– Que vous seriez aimable, monsieur, lui dit-elle avec un adorable sourire, de me trouver une chaise ! J’ai fait le tour de la table inutilement... Le préfet avait une rancune contre la marquise, mais sa galanterie n’hésita pas ; il s’empressa, trouva la chaise, installa Mme d’Espanet, et resta derrière son dos, à la servir. Elle ne voulut que quelques crevettes, avec un peu de beurre, et deux doigts de champagne. Elle mangeait avec des mines délicates, au milieu de la gloutonnerie des hommes. La table et les chaises étaient exclusivement réservées aux dames. Mais on faisait toujours une exception en faveur du baron Gouraud. Il était là, carrément assis, devant un morceau de pâté, dont ses mâchoires broyaient la croûte avec lenteur. La marquise reconquit le préfet en lui disant qu’elle n’

