VComme les pays changent de physionomie avec les aspects du ciel ! Nous quittons Cettigne par une splendide matinée d’automne, et cette fois nous traversons le désert de pierres aux heures les plus lumineuses du jour, de midi à quatre heures. Le ciel est absolument pur. Les pluies de la veille ont avivé les teintes des choses et donné à l’air une plus grande transparence. C’est toujours gris, ce pays, d’un gris presque uniforme dans toute son étendue ; mais dans cette monotonie il y a mille détails : des tapis de lichens, des petits cristaux de glace qui brillent comme des gemmes précieuses, des plaques de mousse pareilles à des morceaux de velours vert, et des brouillées brunes de branchages morts. Les mornes tristes sont baignés de soleil, et les lointains tourmentés de ce pays de pie

