V Chacun conte à sa manièreTout en se laissant peigner et tresser ses beaux cheveux blonds, Gilette dit à sa nourrice. – Qu’est-ce que ça te ferait, nourrice, de me raconter l’histoire de ce livre… Tu sais ? – Un jour de fête comme aujourd’hui, nenni da, ma nourrissonne, ça nous porterait malheur. – Sois donc gentille et aimable, nourrice, et laisse de côté tes superstitions ridicules. – Je sais ce que je dis, Gilette, je me comprends. – Tu es la seule, alors, Marguerite, et j’ose dire que c’est bien flatteur pour toi… Allons, dépêche-toi donc, nous avons une demi-heure devant nous !… – Tu es bien cruelle, Gilette, de me forcer à parler d’une chose à l’endroit de laquelle je m’étais bien promis de retenir ma langue ; écoute donc, mignonne, et ne t’en prends qu’à toi s’il nous arrive

