harmonieux, presque sculptés dans une perfection froide. Mais ce n’était pas une beauté douce. C’était une beauté distante. Intouchable. Ses yeux, surtout… Profonds. Observateurs. Jamais en quête. Toujours en contrôle. Et c’est ce regard… Qui la rendait impossible à ignorer. ….. — Avalina. La voix la stoppa. Pas brusquement. Mais suffisamment pour qu’elle s’arrête. Un instant. Un seul. Puis elle tourna légèrement la tête. Ethan. Debout à quelques mètres. Immobile. Tendu. Comme s’il s’était retenu d’avancer trop vite. Ou trop tard. Le silence autour d’eux sembla se contracter. Se resserrer. Mais Avalina ne montra rien. Pas une once de surprise. Pas une émotion. Rien. Ses yeux se posèrent sur lui. Comme sur n’importe qui d’autre. ….. — On doit parler. Sa voix était basse. Contrôlée. Mais derrière… Une tension évidente. Avalina le regarda quelques secondes. Puis répondit simplement : — Je ne pense pas. Le ton était calme. Neutre. Mais sans appel. Un silence. Ethan fronça légèrement les sourcils. — Avalina— — Vous faites erreur. Le mot tomba. Net. Tranchant. Ethan se figea. — Pardon ? Elle le regarda. Toujours de la même manière. Distante. — Je ne pense pas vous connaître. Le choc fut immédiat. Invisible pour les autres. Mais v*****t pour lui. — Arrête. Sa voix se durcit légèrement. — Ce n’est pas drôle. Un silence. Puis elle pencha légèrement la tête. — Je ne plaisante pas. Le regard d’Ethan changea. Quelque chose bascula. — Tu— Il s’arrêta. Parce que ce qu’il voyait… Ce n’était pas une façade. Ce n’était pas un jeu. Elle ne mentait pas. Ou plutôt… Elle ne faisait même pas l’effort de mentir. Elle le supprimait. Purement. Simplement. ….. Autour, quelques regards commençaient à se tourner. Attentifs. Curieux. Mais personne n’osait intervenir. …. — Tu ne peux pas juste— — Je le peux. Elle le coupa. Sans hausser la voix. — Et je le fais. Un silence. Puis elle ajouta, presque doucement : — Vous devriez en faire autant. Chaque mot était posé. Mesuré. Et terriblement efficace. …. Ethan serra légèrement la mâchoire. — On a été mariés. Le mot resta suspendu. Comme une tentative de réalité. Mais il tomba dans le vide. Parce qu’elle ne réagit pas. Pas du tout. — Je vois. Un simple mot. Sans implication. Sans attachement. — Et ? Le coup. Final. Brutal. …. Ethan resta figé. Complètement. Parce que pour la première fois… Il n’avait rien à répondre. …. — Avalina. Une autre voix. Calme. Mais plus profonde. Plus posée. Elle ne se retourna pas immédiatement. Mais son regard changea légèrement. Infime. Presque imperceptible. Puis elle tourna la tête. Et il apparut. …. Adrian. …. Le contraste était saisissant. Et pourtant… Évident. Même stature. Même port. Même regard. Mais différent. Plus dur. Plus tranchant. Ses traits, tout comme ceux d’Avalina, étaient parfaitement équilibrés. Mais là où elle imposait par le silence, lui imposait par la présence brute. Et surtout… La ressemblance. Impossible à ignorer. …. Ethan la vit immédiatement. Ses yeux passèrent d’Avalina à Adrian. Puis de nouveau. — …Qu’est-ce que— Le lien. Instinctif. Inévitable. — Vous avez terminé ? La voix d’Adrian était calme. Mais sans chaleur. Avalina hocha légèrement la tête. — Oui. Puis, sans un regard pour Ethan : — Il y avait confusion. Un silence. Puis Adrian posa brièvement les yeux sur Ethan. Un regard. Un seul. Suffisant. Évaluation rapide. Classement immédiat. Puis : — Compris. …. Ethan sentit immédiatement la différence. Ce regard. Ce niveau. Ce… détachement. Comme s’il n’était pas pertinent. …. — Attends. Le mot lui échappa. Sans réflexion. — Qui êtes-vous ? Adrian le regarda. Puis un léger silence passa. — Personne qui vous concerne. La réponse tomba. Calme. Définitive. …. Avalina s’était déjà remise en mouvement. Sans attendre. Sans se retourner. Et c’est ça… Qui frappa le plus. Elle ne cherchait pas à fuir. Elle n’avait simplement aucune raison de rester. …. Ethan fit un pas. Puis s’arrêta. Parce qu’il comprenait. Instinctivement. Que continuer… Serait inutile. ….. — Ethan… Lucas s’approcha légèrement. — Mec… Mais il ne termina pas. Parce qu’il n’y avait rien à dire. …. Ryan, lui, regardait encore dans la direction d’Avalina. — Elle est… Il secoua légèrement la tête. — Ok… je comprends maintenant. Daniel resta silencieux. Mais son regard, lui, était sérieux. — Tu as perdu bien plus que tu ne pensais. …. Ethan ne répondit pas. Ses yeux étaient fixés sur le point où elle avait disparu. — Non… Un murmure. Presque inaudible. — Je ne comprends toujours pas. …. Plus loin. Dans un couloir plus calme. Maya rejoignit Avalina. — Tu viens vraiment de faire ça ? Un sourire léger. — Comme si tu ne le connaissais pas ? Avalina continua de marcher. — Parce que ce n’est plus le cas. — Quand même… Maya la regarda. — C’était froid. Un silence. Puis Avalina répondit : — C’était nécessaire. …. Adrian, derrière elles, ajouta : — Il n’est pas à ton niveau. Un silence. Puis Avalina répondit simplement : — Il ne l’a jamais été. …. Et cette fois… Il n’y avait plus aucun doute.
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