Chapitre 01

1128 Words
Être la femme d’une célébrité, c’est vivre sous les projecteurs. C’est être enviée, admirée, fantasmée. Les femmes te regardent avec envie, certaines rêvent secrètement de prendre ta place. Être en couverture de magazines de mode, être invitée à des galas de luxe, vivre dans le faste, le glamour... Oui, à l’extérieur, ma vie ressemblait à un conte de fées. Mais hors caméra, c’était un cauchemar éveillé. Johnson Calvados. Star montante du football américain, sourire ravageur, regard tendre, discours pieux... Un mari "parfait", un père "modèle", un homme "au cœur d’or". Mais ça, c’était la façade. Un masque taillé sur mesure pour les médias. Car dès que les caméras s’éteignaient, le démon se réveillait. Un démon froid, v*****t, destructeur. Le bras droit du diable, et moi… j’étais son punching-ball. Flash-back — 15 ans en arrière J’avais 17 ans. Assise sur mon lit, téléphone en main, je scrollais les réseaux sociaux sans but précis... Jusqu’à ce que je tombe sur lui. Sa photo. Ce regard. Ce sourire. J’ai senti mon cœur exploser dans ma poitrine. Littéralement. C’était… instantané. Je ne le connaissais pas, mais j’étais déjà hypnotisée. Alors, comme toute ado en mode "espionne de l’amour", je me suis transformée en FBI. J’ai fouillé son compte de fond en comble. Albums, stories, likes… rien ne m’échappait. Et là, je tombe sur un article : « La nouvelle pépite du football américain : Johnson Calvados, 20 ans » Mon cœur a fait un double salto. Je me suis mise à me poser mille questions : Quel genre de filles aime-t-il ? Où vit-il ? Comment puis-je le rencontrer ? Je ne connaissais pas cet homme… mais il me hantait déjà. J’étais sous son charme. Non… j’étais envoutée. Mais ce doux moment de rêve fut interrompu par une voix tonitruante. Sandrine (ma mère) : — « MURIELLLLL !! » Elle hurlait mon prénom comme si la maison était en feu. Et moi, téléphone dans une main, oreiller dans l’autre, je sursautais en panique. — « Cet enfant me fait honte ! Vacances ou pas, il est déjà 11 heures passées et elle dort encore comme une paresseuse ! » Puis, comme toujours, elle ajouta en lingala : — « Yango nga penza nako pema te ! » (« Alors moi, je ne peux vraiment jamais me reposer ! ») — « J’ai 45 ans, une fille de 17 ans… et à quoi me sert-elle ? À rien du tout ! » Je levai les yeux au ciel. Encore une de ses crises matinales. — « Muriel ! Descends tout de suite ! » — « Oh Seigneur, accorde-moi la paix dans cette maison ! Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu ? » grognai-je en me levant à contrecœur. — « À quoi tu me sers franchement ? Il est 11h passées et mademoiselle est toujours en train de dormir comme une princesse en carton ! » — « Maman stp… j’étais juste fatiguée… » — « Depuis que ton père t’a acheté ce machin ton soi-disant téléphone tu es collée dessus 24h/24 ! Même pas honte ! Tu veux qu’un homme vienne t’épouser pendant que tu dors dans ton lit comme une Belle au bois dormant ? » Je levai les yeux au ciel. Encore une de ses crises matinales. Mais je savais que plus je répondais, plus elle montait en pression. — « Maman… pardon. Dis-moi juste ce que tu veux et j’y vais, aïe ! » — « J’espère au moins que tu t’es lavée, hein ? Parce qu’aujourd’hui c’est TOI qui cuisines ! » — « Hein ? Et Steph alors ? C’est pas elle la grande sœur ? » — « Insolente ! C’est à moi que tu réponds comme ça ? Aïe ! Les enfants d’aujourd’hui, vraiment ! Va dans la cuisine, et vite ! » Voilà mon quotidien. Ma mère avait une fille préférée : ma sœur Stéphanie. Et puis il y avait moi, Muriel, la domestique officielle, la Cendrillon non-officielle. Pas que nous étions pauvres, non. On survivait. Mais ma mère rêvait de grandeur, et elle voyait en ma sœur l’unique espoir d’y parvenir. Elle la chouchoutait, la protégeait, la glorifiait… Et moi ? J’étais celle qui devait tout faire sans jamais me plaindre. Mais même si je râlais souvent, je faisais tout. Pourquoi ? Parce qu’au fond, je me disais que ça finirait par me servir. Je suis une fille, non ? Alors autant maîtriser ce qui ferait de moi une « bonne épouse ». À cette époque, j’étais jeune. Naïve. Pleine d’espoirs. Et quand j’ai rencontré Johnson Calvados, tout le monde à la maison était ravi pour moi. Sauf Steph, évidemment. Elle tirait la tronche, comme si je venais de lui voler la couronne. Mais franchement, je m’en fichais. Notre histoire avait commencé sur les réseaux sociaux. Après avoir traqué chaque recoin de son compte comme une vraie FBI, j’ai pris mon courage à deux mains et… je lui ai envoyé une demande d’ami. Ce clic allait changer ma vie. Il avait accepté ma demande. Ce soir-là, après avoir terminé la tonne de corvées que ma chère mère m'avait imposées comme d'habitude, j’étais montée dans ma chambre, lessivée mais curieuse. J'ai attrapé mon téléphone et, comme tous les soirs, j’ai checké mes réseaux sociaux… Et là, BIM. Notification : "Johnson Calvados a accepté votre demande." Mon cœur a littéralement sauté un battement. Je souriais comme une idiote devant mon écran, mes yeux brillaient. Sans réfléchir, je lui ai envoyé un petit message, pas trop direct, juste assez pour lui montrer que j’existais. Mais… il n’a pas répondu. Pas ce soir-là. J’ai attendu, le téléphone greffé à la main. Rien. Mais j’avais encore de l’espoir. Peut-être demain… peut-être plus tard. Ce "peut-être" s’est transformé en une semaine entière de silence. Et puis, un soir, alors que je faisais défiler mon fil d’actualité comme une zombie, je reçois un message sur w******p. Messagerie WhatsApp Inconnu : Salut beauté Moi : Salut… euh, à qui ai-je l’honneur svp ? Inconnu : C’est Johnson Calvados. Tu m’avais laissé une demande sur f*******: Moi : Oh ! Oui… mais… comment avez-vous eu mon numéro ? Johnson : Disons que… c’est mon petit secret. Moi : Hmmm… J’étais méfiante. Intriguée. Curieuse. Mais tout ça s’est envolé au fur et à mesure que la conversation avançait. Il était drôle, charmeur, gentil, et il savait parler aux femmes. Ce soir-là, j’ai veillé jusqu’à 2h du matin. On s’est parlé de tout… de rien… et de nous. Quand j’ai enfin posé mon téléphone, j’avais le cœur qui battait à cent à l’heure. J’étais sur un nuage. À mes yeux, c’était clair : j’avais décroché le gros lot. Si seulement j’avais su que ce même "lot" allait devenir ma plus grande malédiction...
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