J'étais déjà au courant de leur liaison

2312 Words
Il regarde de l'autre côté et prend un grand souffle avant de reposer ses yeux sur moi. Je m'attendais à une explosion ou des cris, mais Baba avait l'air calme. Je sais qu'il a toujours été un homme calme, humble, élégant et avec beaucoup de classe. J'avais reculé pas peur qu'il ne déverse sa rage sur moi car ce que je viens de lui annoncer est non seulement horrible mais inattendu. Il ne dit toujours rien, puis lentement, un sourire ironique se dessine sur ses lèvres. Pas un sourire de joie, mais un autre type de sourire que je n'arrivais pas à identifier sur le coup. Je suis tellement abasourdie que je le fixe plus attentivement, me demandant si peut être ce que je lui avais annoncé l'avait rendu fou sur le coup. Baba: J'avais des doutes tu sais... Il continue de sourire et c'est la que je sus que c'était le sourire de ''je le savais''. La tournure que prenait cette rencontre était à des lieues loin de ce que j'avais imaginé dans ma tête en venant ici. Des doutes il a dit? Baba: J'étais venu à Montreal voir Awa et mon frère. Quand on s'est retrouvé tous les trois, ils avaient des réactions tellement louches que j'avais commencé à me poser des questions. Je me suis énervé contre moi même et me suis traiter de tous les noms. Mais y'a des choses qui m'ont mis la puce à l'oreille, les regards, comment ils ne parlaient pas tous les deux, comment ils s'évitaient... Un moment, Awa est venue s'assoir à coté de moi et comment Mansour l'a regardé, c'était pas un beau frère qui regardait sa belle sœur mais un homme jaloux. Et subitement, Mansour me présentait à d'autres filles alors qu'il savait que j'étais avec elle. J'avais besoin de plus de preuves avant d'y croire donc j'ai continué à faire comme si rien ne se passait. Il reprend son souffle Baba: Tu sais ce qui m'a le plus fait douter? Mon intuition. L'intuition Zahra ça ne ment jamais, au contraire, elle te prévient mais souvent on ne l'écoute pas. Moi: ... Je ne savais plus que dire. Moi qui pensais informer Baba et lui apprendre la pire nouvelle vie de sa vie, c'est un Baba qui n'attendait qu'une preuve que j'avais en face de moi. Il ne criait pas, ne jetait pas sa bouteille d'eau qu'il avait à la main, rien... Baba: Awa, je savais depuis longtemps que je ne l'épouserais pas. Nous les hommes, on fait comme si on ne remarquait rien de ce que vous faites. Vous avez tout faux. Je l'observais, étudiais sa personnalité et son caractère et la testais pour certaines choses que je ne te dirais pas. Cette affaire avec Mansour n'a fait que confirmer qu'elle n'est pas la femme pour moi, celle qui devrait porter mes enfants. Et Dieu sait que je ne lui ai jamais été infidèle, je ne regardais personne d'autre. Baba subitement, il me faisait pitié. J'ai l'impression qu'il est la vraie victime de cette histoire. C'est vrai que je me suis faite planter un couteau dans le dos par mon amie, mais moi je n'avais plus aucun sentiment pour son frère quand j'ai appris cette histoire. Ce qui me blesse, c'est le manque de considération et l'hypocrisie d'Awa, c'est tout. Je réalise que je me sens coupable de l'avoir dit à Baba Moi: Je suis vraiment désolée de te le dire comme ça. Je voulais juste me venger et je me disais qu'elle ne te méritait pas Il sourit encore Baba: Mansour c'est un homme et un homme quand tu t'offres à lui eh beh il prend. Je ne suis pas en colère contre mon frère surtout que ce n'est pas la première fois qu'il me fait ça. Mon hébétement a du se lire sur mon visage pour qu'il éclate de rire Baba: Quand j'ai eu le bac et je suis parti en France, il m'a fait le même coup avec ma copine de l'époque. Je ne peux rien faire pour une fille qui ne se respecte pas que ça soit Awa ou l'autre. Ce n'est pas la faute de Mansour, moi je continuerais à être pareil avec lui comme si de rien n'était. Moi: Ton frère excuse moi mais c'est un s****d, comment peux il faire ça? Baba: Il est insouciant, il n'a pas encore grandi mais laisses le, la vie va lui montrer. Ne lui dis rien. Moi: Je pensais que t'allais les tuer Baba: A quoi ça sert? J'avais déjà vu de mes propres yeux ce qui se passait mais je n'ai rien dit parce que j'avais plus important à