Un nouveau jour s’était levé. Et comme tout élève, c’est l’un de jours les plus attendus de la semaine : Samedi. Le week-end était là, et ce sera l’occasion de se reposer après une longue semaine de cours. Comme d’habitude, Ana n’avait rien de prévu de façon spéciale. Sauf quelques devoirs à rendre et aider son père à la ferme.
- Ana ! Ana ! Criait Vanessa, la mère d’Ana.
- Elle dort toujours répondit Michel qui descendait les marches de l’escalier.
- A cette heure ? questionna sa mère. Va lui dire qu’il y a Mira qui est là poursuivit-elle.
- Bonjour Mira dit Michel. Tu peux monter.
- Merci Miche répondit Mira qui se dirigea vers la chambre d’Ana.
Elle frappa une fois, deux fois mais n’entendit la voix de personne. Alors, elle décida d’y entrer.
- Hey Ana ! cria-t-elle.
Elle ouvrit légèrement les yeux, dérangés par les rayons de soleil que laissaient entrer la fenêtre que Mira venait juste d’écarter.
- Il est qu…. qu….. quelle heure ? demandait faiblement Ana.
- Presque 10h30 jeune fille. On dirait que tu as abusé de ta rencontre d’hier avec Franck s’amusait-elle à dire. N’est-ce pas ?
- Tu as un esprit pervers Mira. Tout n’est que sexe pour toi ? lui demanda Ana.
Elle se leva et se dirigea vers ses toilettes pour se débarbouiller et se brosser.
- Il ne s’est rien passé, on a juste bavardé continua Ana, brosse dans la bouche. Tu es matinale ce matin, il y a quoi ? questionna-t-elle sur un ton plaintif.
- Rien, Ana ! Tu oublies qu’on doit réviser ? Les exams de fin d’année sont pour lundi. Et je te rappelle le discours qu’a tenu le proviseur hier. Je tiens à poursuivre mes études dans une grande école de graphisme, moi.
- C’est pour cela que tu es venue si tôt ? Se désola ironiquement Ana. Tu es trop relou. Je crois que ma mère a fini le petit déj. Mangeons et mettons-nous alors au travail.
Les deux amies descendirent et prirent le petit déjeuner. Après des heures de révision, elles décidèrent de prendre une pause.
A quelques minutes de là, au milieu d’un tas de ferrailles et des voitures en panne, se trouvait Franck. Franck, le petit ami de Ana, s’était lancé dans la mécanique et donc, les outils mécaniques n’avaient aucun secret pour lui.
Malgré les nombreuses prises de tête avec son père, propriétaire d’une banque d’investissement, Franck n’avait pas décidé d’aller plus loin dans les études. En effet, après son BAC obtenu avec brio, Franck n’avait pas trouvé adéquat les longues études alors il décida de relancer le garage de son grand-père. Contre avis de son père, Franck avait décidé quand même de ne pas poursuivre les études universitaires ce qui avait créé un froid entre les deux. En donnant la vie, la mère de Franck avait perdu la sienne. Le père de Franck s’était remarié et vivait dans une autre ville. Franck, en froid avec son père à cause de sa vocation de marcher dans les pas de son grand-père, vivait seul dans cette ville même si son père venait chaque week-end lui rendre visite.
Une Mercedes coupée venait de se garer devant la maison. Un homme de la quarantaine, avec un costume sur mesure, les cheveux blancs et biens soignés en descendit. Il se dirigeait vers la maison quand il entendit des bruits de clé dans l’office qui servait de garage à Franck.
- Oh non ! Ce gamin est encore avec ces saloperies d’outils se disait-il tout bas.
Il fit le détour et le voilà devant le garage.
- Fiston ! dit-il par surprise.
- Bonjour papa, lui répondit Franck tout sale avec de l’huile à moteur sur la moitié du corps.
- Tu connais le mot repos ? On est samedi fils. Poursuit son père avec son ton assez autoritaire, ce qui n’a pas plu à Franck.
- Le travail est ce qu’il est papa répondit-il un peu remonté. Tu ne m’as pas écrit comme d’habitude. Je ne pensais pas te voir ici poursuivit-il. Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il.
- Oui, tu as raison. Je n’ai pas voulu te faire signe ! Je l’ai fait exprès. Je voulais voir ce que tu fais réellement les week-ends. Apparemment tu ne faisais pas semblant, tu les passes réellement dans cette saloperie de garage dit-il en quittant le garage.
