Chapitre 18

1461 Words
Il se redressa juste assez pour la dominer de toute sa carrure. Ses mains puissantes la tenaient en place, ses paumes ancrées sur ses hanches, comme des chaînes. Elle ne bougeait plus, offerte, cambrée sous lui, le souffle court, la nuque humide de tension. – Regarde-toi, grogna-t-il. T’es là, allongée comme une traînée, à attendre que je te prenne comme un chien prend sa femelle. Et tu veux me faire croire que t’as du caractère ? Elle tourna légèrement la tête, un sourire insolent au bord des lèvres, les yeux brillants de fièvre. – C’est parce que j’ai du caractère… que je veux que ce soit toi. Un rictus tordit ses lèvres. Il pencha la tête vers elle, son torse frôlant sa peau nue, ses lèvres contre son oreille. – C’est pas une faveur que je te fais. C’est une leçon. Elle frissonna. Mais elle ne bougea pas. Elle l’attendait. Comme il le voulait. Il se redressa lentement, faisant glisser ses mains sur son dos, suivant chaque courbe, chaque tension dans ses muscles. Puis, d’un coup sec, il claqua sa paume contre sa hanche. Il la pénètre sauvagement. Pas pour la blesser. Pour la marquer. – Chaque fois que tu me provoques, c’est ça qui t’attend. Et crois-moi, je retiens tout. Elle poussa un souffle rauque, incapable de cacher l’effet qu’il avait sur elle. Elle le savait. Il le savait. Et ça le rendait encore plus dur, plus dangereux. – Parle encore, ordonna-t-il. J’veux t’entendre dire à qui tu appartiens. Elle se mordit la lèvre, la voix tremblante d’excitation mêlée de peur. – À toi… Il passa sa main dans ses cheveux, tirant légèrement sa tête en arrière. – Plus fort. – À toi ! Il se pencha sur elle, son torse contre son dos, sa bouche à son oreille. – T’as intérêt à pas l’oublier. Parce que dehors, t’es peut-être jolie, t’es peut-être libre. Mais ici ? T’es à moi. Et je fais ce que je veux de toi. Lorsqu'ils eurent fini, le silence retomba dans la pièce, seulement troublé par le souffle encore saccadé de Zaynab. Elle était allongée sur le lit, nue sous les draps, les yeux mi-clos, encore vidée de ses forces. Mourad, lui, s’était levé presque aussitôt. Une douche rapide, froide, presque mécanique. Il ne disait rien. Il s’habillait avec sa précision habituelle : pantalon ajusté, chemise parfaitement repassée, montre remise à son poignet. Zaynab l’observait à travers ses cils, sans parler. Il passa une main dans ses cheveux, saisit ses clés posées sur la commode, puis jeta un dernier regard vers elle. – Je t'aime. Il ouvrit la porte sans attendre de réponse et sortit. Quelques secondes plus tard, elle entendit le moteur de sa voiture rugir doucement, puis le silence. Zaynab resta immobile, le cœur encore battant, le corps encore chaud. Mais cette fois, elle se sentit un peu vide. Le salon était silencieux quand Mourad poussa la porte. Sa mère, Oulaya, Saran, son oncle Samer, et Khoudia étaient déjà installés. Les femmes souriaient, sereines, presque détendues. Même Khoudia esquissa un sourire discret, comme si elle s'était préparée à ce moment depuis des semaines. Mourad les salua brièvement, la mâchoire tendue, et s’installa sans dire un mot, dos droit, regard froid. Il n’était pas d’humeur à jouer à la famille heureuse. Il voulait juste qu’ils finissent leur petit numéro et qu’on le laisse partir. Oulaya fut la première à briser le silence, le ton doux mais teinté d’ironie. – Tu arrives en retard pour une grande nouvelle, Mourad. Il leva un sourcil, blasé. Aucun enthousiasme. Rien n’avait l’air de l’atteindre. Sauf l’agacement. Et ça, il le masquait à peine. Samer, posé dans son fauteuil comme un juge qui s’apprête à rendre un verdict, croisa les bras. – C’est une bonne nouvelle que ta mère m’a confiée. Après discussion avec les sages, une décision a été prise. Et c’est eux qui m’envoient. Mourad le fixa, silencieux, le regard noir. Il savait que ce genre d’annonce n’était jamais innocent. Samer reprit, plus solennel : – Après un mois d’attente. Khoudia est enceinte. Un rire sec, brutal, jaillit des lèvres de Mourad. Il secoua la tête, comme si on venait de lui balancer une farce de mauvais goût. – C’est sérieux, Mourad, intervint sa mère, le regard ferme. Il la fixa à son tour, sans cligner des yeux. – Elle ment. Khoudia ne peut pas être enceinte. Et elle le sait