Cinq années s’étaient écoulées depuis la naissance d’Olivier-Marlyse, et Béni-Terre avait fleuri comme un corps enfin guéri. Le soleil du matin caressait les cacaoyers alignés en rangs parfaits, leurs cabosses rouge sang pendues comme des cœurs prêts à être offerts. L’air portait l’odeur lourde et sucrée de la fermentation, mêlée à celle de la terre humide après la pluie de la nuit. La Coopérative Fotsing n’était plus une simple association de planteurs : elle était devenue un modèle. Des acheteurs venaient de Genève, de Tokyo, de New York, pour goûter le cacao de Bouda – ce cru rare, éthique, traçable jusqu’à la dernière fève. Les profits revenaient aux familles, pas aux intermédiaires. Le Serment du Cacao, jadis une promesse murmurée dans l’ombre, était maintenant gravé dans les statu

