Nafi Le silence dans ma chambre est lourd de confidences qui ne demandent qu'à sortir, mais qui semblent mourir sur les lèvres de Nana. Elle est assise sur le bord de mon lit, les yeux fixés sur sa main que je soigne avec des gestes tremblants. La pommade brille sous la lumière crue de l'ampoule, mais ce n'est pas la brûlure du café qui me préoccupe. C'est celle, bien plus profonde, que je lis dans son regard hanté. Elle sursaute, ses doigts se crispant sur le drap au point de le froisser. Elle lève enfin les yeux vers moi, et pendant une seconde, je vois une détresse si immense que j'ai l'impression de me regarder dans un miroir brisé. — Nafi... murmure-t-elle, la voix brisée et étouffée par les sanglots qu'elle retient. Tu ne peux pas comprendre. Ici, tout est une question de dette.