- Je te rejoindrai à la maison quand j’aurai fini rétorqua sèchement Franck.
Son père s’en alla et des minutes après, Franck le rejoignit.
- Tout ce potentiel intellectuel gâché dans la mécanique alors que je te voyais comme mon digne successeur s’indignait son père. A qui vais-je laisser l’entreprise une fois que je n’aurai plus la force de continuer ? lui lança son père, tenant une bière à la main.
- (Dégoûté) Papa, ça fait plus de mille fois qu’on parle de cela. Tu commences réellement à me saouler avec. Et si tu dois venir me dire la même chose à chaque fois, ce serait mieux de ne plus venir maugréa-t-il. Je suis désolé de ne pas être l’incarnation, le portrait craché du fils dont tu as rêvé. Est-ce que grand père lui, il t’a poussé à laisser tes études de Banquier pour hériter de son garage ? Chacun suit sa voie. La mienne, je l’ai trouvé et j’en suis fier. Comme tu te préoccupes tant pour ta succession dans ta banque privée d’investissement, je suis sûr qu’au moment opportun tu sauras quoi en faire.
- C’est ça ! Grand père, grand père, voilà tout ce que tu as à la bouche. Tu crois que c’est avec sa bourse de mécanicien que tu aurais eu cette vie de luxe ? Tu es jeune Franck et ce n’est pas encore trop tard. Inscris-toi, je te trouverai une bonne école lui dit-il.
- Oublions ce sujet, veux-tu ? répondit Franck, remonté. Je n’ai pas envie de me disputer chaque fois, pour les mêmes choses. On ne se voit qu’un jour pratiquement chaque semaine, je veux pour une fois juste profiter de ta présence tenta-t-il de calmer.
Le ton de son père redescendit. Le soleil n’était plus ardent, la température diminuait. Mira qui avait passé presque toute la journée chez Ana décida de partir.
- Nous avons été productives aujourd’hui ! Wouah que le temps passe vite remarqua Mira en regardant l’heure sur son portable.
- Dix-sept heures !? Est-ce exact ? demanda Ana étonnée.
- Exact ! Bon moi, il faut que j’y aille. Et puis décide un jour de passer chez moi ! Je ne vais pas être la seule à faire le tour.
- Baah okay. Je vais faire de mon mieux lui répondit Ana. Je te raccompagne en même temps, je vais profiter pour saluer tes parents.
- D’accord, il aurait fallu que je réclame.
La minute qui suivit, elles se mirent en roue pour chez Mira. Après quelques minutes passé là-bas, Ana retroussa chemin.
Pendant ce temps, Saly causait avec sa maman.
- S’il te plaît maman, laisse-moi dormir chez Jenny ce soir. Sa mère va nous surveiller lui disait la petite fille à sa mère.
- Pourquoi dormir chez autrui alors que tu as un toit ? lui répondit sa mère.
- C’est son anniversaire et je suis invitée répliqua-t-elle.
- Tu vas voir ça avec ton père quand il sera de retour conseilla sa mère.
-Tu seras plus convaincante si c’est toi qui le lui dis. Ana et Michel, eux, sont libres de faire presque tout ce qu’ils veulent s’apitoyait Saly.
- Ne me fais pas ce regard de chien battu. D’accord c’est okay mais c’est ton père qui aura le dernier mot.
-Il ne pourra pas dire non, si c’est toi qui le lui dis. Merci maman, Je t’aime dit-elle en faisant un câlin à sa mère.
Elle monta et frappa à la porte d’Ana.
- Oui ? C’est qui ? demanda cette dernière.
- C’est Saly. Je peux entrer ? répondit-elle.
- C’est ouvert. Tu me veux quoi ? répliqua Ana.
- Tu veux bien me préparer pour ce soir ? lui demanda gentiment Saly.
- Tu vas où ? interrogea Ana, ne comprenant pas la question de sa petite sœur.
- Chez Jenny. C’est son anniversaire lui répondit, Saly.
-Maman te laisse y aller seule ? questionna-t-elle en écarquillant les yeux.
-Oui, oui et je dormirai là-bas.
Le soir, à l’arrivée de son mari, Vanessa demanda la permission pour Saly. Vu que c’est Vanessa elle-même qui le lui a demandé, Paul n’y trouva pas d’injonction. Il autorisa la petite à aller à l’anniversaire de sa camarade, après avoir eu une conversation avec les parents de cette dernière.