Je me laissai glisser au sol, le dos contre le mur froid, mes jambes ne pouvant plus supporter le poids de ma honte et de ma détresse. Mes mains tremblaient si violemment que je manquai de faire tomber mon téléphone plusieurs fois. Sous le regard noir et pesant de Karim, qui se tenait debout comme un juge implacable, je procédai au virement. Mes doigts glissèrent sur l’écran, envoyant la moitié de cette somme astronomique sur le compte de ma tante. Le virement fut instantané. Le prix de mon âme venait de partir vers le village. J'appelai ma tante immédiatement, le cœur battant à s'en rompre les côtes. — C’est fait, ma tante… murmurai-je dès qu’elle décrocha, ma voix n'étant qu'un souffle brisé. Je t’ai envoyé de quoi couvrir tous les frais, et bien plus encore. — Il était temps, Nafi