faire et je sais que la vérité sortirait tôt ou tard. Awa sait au fond d'elle que je ne l'épouserais pas, voilà pourquoi elle me fait des crises, casse et reprend quand elle veut. Je ne lui dirais même pas que tu m'as dit quelque chose parce que je le savais avant toi. Laisses moi m'occuper d'elle. Baba, je l'apprécie encore plus. Si seulement Mansour avait un peu pris de la classe et de la maturité de son frère! Moi: Je vais y aller alors mais désolée encore Baba: Désolée de quoi? De m'avoir appris quelque chose que je savais déjà? Il me sourit. Baba: Cherches toi quelqu'un de bien et oublies les. Je sais que Mansour t'a blessée mais tu peux l'oublier. Moi: Je l'ai oublié bien avant d'avoir appris la nouvelle et pour tout te dire ça ne m'a pas fait mal ne serait qu'un iota. C'est Awa plutôt. Il ne dit rien et me regarde avec compassion. Moi: Je vais bouger on m'attend a la maison Baba: Viens je t'emmène Moi: Non c'est bon c'est vite fait Baba: Je vais vers ton quartier t'inquiètes. On monte en voiture. Il met la musique et commence à discuter, mettant aux oubliettes notre conversation plutôt inattendue de tout a l'heure. On parlait de nos boulots respectifs, du retour à Dakar, juste de tout et de rien. Il arrive devant ma porte et on voit maman qui arrivait aussi. Il se gare mieux et descend de la voiture Maman: Baba t'es comme ton frère toi. On ne vous entend ni vous voit nulle part c'est pas bien ça. Baba: Tata c'est le boulot mais ça fait longtemps que je pense à venir vous rendre visite. Maman: C'est la même excuse mais ça fait plaisir de te voir mon fils. Et ta mère? Je lui ai parlé il y'a un peu plus d'un mois. Tu la salueras pour moi. Baba: Je lui dirais et je promets de passer plus souvent. Maman: Bon je te laisse avec ta belle soeur Elle rentre et me laisse avec Baba dehors qui me regardait avec étonnement. Baba: Tu n'as rien dit a ta mère? Moi: Non mais je compte le faire tout de suite parce que j'en ai marre de cette situation, surtout ses allusions quant à mon mariage avec ton frère. Baba: Tu vas la faire déchanter mais fais le tu as raison ne tardes pas trop. Vas y je te laisse. Moi: Merci Baba c'est gentil a toi. Rentres bien. Baba: On garde contact toute façon. Moi: BiensurJe rentre et la trouve au salon. Je me mets coté d'elle Moi: Je dois te parler sérieusement maman. Maman: Tout se passe bien? Moi: Oui. En fait... Je lui explique toute l'histoire, sans rien cacher, les trahisons, le sms, tout... J'avais eu honte tout ce temps de dire que c'est Mansour lui même qui a décidé d'arrêter. Ma mère disait des ''Stafourlah'' ''Soubhanallah'' tellement elle ne s'y attendait pas. Elle reste un moment assise, la main sur la bouche, regardant le sol. Maman: Mansour moy domeram deug! (Mansour c'est un vrai b****d). Comment as il osé faire ça? Et Awa? Je t'avais dit un jour de ne pas tout lui confier et de faire attention à elle. Ne te l'avais je pas dit? Ne t'avais je pas dit que Kiné est une meilleure amie qu'elle? Mais tu m'as répondue que je suis injuste et que je la juge sans la connaitre n'est ce pas? J'avais complètement oublié cela! Maman: Ta mère, elle ne te dira jamais ce qui est mauvais pour toi. Awa, j'ai toujours su qu'elle n'avait pas froid aux yeux mais quand je parle d'elle tu te fâches. Mansour je veux que tu le laisses tranquille, pour de bon. Moi: C'est déjà fait maman. Maman: Je sais que tu ne m'as rien dit parce que tu avais honte mais il ne fallait pas. Je suis la pour toi, te conseiller, te consoler quand tu en as besoin. Moi (lui faisant un câlin): Merci mamaaaan Maman: Ne t'en fais pas. L'homme que Dieu t'a réservé sera la quoi qu'il arrive. Je vais dans ma chambre, contente, mais surtout soulagée que ma mère sache enfin la vérité. Je passe le reste de la nuit a texter avec Momar... Le lendemain, pareil Mr Niang m'envoie chez un autre client et laisse Ami faire autre chose. Je sens qu'elle n'aimait pas du tout mais je n'y pouvais rien. Déjà Mina, voila Ami comme seconde ennemie. Awa avait cessé les appels mais pas les messages. Je pense qu'il y'a des cases qui lui manquent. Elle a quoi a me dire ''C'est lui qui a fait le premier pas, ou on ne se voyait pas tous les jours''. Elle pense que ça change