Chapitre 17 : Le Jugement de l'Honneur

974 Words
Préparation de la Défense ​Le lendemain matin, Amira, Kouemou et Yannick se présentèrent à la concession du Fon. Yannick, l'enfant otage, fut immédiatement mis sous la protection du Fon et de l'assemblée des notables, prouvant la machination de Tshameni. ​Japhet, caché en lieu sûr, attendait le signal. Son retour dépendait de l'issue de cette audience. ​Amira, épuisée, mais armée de la vérité, se prépara à prendre la parole. Elle n'était qu'une étudiante, mais elle allait jouer le rôle d'avocate de la famille Fotsing. ​La salle d'audience était pleine. Tshameni et Clarisse étaient présents. Clarisse, voyant Amira sans Japhet, semblait à la fois soulagée (pensant que Japhet avait fui) et terrifiée (voyant Yannick). ​Le Fon, solennel, frappa son sceptre. — L'audience est rouverte. Tshameni Kouam, vous avez accusé Japhet Fotsing de vol d'héritier. Vous avez prétendu que Marlyse voulait vous léguer la terre. Mais l'enfant Yannick est ici, et il a été retrouvé dans une cachette. Parlez. ​Tshameni, sans se laisser démonter, sortit l'Acte Sous Seing Privé volé. ​— J'ai ici l'acte que Japhet a tenté de détruire ! Il prouve que Marlyse a bien légué le terrain à Japhet, mais sous une condition qu'il a violée : prendre soin de l'enfant ! Il a fui l'enfant. Et j'ai ici le journal de Marlyse qui confirme que Japhet Fotsing est le père biologique de Yannick, légitimant mon autorité sur le garçon ! ​Tshameni produisit le faux journal, la page réécrite à la hâte. ​Le Contre-Interrogatoire d'Amira ​Amira se leva. Elle n'avait pas l'Acte, mais elle avait la connaissance. ​— Tshameni ment, Fon. Je suis Amira, la demi-sœur de Marlyse. Je n'ai pas l'Acte en main, car l'homme de main de Tshameni, Essomba, l'a volé dans la maison de Japhet à Yaoundé. Mais je connais son contenu. ​Amira regarda Tshameni droit dans les yeux. — L'acte stipule que le terrain va à Japhet, sous la condition qu'il prenne soin de « l'enfant de l'amour ». Et l'enfant de l'amour est le fils d'un Français, Olivier. Pas Japhet. Tshameni, vous avez falsifié ce journal ! ​Tshameni resta calme. — Vous mentez ! Où est la preuve que j'ai falsifié le journal et l'Acte ? ​Amira alla droit au but. Elle sortit le carnet de chèques du père de Japhet et le procès-verbal de police. ​— La preuve de votre mensonge est la preuve de votre mobile, Tshameni. Il y a quinze ans, Japhet n'a pas tué son père. C'est vous, Tshameni, qui avez forcé le père de Japhet, Maître Fotsing, au suicide ou à la mort, en échange d'un chantage de 5 millions de francs CFA ! ​Amira tendit au Fon le carnet de chèques, montrant la souche au nom de Tshameni, et le procès-verbal de police. ​— Ce chèque a été émis juste avant la mort du père de Japhet. Tshameni, vous avez utilisé la dette de sang de Japhet pour le contraindre à l'exil, pour épouser Clarisse, et pour vous laisser le terrain. Vous avez menti sur le meurtre, vous avez volé l'enfant, et vous avez piégé Japhet pendant quinze ans ! ​La Chute et le Retour ​L'assemblée était en ébullition. L'accusation de meurtre et de chantage financier éclipsait toute histoire de terrain. ​Le Fon, visiblement troublé par la gravité des accusations, s'adressa à Clarisse. — Clarisse Kouam, votre nièce affirme que vous avez été complice de cette machination. Est-ce vrai ? ​Clarisse, pâle comme un linge, se leva et regarda Tshameni. Elle savait que Tshameni allait la trahir s'il perdait. Elle décida de sauver sa peau. ​— Fon, c'est vrai ! Tshameni a forcé mon mariage avec Japhet. Il m'a menacée de révéler que j'avais aidé à cacher l'enfant. Il a le vrai acte entre ses mains, mais il l'a détruit ! ​La trahison de Clarisse fut le coup de grâce. Tshameni, se sachant perdu, tenta de fuir. Mais les gardes du Fon et les membres de la Confrérie du Léopard le cernèrent immédiatement. ​Alors que Tshameni était escorté hors de la salle, un homme entra. C'était Japhet. ​ ​Japhet était blessé, mais vivant. Il se dirigea vers Amira et la serra contre lui. ​— Tu as réussi, Amira. Tu as sauvé mon nom. ​Japhet se tourna vers le Fon. — Fon, Yannick est mon fils adoptif de cœur, mais vous devez reconnaître le droit de Marlyse. Le terrain revient à Yannick, l'enfant de Marlyse D'OUMAY. Je demande seulement l'honneur de le servir en tant que son tuteur légal. ​Le Fon hocha la tête, satisfait de la justice rendue. ​— Tshameni est banni. Ses biens sont saisis. Japhet Fotsing est libre de toute accusation. L'enfant Yannick sera sous la tutelle du clan Fotsing, et le terrain sera mis sous séquestre jusqu'à sa majorité. ​Le Fon décréta la paix, mais une dernière question demeurait. ​— Amira, le mensonge de la grossesse... ​Amira s'avança. — C'était un stratagème pour ma survie et pour dénoncer la fraude. Je ne suis pas enceinte. ​Le Fon sourit. — L'honneur est restauré. Mais le plus grand secret reste. Japhet Fotsing, le chèque que vous avez présenté est la preuve d'un crime. Qui a réellement tué votre père ? ​Japhet baissa la tête, le regard sombre. — C'était un accident, Fon. Tshameni a fait chanter mon père, mais c'était moi qui conduisais. ​— Quoi ? cria Amira. ​Japhet, pour la première fois, révéla la vérité. Il n'était pas le meurtrier, mais l'auteur involontaire du décès de son père. Tshameni avait utilisé sa culpabilité pour le faire chanter pendant quinze ans, le forçant à l'exil et au faux mariage. ​Le vrai Serment du Cacao était le secret mortel de Japhet. Et il était enfin révélé.
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