Le lendemain matin, la lumière était douce, presque timide. Elle filtrait à travers les rideaux de ma petite chambre de bonne, là-haut sous les toits. Je m'étais réveillée avant l'aube, comme toujours. Les gestes du quotidien m'avaient aidée à chasser les souvenirs de la veille. La porte. La voix de Madame. La chaleur de Karim encore au fond de moi. Je m'étais levée, j'avais enfilé une robe blanche simple, à manches longues. Je l'avais repassée soigneusement, comme si ce tissu modeste pouvait effacer ce qui s'était passé. J'avais remonté mes cheveux en un chignon serré. J'avais regardé mon reflet dans le petit miroir fêlé. Tu es à moi, Nafi. Sa voix résonnait encore. Mais Karim n'était plus là. Je l'avais vu sortir, tôt ce matin. J'étais à la fenêtre de la cuisine quand il était appar

