VIEn s’éveillant, au lendemain de son arrivée à Aigueblande, Ourida crut continuer quelque rêve féerique. La veille, sa fatigue, sa prostration étaient si grandes qu’elle n’avait pu attacher son attention sur ce qui l’entourait. Mais ce matin, singulièrement réconfortée après une bonne nuit, elle remarquait la délicate splendeur de la décoration, du mobilier, des moindres objets. Tout ce que l’art français du XVIe siècle a produit de plus parfait, de plus raffiné, concourait à orner cette pièce qui ouvrait par trois larges portes vitrées sur une terrasse dominant des jardins établis sur d’étroits gradins, au long de l’assise rocheuse sur laquelle reposait Aigueblande. « Mais oui, je rêve... je rêve ! » songeait la jeune fille en palpant les draps d’une extrême finesse, ornés d’admirables

