L’odeur du sexe, de la sueur rance et de la peur. C’était tout ce qu’il restait dans l’air poisseux du dispensaire.
Je fixais le plafond, le dos soudé à l'inox glacé de la table d'examen, pendant que mes tripes se nouaient d'une douleur que je n'avais jamais connue. Ce n'était plus seulement de l'excitation, c'était une torture. Je sentais ce liquide visqueux, cette encre de malheur, remonter de mon cou vers mes mâchoires. Ça goûtait le fer rouillé et la terre pourrie.
— Regarde-moi, Yassine ! grogna Samia.
Elle n'était plus la directrice digne que je respectais. Ses mains agrippaient mes cuisses avec une brutalité qui me laissait des marques rouges. Elle était à poil, trempée de sueur, ses seins lourds heurtant mon torse à chaque mouvement saccadé. Je voyais dans ses yeux une faim de prédatrice qui me donnait envie de hurler et de jouir en même temps.
Mais Zineb, elle, était pétrifiée. Elle fixait ma gorge.
— Samia, lâche-le... Regarde ce qui sort de lui, bégaya l'infirmière.
Je baissai les yeux. L'encre noire ne se contentait pas de couler ; elle traçait des lignes sur ma peau, comme si un démon écrivait un pacte directement sur mon torse. Partout où ce liquide passait, ma peau brûlait. Une érection monstrueuse, presque insupportable, me déchirait le bas du ventre, poussée par ce poison que Zineb m'avait fait boire. Mon sexe était devenu un instrument de supplice, tendu à craquer sous l'effet du sortilège.
— Je m'en fous du sortilège ! hurla Samia en se frottant sauvagement contre moi. Il est à nous. Tu as entendu ? Il ne partira nulle part. Pas de Sorbonne, pas de ville. Il va rester ici, à se vider en nous, jusqu'à ce qu'il en crève.
Zineb s'approcha, ses doigts tremblants effleurant la substance noire.
— C'est du sang de mort, Samia. Quelqu'un a saboté ma fiole. Si on continue, on va le tuer.
— Alors qu'il crève en me possédant ! répliqua la directrice en m'imposant un b****r sauvage, m'étouffant avec sa langue chargée de salive pendant que ses ongles s'enfonçaient dans ma chair.
Je ne pouvais plus respirer. J'étais leur chose, leur esclave sexuel. La douleur de l'encre se mélangeait à l'assaut de leurs corps. Chaque caresse me faisait l'effet d'une décharge électrique dans les couilles. Zineb, malgré sa peur, ne put s'empêcher de poser ses mains sur moi. Sa curiosité de médecin virait à la nymphomanie pure. Elle voulait voir jusqu'où mon corps pouvait tenir avant d'exploser.
— Regarde comme il b***e, murmura Zineb, sa voix redevenant basse et rauque. Son cœur va lâcher, mais son membre est dur comme du béton. C'est une érection de mort, Samia. Regarde cette encre qui coule le long de ses hanches...
Elles se remirent au travail sur moi, ignorant mes râles. Leurs mains se croisaient sur mon sexe, s'emparaient de chaque centimètre de ma peau. J'étais noyé sous leurs fesses, étouffé par leurs odeurs de femelles en rut. Je n'étais plus un futur docteur de la Sorbonne. J'étais un animal qu'on marquait au fer rouge pour le plaisir de deux folles.
Soudain, un bruit sourd frappa à la porte du dispensaire. Pas un coup poli. Un coup de bâton.
— Yassine ! Sors de là si tu veux rester vivant !
C'était la voix de Si Barka. Elle semblait venir d'un autre monde, celui de la raison.
Samia se figea, les yeux injectés de sang, les mamelons dressés par le froid et l'excitation. Elle se tourna vers la porte, les jambes écartées sur moi.
— Dégage, vieux débris ! Il est occupé à nous satisfaire !
— Tu es en train de le sacrifier, Samia ! cria Barka derrière le bois. L'encre noire a été activée ! La veuve Raya a parlé, elle a tout dit au village !
À la mention de Raya, Samia entra dans une rage noire. Elle se saisit du calice d'argent et le balança contre la porte dans un fracas métallique.
— Cette petite p**e ne l'aura jamais !
Mais moi, je ne les écoutais plus. Je sentais l'encre envahir mes poumons. Je voyais flou. La dernière chose que je sentis avant de sombrer dans un trou noir, ce fut la bouche de Zineb qui s'emparait de moi pour une ultime provocation, et le rire hystérique de Samia qui résonnait contre mes tympans alors que mon corps lâchait prise dans un spasme final.