AlexVers huit heures trente, ce lundi matin, Alex passe, à pied, la grille de l’usine. Il jette un coup œil au parking et constate, presque coupable, que de nombreuses places sont occupées. Un peu comme s’il arrivait en retard. Il n’a pas l’habitude d’arriver à cette heure-ci, lui qui travaille habituellement sur ses machines dès six ou sept heures du matin, mais il a eu envie de prendre un peu son temps ce matin, de profiter de son lit une demi-heure supplémentaire. Il chasse cette culpabilité mal placée et avance d’un bon pas en direction du tourniquet, s’arrête au kiosque des fumeurs, une sorte de grand abri de bus situé devant l’entreprise, où s’entassent, à tour de rôle, les intoxiqués de l’entreprise, salue les quelques collègues présents. Il se sent bien ce matin, reposé, la tête