quelque chose? Assez parlé d'elle la d'ailleurs. Pendant la pause, je m'entends avec Aziz pour qu'il nous retrouve au restaurant ou Myriam et moi devions prendre les desserts Moi: N'emmènes pas ta voiture parce qu'elle te reconnaitra, ne mets même pas ton parfum parce qu'elle le sentira. Restes à l'écart et attends juste que je t'envoie un message Aziz: Ok c'est compris. Merci petite soeur je te revaudrai ça. Myriam vient me chercher à la descente et heureusement sans sa mère. Je ne pose pas de questions mais je me demande comment elle a fait pour que cette dernière ne suive pas car je sais qu'elle veut mettre des bâtons dans les roues à Aziz. Je saute sur elle. Moi: Tu m'as troooooop manqué ma belle soeur préférée! Elle rigole mais ça se voyait sur son visage qu'elle était mal, elle n'avait pas enlevé sa bague ce qui est très bon signe et n'avait pas changé la photo d'Aziz sur son le fond écran de son téléphone. Je voulais parler d'Aziz mais je ne sais pas si elle avait envie d'en discuter malgré que ce fut flagrant qu'elle a souffert ces derniers jours sans son homme, le seul qu'elle ait connu et aime éperdument. On arrive et à peine installée, j'envoyai un message à mon frère qui se tenait près et n'attendait que mon signal. Myriam: J'ai envie d'un virgin colada mais je ne sais pas s'ils font ça ici. Moi: Bien sur qu'ils le font 'Myriam se tourna pour appeler le serveur et tomba sur un homme grand et a la carrure imposante qui marchait vers elle d'un pas déterminé. Elle me lança un regard apeuré. Aziz arrive à notre hauteur et s'immobilisa, regardant Mariam d'un visage si coupable que je sus qu'il regrettait vraiment son acte. Je m'attendais à ce que ma belle soeur fasse une scène ou lui ordonne de quitter les lieux et de la laisser tranquille mais elle ne fit rien. Ils se connaissent tellement qu'ils communiquaient en silence. Puis sans que je ne comprenne Myriam se leva et se jeta dans les bras de son mari en pleurant. Je puis vous assurer que ce fut tres émouvant et qu'ils étaient devenus le point de mire du restaurant. Aziz (en caressant ses cheveux): Je t'aime bébé, je n'aime que toi et je te promets que je passerai le restant de mes jours à te rendre heureuse et me faire pardonner. J'ai mal agi mais je t'en supplie ne me laisses pas. J'ai fait une grave erreur en te mentant et je le regrette, je ne le referais plus. Myriam (qui continuait de pleurer): J'ai...j'ai cru que ...que je t'avais perdu. Aziz: Non mon amour, non tu ne peux pas me perdre parce je t'appartiens, je n'appartiens qu'à toi, toi seule Myriam. Reviens stp reviens. Je regarde autour et deux serveuses observaient attentivement la scène d'un air rêveur tandis que j'étais surprise d'Aziz. Je ne savais pas que c'était un tel loveur mais bon quand y'a son mariage en jeu, on a plus le choix surtout si l'on est amoureux fous comme ces deux la. Les tables d'a coté avaient aussi reporté leur attention sur le jeune couple. lls restèrent debout enlacés quelques minutes puis Myriam prit son sac et chuchota dans l'oreille d'Aziz Myriam: Vas chez moi récupérer toutes mes affaires stp. Je préviendrais maman de ton arrivée. Aziz (heureux comme jamais): Retrouves nous à la maison mais restes manger si tu veux. Il me donne 50 000 fr en remerciement puis, le bras sur sa taille, ils sortirent et me plantèrent dans le restaurant. Quels ingrats! pensais je avec un sourire attendri. J'étais soulagée et très fière que mon plan ait si bien marché. Myriam n'a pas aussi résisté que j'aurais cru mais c'est tant mieux pour Aziz qui espérons cette fois aura appris sa leçon. Heureusement les parents n'ont rien appris... 50 milles pour un cocktail! Myriam devrait se fâcher plus souvent alors. Puisque j'étais seule maintenant, je vais rentrer à la maison au lieu de rester ici sans compagnie. Si seulement Momar pouvait être la! Mais on avait prevu de se voir ce soir surtout que c'est le weekend. Je me lève et prend mon sac remerciant les serveuses pour leur compréhension. A peine ai je fait un pas que je vis un visage familier entre dans le restaurant. Momar et la femme avec qui je l'ai vu le premier jour bras dessus bras dessous. ...
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