V Le sacreNous sommes au 2 décembre 1804. Dès le matin, tout Paris est sur pied. Il fait très froid. Le ciel est brumeux, mais on ne songe pas à la rigueur de la saison. Toutes les rues par lesquelles doit passer le cortège ont été soigneusement nettoyées et sablées. Les habitants ont décoré la façade de leurs maisons selon leurs goûts et leurs moyens, avec des draperies, des tapisseries, des fleurs artificielles, des branches d’arbres verts. Deux haies d’infanterie bordent un espace de près d’une demi-lieue. Bien avant l’heure où le pape et l’empereur doivent quitter les Tuileries pour se rendre à Notre-Dame, une foule innombrable se presse dans les rues, à toutes les fenêtres, sur tous les toits. Le maréchal Murat, gouverneur de Paris, offre de bonne heure un magnifique déjeuner aux pri

