30 aoûtMalheureux ! n’es-tu pas en démence ? ne te trompes-tu pas toi-même ? qu’attends-tu de cette passion frénétique et sans terme ? Je n’adresse plus de vœux qu’à elle seule ; mon imagination ne m’offre plus d’autre forme que la sienne, et de tout ce qui m’environne au monde, je n’aperçois plus que ce qui a quelque rapport avec elle. C’est ainsi que je me procure quelques heures fortunées... jusqu’à ce que, de nouveau, je sois forcé de m’arracher d’elle. Ah ! Wilhelm, où m’emporte souvent mon cœur ! Quand j’ai passé, assis à ses côtés, deux ou trois heures à me repaître de sa figure, de son maintien, de l’expression céleste de ses paroles ; que peu à peu tous mes sens s’embrasent, que mes yeux s’obscurcissent, qu’à peine j’entends encore, et qu’il me prend un serrement à la gorge, comme