aussi bien que moi. Samer serra les mâchoires. – Fais attention à ce que tu dis. Sois un homme responsable. Oulaya intervint avec douceur, mais son sourire trahissait une satisfaction contenue. – C’est le docteur de la famille qui l’a consultée. C’est officiel. La colère monta d’un coup. Il se redressa sur le canapé, les bras tendus sur ses genoux, le regard lancé comme une gifle. – J’ai mis un p****n de préservatif. Et j’ai même pas joui en elle. Cette fille n’est pas enceinte. Saran se leva sans un mot et lui tendit une chemise contenant plusieurs documents. Mourad l’ouvrit. Des analyses. Des courbes. Des résultats. Positifs. Maysa, restée en retrait jusque-là, ajouta calmement : – Si tu veux, on peut aller voir un autre médecin. Celui que tu veux. N’importe où. Il referma brutalement la chemise, ses nerfs prêts à éclater. Il se tourna vers Khoudia, le regard dur. – Très bien. Prépare-toi. On voyage demain. Elle hocha doucement la tête, sans rien dire. Son visage restait impassible, mais elle restait sereine. Puis Mourad ajouta, la voix plus froide encore : – Même si t’es enceinte… on va se séparer. Un frisson glaça la pièce. Maysa leva les mains, tentant de calmer l’atmosphère. – Mourad, tu dois te poser. Ne prends pas de décision sous la colère. Mais il coupa net, sans même lui accorder un regard. – Je me fiche de tout. De la tradition. Des sages. Je vais divorcer. Le silence tomba brusquement. On aurait pu entendre une épingle tomber. Jusqu’à ce que la voix de Samer vienne briser cette tension, ferme et grave. – Si tu fais ça, tu perdras tout. Tu le sais, Mourad. Chaque homme qui a osé défier la tradition est tombé. Aucun n’en est sorti vivant. Ni libre. Ni puissant. Le regard de Mourad était noir. Il ne répondit pas. Il se contenta de fixer un point invisible, les mâchoires serrées à s’en faire craquer l’os. La haine le brûlait de l’intérieur. Pas contre Khoudia. Pas contre sa mère. Contre tout. Contre ce système. Contre ce piège. Il tourna les talons, quittant la maison sans un mot. La nuit était tombée sur Dubaï quand il rentra à la villa. Le silence régnait, pesant. Il ouvrit la porte, la referma lentement, et balaya le hall du regard. Zaynab n’était plus là. Un vide palpable. Aucune voix, aucun parfum. Elle était retournée chez elle. Sans prévenir. Sans laisser un mot. Et c’était une bonne chose. Il n’aurait pas su lui expliquer. Pas ce soir. Pas avec cette rage au fond du ventre. Il n’aurait pas supporté son regard. Ni ses questions. Ni son mépris. Il jeta ses clés sur la table basse, s’écroula sur le canapé, les coudes sur les genoux, la tête entre les mains. Tout se refermait sur lui. Et il n’avait plus personne à qui le dire. ● Le lendemain matin, sur le tarmac privé de l’aéroport, le jet de Mourad attendait, prêt à décoller pour l’Allemagne. L’air était calme, le ciel dégagé, mais l’atmosphère autour de l’homme d’affaires était lourde. À ses côtés, Bella Dior pianotait sur son téléphone, silencieuse. Khoudia, elle, paraissait étonnamment sereine. Trop sereine. — C’est vraiment nécessaire qu’on aille jusqu’en Allemagne pour ça ? demanda-t-elle en croisant les bras. J’aurais pu faire ce test ici, discrètement. — J’ai pas envie d’un test approximatif, répondit Mourad sans détour. Là-bas, les résultats seront clairs. Et je veux du clair. Il portait un regard froid, déterminé. Il ne laissait rien transparaître d’autre que son besoin de vérité. Khoudia ne répondit pas. Elle se contenta de hausser les épaules, comme si tout cela ne la concernait qu’à moitié. Ils s’apprêtaient à monter à bord quand une voix éclata derrière eux : — Et bah alors ? Vous partez tous ensemble ? Mourad se figea. Il se retourna lentement. Zaynab. Elle s’avançait, calme en apparence, mais ses yeux lançaient des éclairs. Elle portait un jean taille haute, un haut blanc et ses cheveux attachés en un chignon flou. Les lunettes de soleil relevées sur sa tête ne masquaient pas l’irritation sur son visage. — Pourquoi tu fais cette tête ? poursuivit-elle en s’approchant. T’es choqué de me voir ? T’as cru que t’allais partir tranquillement en douce, faire tes petites affaires dans mon dos ? Mourad resta silencieux. Bella Dior, elle, esquissa un sourire. À suivre
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