Du même auteur-17

2002 Words

— Au printemps, quand Aloïse aura accouché. C’est bien, mon garçon, c’est bien… Il pose timidement sa main sur le bras de Colin, secoue la tête. T’as eu raison de partir. Ç’a été dur sans toi et la mère n’a pas compris que je te laisse aller, mais c’est pas une vie ici. J’sais pas combien d’temps j’vais vivre encore… Tes frères sont costauds, mais t’as vu la misère ? Est-ce qu’on aura assez de grains pour tenir cet hiver ? Et de foin ? Si l’hiver vient par trop tôt… Oui, faut t’en aller d’ici, mon garçon. Et pis, t’es plus pareil. J’suis fier de toi, tu sais, mais t’es plus pareil aux autres, à ceux d’ici. Y te craignent, y te respectent et tu leur fais peur… Et pis tes disputes avec le père Gauthier… Jamais son père n’a tant parlé. À cinquante ans, il est vieux, usé, brisé par le travai

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