Moscou – Père Il avait le faciès neutre et toujours accompagné d'une voix calme, si calme que j'éprouvais au fil des secondes une certaine rancoeur à son égard. Il se proclamait comme mon père. Quelle figure paternelle pathétique. L'ébauche d'un sentiment âpre m'enfiévrait au point de m'immiscer dans l'antre des ténèbres pour assouvir cette soif de colère. Mes infortunes hargneuses criblèrent mon cœur comme si une dague aiguisée transperça cet organe défectueux, laissant ses râles s'amoindrir. Je rigolai nerveusement face à sa folle déclaration. — Mon père, dis-tu ? Un père qui ne me désirait pas, un père qui n'avait jamais éprouvé une once, j'ai bien dit une once d'amour et de reconnaissance à mon égard. Un père qui méprisait son enfant d'avoir été mis au monde par une misérab

