Chapitre 6: Le Prix de la Survie

828 Words
Nafi ​J'ai regagné la cuisine après l'appel téléphonique avec ma tante, le cœur lourd et l'estomac retourné. Le fait que Monsieur Diop ait tout entendu m'horrifiait. J'ai trouvé Madame Diop près de la table. — Bonjour, Madame, ai-je dit, tentant de retrouver mon calme. ​Elle ne m'a pas répondu. Elle a sorti une liasse de billets et l'a posée sèchement sur le marbre. — Aujourd'hui, c'est toi qui choisis le dîner. ​Puis, elle a quitté la pièce sans un mot de plus, me laissant avec l'argent et le poids du choix. Quelques minutes plus tard, j'ai entendu le moteur de sa voiture de luxe. Elle partait pour son commerce. La maison était vide. J'ai commencé à préparer les ingrédients, mais mon esprit tournait. J'étais en train de penser à un moyen d'être assez courageuse pour demander à Madame Diop la paye du mois prochain en avance, quand j'ai senti une présence derrière moi. ​J'ai sursauté. Monsieur Diop. Il était silencieux, sombre. Je me suis immédiatement mise à baisser les yeux et tripotant mes mains nerveusement. — Nafi, a-t-il dit de sa voix rauque. Suis-moi. ​C'était un ordre. J'ai obéi sans réfléchir. Je l'ai suivi, les yeux fixés sur ses pieds. Nous avons monté l'étage. Il a marché jusqu'à une grande porte en bois sombre et l'a ouverte. Son bureau. J'ai hésité sur le seuil, mais il a fait un geste de la main. J'ai donc fait deux pas dans la pièce. Il est entré à son tour et a refermé la porte derrière lui. ​Le bruit sourd de la serrure s'est imposé. J'étais seule avec lui, dans son espace privé, un lieu où Madame Diop ne venait jamais. Je suis restée au milieu de la pièce, attendant, mes mains devenant glacées. Le bureau était rempli de livres, d'écrans d'ordinateur, et d'une odeur de cuir et de cigares légers. Il n'est pas allé s'asseoir sur son fauteuil. Au lieu de cela, he a marché jusqu'à son grand bureau en bois, s'est tourné vers moi et s'est assis à moitié sur la table, dominant la pièce et mon espace. ​— J'ai entendu ton appel, Nafi, a-t-il dit, sa voix calme et sans émotion. ​J'ai senti une vague de chaleur et d'humiliation me monter au cou. Je me suis efforcée de ne pas le regarder, tripotant mes doigts jusqu'à ce qu'ils me fassent mal. — Monsieur, j'ai... J'ai essayé de m'expliquer, de dire que je n'aurais pas dû répondre au téléphone. Il m'a coupée net, les yeux fixés sur moi. — J'accepte de te donner ta paie en avance. Et je la triplerai. ​J'ai levé la tête brusquement. Tripler ma paie ? C'était assez d'argent pour le traitement de mon père, pour longtemps. L'espoir était une douleur physique. J'ai enfin croisé son regard, mes grands yeux fixés sur les miens. Il a souri, un sourire froid. — Mais à une condition. Je veux que tu sois mon amante. ​Son regard, son sourire de prédateur et ses mots m'ont giflée plus violemment qu'une main. Je sursautai et me retournai brusquement vers la porte. Ma première réaction fut la fuite, la panique. Mais quand j'ai attrapé la poignée, elle était verrouillée. Fermée à clé. Mon sang s'est glacé. J'ai collé mon front contre le bois, mes yeux brûlants. Une larme, chaude et amère, a roulé sur ma joue. ​Étais-je en position de refuser ? Non. Mon père était malade, les remèdes coûtaient cher. La paie triplée était la seule chose qui pouvait le sauver. Et de toute façon, si Madame Diop apprenait que j'avais refusé son mari, ne me virerait-elle pas tout simplement, me laissant sans rien ? J'étais prise au piège de l'argent et du statut. ​Avant que je n'aie le temps de me ressaisir, j'ai senti ses mains, grandes et chaudes, se poser sur ma taille. Il m'a tirée doucement, mais fermement, contre lui. Je me suis laissée faire, incapable de lutter contre cette force imposante. C'est là que j'ai senti son érection dure, pressée contre mes fesses. C'était la preuve tangible, physique, de son désir et de mon impuissance. ​— Elle est fermée à clé, Nafi, a-t-il murmuré d'une voix rauque juste à mon oreille. Le son a vibré jusque dans ma nuque. — Monsieur… vous êtes marié… ai-je réussi à articuler, le cœur serré dans ma poitrine. ​C'était une faiblesse, pas un reproche. Je savais que mon objection ne ferait que l'amuser. Sa main a glissé de ma taille jusqu'à mon épaule, le geste d'un propriétaire. — J'ai le droit d'avoir une amante. Je fais ce que je veux. Et personne n'a son mot à dire. ​Il a posé un b****r léger mais possessif sur mon épaule. — Et si elle l'apprend ? ai-je demandé, ma voix n'était qu'un souffle. Le risque d'être renvoyée me terrifiait toujours plus que l'homme lui-même. Il a resserré son étreinte, sa respiration lourde. — Elle n'en saura rien.
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