Parfum de l'éternité

1000 Words
Élena se tenait là, figée, le cœur battant dans sa poitrine, presque incapable de respirer. Chaque fibre de son être semblait réagir à la présence de l’homme devant elle. Ses prunelles étaient d’or et d’ombre, remplies d’une profondeur infinie, comme si elles enfermaient en elles un secret trop lourd pour être porté par le monde. Azrael, c’était son nom. Mais comment pouvait-elle le savoir ? Pourquoi ce nom avait-il fait écho dans son âme, réveillant en elle une certitude qu’elle ne pouvait expliquer ? Elle n’avait jamais entendu ce prénom avant, et pourtant… c’était comme si elle l’avait toujours connu. — Tu ne te souviens pas de moi… n’est-ce pas, Élena ? Ses mots résonnèrent comme un écho douloureux dans son esprit. Élena se sentit trembler sous l’intensité de son regard. Un froid glacial envahit ses veines, et pourtant, il y avait quelque chose de brûlant, de magnétique dans cet homme. Quelque chose qu’elle ne pouvait pas ignorer. Elle savait, au fond d’elle-même, que cet instant allait changer sa vie à jamais. Elle tenta de secouer la tête, de repousser cette étrange sensation qui lui envoyait des vagues de chaleur et de terreur à la fois. — Qui êtes-vous ? sa voix trembla légèrement, trahissant sa confusion. Azrael ne répondit pas tout de suite. Il la regarda, une lueur indéfinissable dans les yeux. Il semblait hésiter, pesant chaque mot qu’il allait prononcer, comme s’il savait que ceux-ci avaient le pouvoir de briser quelque chose, de déclencher une tempête. Il avança d’un pas. Et un autre. Chaque mouvement de son corps semblait hypnotiser Élena, qui, malgré elle, se sentit attirée par lui, par sa présence. — Tu n’as pas le droit d’oublier, Élena. Il parla d’une voix si basse, si grave, que l’air autour d’eux sembla se figer. Elle le fixa, perdue. — Mais… je ne comprends pas. Elle fit un geste vague, désespérée, comme pour balayer l’incompréhension qui s’était installée en elle. — Comment pourrais-je t’oublier, alors que je ne t’ai jamais connu ? Azrael la contempla un instant, puis, dans un souffle presque inaudible, il dit : — Parce que tu m’as connu, mais que tu as perdu la mémoire… La chaleur s’intensifia dans ses joues. Son corps se tendit sous l’effet de ses paroles. Il la faisait douter de tout ce qu’elle croyait savoir, de tout ce qu’elle pensait être vrai. — Perdu la mémoire ? répéta-t-elle, incrédule. Cela n’a aucun sens. Elle chercha des repères, se raccrochant à la réalité, mais chaque mot qu’il prononçait semblait les effacer, les effacer un par un, comme si son monde tout entier se dissolvait dans un nuage de brouillard. Azrael s’arrêta devant elle, si proche qu’elle pouvait presque sentir son souffle caresser sa peau. Mais ce n’était pas ça qui la perturbait. Non. Ce qui la perturbait, ce qui la terrifiait, c’était le vide qu’il semblait porter en lui, ce poids invisible qu’il traînait derrière lui, comme une ombre. Un pouvoir maléfique et envoûtant. Il plongea de nouveau son regard dans le sien, et cette fois-ci, Élena ne put détourner les yeux. C’était comme si son âme était liée à la sienne, comme si ses pensées étaient leurs pensées. Comme si, au-delà des mots, un lien invisible existait entre eux. Un lien… ancien, peut-être même interdit. — Tu as un rôle à jouer, Élena. Un rôle que tu ne peux fuir. Il parla d’une voix pleine de certitude, comme si cette vérité ne faisait aucun doute. Elle sentit un frisson d’angoisse courir le long de sa nuque. — Un rôle ? Quel rôle ? De quoi parles-tu ? Azrael la fixa longuement. — Ce que tu ignores, Élena, c’est que tu n’es pas seule dans cette histoire. Il fit une pause. Tu as toujours été liée à moi. Et tu ne le sais même pas. Les mots résonnèrent en elle comme un marteau frappant une cloche. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait rien. Elle fit un pas en arrière, son regard se perdant dans celui d’Azrael. — Mais qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous voulez de moi ? Il la regarda avec une intensité telle que ses yeux semblaient briller dans l’obscurité de son âme. Il la fit avancer d’un pas, et, sans qu’elle ne puisse se contrôler, elle s’approcha de lui, comme attirée par un magnétisme irrésistible. — Je suis un ange déchu, Élena. Un ange déchu. Les mots traversèrent son esprit comme une brûlure. Ce nom… Azrael… il venait de l’associer à quelque chose d’infiniment plus grand. Un ange ? Mais il n’avait rien d’un être divin. Il n’avait rien de l’image d’un ange. Et pourtant… Elle était toujours là, figée sous son regard, incapable de comprendre. Tu ne vois pas ? Tu ne vois donc rien ? Il se rapprocha encore. Tu es l’âme sœur de l’ange déchu. Et j’ai tout perdu pour te retrouver. Son cœur se serra dans sa poitrine. Le mot âme sœur fit écho en elle. Mais pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? demanda-t-elle, la gorge serrée. Azrael ferma les yeux, comme pour se donner du temps. Il hésita, comme s’il allait lui confier un secret trop lourd à porter. Puis il murmura : Parce que… la guerre des cieux est imminente. Et tu es la clé, Élena. Les mots tombèrent dans l’air comme une bombe, fracassant tout ce qu’elle croyait savoir. Une guerre des cieux ? Qu’est-ce que cela voulait dire ? Pourquoi elle ? Pourquoi maintenant ? Il s’approcha enfin, saisissant sa main avec une douceur surprenante. Il y a trop de choses que tu ignores, Élena. Mais tu n’as pas le choix. Il fixa intensément ses yeux. Tu fais partie de cette histoire. Nous avons un destin commun. Et tu ne peux pas t’échapper de ce lien. Elle ferma les yeux, le cœur battant à tout rompre. Chaque parole qu’il prononçait était une invitation à un abyssal voyage qu’elle n’avait pas choisi. Mais quelque part, elle savait qu’elle n’avait pas le choix. Son âme… son âme l’avait toujours connu.
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