Je lissais nerveusement le tissu de ma nouvelle robe. Le bleu des fleurs contrastait avec la pâleur de mes mains qui ne cessaient de trembler. La coupe était parfaite, cintrée à la taille avant de s’évaser avec une élégance qui me semblait étrangère. C’était un cadeau d’Ahmed et Nana. Un cadeau de liberté, ou peut-être d’exil. Mes pieds ne touchaient pas le sol. Assise sur le bord du lit d’hôpital, je me sentais comme une enfant. Perdue. Vidée. Le tissu léger de la robe glissait sur ma peau, mais mon corps pesait une tonne. Chaque battement de mon cœur résonnait comme un avertissement. Comment expliquer cela à ma tante ? Je n’avais même pas mes affaires, pas même mon carnet où le numéro de sa voisine était griffonné. Elle allait croire que j’avais fugué, ou pire, que j’avais déshonoré la

