Le monde n'était plus qu'un tourbillon de sensations floues, une dérive entre la conscience et l'évanouissement. Mais lorsque le pouce et l’index de Karim vinrent à nouveau effleurer mon centre nerveux, ce petit bouton de chair à vif qui battait au rythme de mon sang, tout l’édifice de ma résistance s’écroula. Je m’effondrai intérieurement, poussant un cri sans paroles, un son déchirant qui monta vers les hauts plafonds du salon pour y mourir en écho. J’eus la sensation féroce d’être secouée par une tempête invisible, un ouragan de nerfs et de fluides qui me soulevait du marbre. Je surfais sur cette vague destructrice, portée par une force qui me dépassait, et une part terrifiée de moi-même ne voulait plus jamais atterrir. Je voulais rester là, suspendue dans cet éclair de plaisir pur,

