XLI L’AMOUR EN FUITE Houat - Plage du Salus.Du fait de la douleur endurée lors de la réalisation de son tatouage, Éliot s’était persuadé d’avoir vécu un rite de passage. Nulle recherche de symbolisme ou d’esthétisme, mais bien la volonté d’une souffrance infligée, lui avait suffi pour passer à l’acte. Fureur, jalousie, il ne s’était rien interdit. Il avait vécu l’amour comme une blessure et l’aiguille perçant son épiderme le lui avait rappelé. À vingt-cinq ans, à Tokyo, il avait tendu une feuille au tatoueur japonais. L’exécutant, un certain Tsubasa, ne sut jamais ce que « Juliette » signifiait. Nom commun ou prénom, il s’était contenté de reproduire les lettres, réalisant un travail d’orfèvre. Sur la plage du Salus, Éliot souhaitait entailler sa chair, la découper pour en faire dispara

