2: L' ex

695 Words
Daniel Kenneth est un excellent chirurgien : jeune, séduisant, à la peau noire et aux cheveux courts. Il parle avec douceur, calculant ses mots comme s’il pesait chaque syllabe. Ce n’est pas un homme nonchalant : c’est quelqu’un de responsable, qui respecte profondément ceux qui l’entourent surtout les femmes et les enfants. Célibataire, il a perdu son père très tôt. Après ce drame, il a travaillé sans relâche pour construire son empire et soutenir sa mère et sa petite sœur, Brigitte. Tout ce qu’il possède est le fruit d’un labeur acharné : jamais personne ne lui a tendu la main pour lui dire « tiens, prends ça ». Son passé l’a forgé en un homme solide et généreux, capable d’aimer et d’écouter la détresse des autres. Il sait tendre la main à ceux qui en ont besoin. Thérèsa et Vénus n’avaient rien à craindre de lui : il les traiterait comme sa propre famille. Lorsqu’il ouvrit la porte, Thérèsa entra, légèrement nerveuse. Elle observa la maison d’un pas mesuré, ses yeux marron foncé balayant la pièce comme au ralenti. Elle s’arrêta en voyant Daniel, qui, de dos, venait de déposer la petite Vénus sur le lit. — Oh... waouh, murmura-t-elle, étonnée. Tout ça est à toi ? — Oui, répondit-il simplement. Le lit était immense, digne d’un palace. Thérèsa, qui croyait connaître cet homme, n’aurait jamais imaginé qu’il fût si riche. Au travail, il se faisait passer pour un serveur et chaque matin lui apportait son café au lait. Jamais elle n’aurait cru qu’il soit un magnat. Daniel regarda la fillette et dit, la voix pleine de compassion : — Elle a beaucoup pleuré. — Oui… c’était dur pour nous, répondit Thérèsa. Sa voix se brisa à ces mots ; on lisait la souffrance sur son visage. Daniel sentit sa détresse. — « Oublions ça, dit-il doucement en lui tendant la main. Penser à cette séparation n’aidera pas. » — « Il vaut mieux éviter ce sujet sensible. » Mais Thérèsa n’y tint plus. Les mots jaillirent, amers. Il m’a brisé le cœur, et celui de ma fille. Il nous a trahies, Daniel ! Elle éclata en sanglots. Daniel quitta le lit et la prit dans ses bras, la calmant du mieux qu’il put. — « Calme-toi, Thérèsa. C’est fini maintenant. Oublie-le. Tu es une femme forte. — « Non, répliqua-t-elle, la voix tremblante. Quand il est arrivé avec cette Sophia. » — « J' aurais dû réagir : lui mettre une gifle, l’empêcher de se moquer encore des femmes de sa vie de gosse de riche… » —« pour elle, sa maîtresse, j’aurais voulu l’étrangler avant de partir. » La colère brûlait dans sa voix. Daniel, surpris, sentit la rage qui l’animait toujours, mais aussi la fatigue. Il avait connu Thérèsa comme une femme humble et souriante ; il ne soupçonnait pas qu’elle ait supporté un tel homme. —« C’est un crétin, dit-il avec fermeté. Oublie-le et concentre-toi sur ta fille et ton avenir. » — « Tu ne comprends pas, protesta-t-elle. Cette femme a cru que j’étais faible. » — « Qu’elle pense ce qu’elle veut. Toi et moi, nous savons la vérité. Tu es une femme remarquable. » Thérèsa le coupa net, le regard dur, la mâchoire serrée. Ses yeux, petits mais perçants, brillaient d’un défi silencieux : il n’y aurait pas de retour en arrière. Elle voulait se venger — mais pas n’importe comment. Après un long silence, la colère laissa place à une fatigue profonde. Vénus, épuisée, gardait les yeux mi-clos. Daniel posa sa main sur l’épaule de Thérèsa, calme et déterminé. — «Si tu veux agir, dit-il d’une voix basse, laisse-moi t’aider. » — « Pas par la violence mais par justice. On exposera la vérité. Tu obtiendras. Et si tu as besoin, je garderai Vénus pendant que tu reprends des forces. Thérèsa resta immobile, puis hocha la tête, fragile mais reconnaissante. Dans le silence feutré de la chambre, une stratégie prenait forme. Une revanche mesurée, où la dignité primerait sur la haine. _ « Est-ce que tu veux la justice contre ton mari ? » Demanda Daniel. _ « L' ex... » Thérèsa l' interrompit instantanément.
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