La nuit était tombée sur l'autoroute AP-7. Le ruban d'asphalte filait vers le nord, vers la France, avalé par les phares jaunes de notre vieille Peugeot. L'ambiance dans l'habitacle était lourde, empoisonnée. Elena s'était assoupie contre la vitre, épuisée par la décharge d'adrénaline de l'après-midi. À l'arrière, Luka n'avait pas bougé. Il fixait le vide. Nous étions à une cinquantaine de kilomètres de la frontière de La Jonquera. Je calculais mentalement nos chances de passer les douanes avec nos passeports lituaniens. Soudain, le ciel noir au-dessus de nous s'illumina d'une lueur orange agressive. À cinq cents mètres, un immense panneau à messages variables enjambait les voies. D'habitude, il affichait des rappels de vitesse ou des alertes météo. Ce soir, le texte défilait en lettre

